L’événement

Breguet au Louvre

Un apogée de l’horlogerie européenne

La Cote des Montres™ le 10 juillet 2009

Rassemblant les riches collections du Louvre et du musée Breguet, cette exposition de montres historiques Breguet présente également des chef-d’œuvre issus de collections privées et de prestigieuses institutions, telles les Collections Royales Britaniques, le Musée des Arts et Métiers de Paris, le Musée du Kremlin et le musée National Suisse. Sous l’impulsion de son président Nicolas G. Hayek, ayant à cœur de contribuer à la préservation du patrimoine culturel suisse et européen, Montres Breguet SA soutient le Louvre en finançant les travaux de restauration des salles du Conseil d’Etat, qui abriteront les prestigieuses collections du Département des Objets d’Art datant du règne de Louis XIV.



Le Louvre doit à la générosité de grands amateurs, on l’oublie souvent, d’abriter l’une des plus belles collections de montres artistiques conçues et perfectionnées en Europe depuis le XVIe siècle. Abraham Louis Breguet y figure en bonne place, à juste titre, lui qui a eu l’honneur d’y présenter ses meilleures créations dès 1802, à l’occasion de la deuxième Exposition des produits de l’industrie.

N’était-il pas dès lors naturel que le Louvre rende cet été un vibrant hommage à une personnalité aussi exceptionnelle qui illustre l’apogée de l’horlogerie européenne au tournant crucial des XVIIIe et XIXe siècles ? Toujours à la pointe de l’innovation, Breguet a mené cet art de haute précision à un degré inégalé de maîtrise et de raffinement esthétique. Chercheur infatigable et entrepreneur audacieux, il a suscité l’admiration et gagné la confiance de tous les souverains et de toute l’élite européenne. Les montres européennes, qui étaient auparavant des objets de curiosité, des bijoux de mode, des objets de sentiment, deviennent grâce à la fertilité d’idées et à l’exigence de Breguet des objets d’une précision exemplaire et d’une rare simplicité.

Montre perpétuelle à répétition des quarts à toc Breguet n° 5

Breguet n° 5 - Montre perpétuelle à répétition des quarts à toc : D. 0, 54 cm. Boîte en or guillochée, cadran en argent guilloché à chiffres romains avec petites secondes à VI heures, aiguilles Breguet en acier bleui, guichet pour les phases de la lune, indicateur de réserve de marche de 60 heures, échappement à ancre. Vendue au comte Journiac Saint Méard le 14 mars 1794. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet SA

Cette rétrospective, qui réunit un ensemble de pièces uniques, d’une ampleur sans précédent, n’aurait pu se faire sans l’étroite participation et le généreux concours de la société Montres Breguet SA, qui perpétue aujourd’hui cet art d’excellence. Mes remerciements chaleureux s’adressent tout particulièrement à son président, M. Nicolas G. Hayek, dont le soutien fervent a permis la réalisation partagée de ce beau projet.

Henri Loyrette,
président-directeur du musée du Louvre



Montres Breguet,
culture et histoire européennes

Le nom Breguet est aujourd’hui synonyme d’exceptionnel tant pour les amateurs que pour le public averti. Cette marque prestigieuse affirme son identité et sa philosophie à travers son dynamisme, ses innovations constantes, la beauté de ses montres et un fort message culturel concrétisé par diverses actions de mécénat et de nombreux événements.

Tourbillon Breguet

Plusieurs de ces soutiens ont propulsé Breguet sur le devant de la scène : implications et partenariats avec le domaine national du Château de Versailles, le Lucerne Festival, le Los Angeles Philharmonic Orchestra, le Concours de Musique de Genève... La volonté de Nicolas G. Hayek, Président Directeur Général de Montres Breguet, de promouvoir l’art et la culture, s’affirmait déjà en 2004 au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, quand Breguet célébrait les liens historiques qui lient la marque à la Russie. Breguet participa dans ce musée mythique à une exposition rassemblant une des plus belles collections de pièces anciennes et rares créées par la maison. Plusieurs de ces chefs-d’œuvre étaient montrés pour la première fois dans une exposition publique. La marque réaffirmait ainsi brillamment son amitié vieille de plus de deux siècles avec le pays des Tsars.

C’est dans le même esprit de soutien à l’art et à la culture que Nicolas G. Hayek s’investit aujourd’hui pour promouvoir une exposition temporaire de montres Breguet au Louvre. Rassemblant une extraordinaire variété de montres anciennes de Breguet, dont la collection du Louvre et celle du Musée Breguet, cette exposition montrera également quelques chefs d’œuvre appartenant à des collections privées et à d’autres prestigieuses institutions telles les British Royal Collections, le Musée des Arts et Métiers de Paris, le Musée du Kremlin ou le Musée national suisse.

Brevet d’invention d’Abraham-Louis Breguet nommé échappement à force constante

Brevet d’invention d’Abraham-Louis Breguet déposé le 9 mars 1798 - Mécanisme d’horlogerie nommé échappement à force constante - Papier. 0,365 x 0,555 x 0,01 cm - Paris, Institut National de la Propriété Industrielle, inv. 1BA146 © Institut National de la Propriété Industrielle

Ayant très à cœur de protéger le riche patrimoine historique et culturel de l’Europe, Nicolas G. Hayek décide également de soutenir davantage le musée du Louvre en finançant les travaux de restauration de l’aile Louis XIV - salles du Conseil d’Etat et salon Beauvais. C’est dans cette partie du palais que sont exposées les collections du département des Objets d’art datant du règne de Louis XIV. Ce mécénat exceptionnel de plusieurs millions d’Euros permettra la rénovation complète ainsi que le réaménagement muséographique de ces salles. Par ce biais, Breguet poursuit son action de soutien à la culture européenne dans la droite ligne du message véhiculé par la marque et par son Président Directeur Général : « Préserver le patrimoine culturel mondial est un investissement pour nous tous, pour nos enfants et nos petits-enfants. C’est notre devoir à tous de le faire, ce n’est pas qu’une histoire de passé, mais d’avenir aussi. Nous devons soigner et conserver la beauté de l’Europe.»

Breguet, une marque ancrée dans l’histoire
Peu après sa fondation en 1775, la marque horlogère Breguet devient la référence en matière de haute horlogerie. Au cours de sa riche histoire, elle a su préserver précieusement les valeurs essentielles insufflées par son fondateur A.-L. Breguet : beauté, élégance et maîtrise des grandes complications. On doit à ce génial inventeur et entrepreneur un nombre impressionnant d’inventions et d’innovations techniques et esthétiques dans le domaine horloger, dont le tourbillon breveté par Breguet en 1801, système permettant de neutraliser les effets de la gravité terrestre sur le fonctionnement de la montre. On doit aussi à Breguet l’invention du ressort-timbre dans les montres à répétition, la première montre bracelet, la première montre à remontoir sans clé ou l’ancêtre du chronographe. Par son histoire, sa constance et sa vitalité actuelle, Breguet constitue une exception dans le monde de l’horlogerie. La marque possède sans conteste le patrimoine le plus riche, mais surtout une histoire unique dont pourraient rêver toutes les marques. De tout temps, elle a exercé une réelle influence technique et artistique, jouant ainsi un rôle particulier dans le monde de la culture.

À l’instar d’autres grands musées de renommée internationale, le Louvre possède plusieurs montres Breguet dans ses collections d’objets d’art, notamment une montre à répétition ayant appartenu à la duchesse de Wellington.

Cahier d’atelier de la main d’Abraham-Louis Breguet - Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

Vitrine vivante de ce patrimoine, le musée Breguet à Paris et en Suisse possède aujourd’hui quelques unes des plus belles pièces créées par la marque. Il reflète tous les temps forts de l’histoire de Breguet en exposant les précieux garde-temps ayant appartenu à Napoléon, à l’Impératrice Joséphine, au tsar Alexandre Ier ou à d’autres clients célèbres, mais aussi des pièces majeures de l’histoire de l’horlogerie comme l’un des premiers régulateurs à tourbillon, des montres à souscription ou des montres à tact.

Des inventions décisives
A.-L. Breguet passe à Paris la majeure partie d’une vie fertile en inventions. Il débute sa carrière par une série de coups de maître: la mise au point de la montre automatique dite “perpétuelle”, l’invention du ressort-timbre pour les montres à répétition, puis celle du pare-chute, premier dispositif anti-choc. Le Tourbillon est sans doute le plus beau symbole des inventions de Breguet. Le 26 juin 1801, ou plutôt le 7 Messidor An 9, selon le calendrier républicain de l’époque, Breguet obtient du Ministre français de l’Intérieur un brevet pour ce nouveau dispositif. Depuis l'intégration de la marque dans le Swatch Group et sous l’impulsion de Nicolas G. Hayek, connu pour son esprit d’innovation, les inventions fusent : jamais Breguet n’a déposé autant de brevets. Depuis son entrée dans le groupe, plus d’une trentaine de demandes de brevet qui ont été enregistrées pour la marque.

Breguet dans le patrimoine culturel et historique
Beaucoup des plus grands hommes et femmes de ce monde ont porté une Breguet. En puisant dans les importantes archives de la marque, Breguet a pu retrouver certains clients célèbres qui ont marqué, chacun à sa manière, leur époque et leurs domaines respectifs tels que Marie-Antoinette, Napoléon Bonaparte, le Tsar Alexandre 1er, Winston Churchill et beaucoup d’autres hommes d’Etat du 20e et 21e siècles.

Montre à répétition des demi-quarts de première classe Breguet n°3006



Breguet n° 3066 - Montre à répétition des demi-quarts de première classe : D. 4,8 cm. Boîte en or guillochée, cadran en argent guilloché, large guichet pour les phases de la lune, échappement à cylindre de rubis. Envoyée au duc de Frias le 18 juin 1818. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

Breguet est aussi une source d’inspiration pour la littérature, Honoré de Balzac, Pouchkine, Stendhal ou encore Victor Hugo, entres autres, ont tous parlé des œuvres de Breguet comme d’objets mythiques.

La marque Breguet a toujours exercé une véritable fascination et s’impose à travers les siècles comme synonyme de beauté, de culture et d’innovation.

Breguet au sein du Swatch Group
Depuis le rachat de Breguet par Nicolas G. Hayek, fondateur du Swatch Group et Président de son Conseil d’Administration en septembre 1999 et sous son impulsion, la marque bénéficie, à côté de son esprit d’innovation et d’entrepreneur, de la solidité industrielle du groupe, gardien du savoir-faire de la haute horlogerie artisanale. Dès 2000, Nicolas G. Hayek prend la direction générale de la marque. Dès lors, il approfondit le message de Breguet, donne à Breguet une dimension émotionnelle et culturelle, améliore autant la beauté que la qualité des produits et permet à Breguet de bénéficier de ressources et de moyens importants.

Des investissements sont réalisés dans la Vallée de Joux, berceau de la haute horlogerie, où les montres Breguet sont manufacturées. Ainsi, la Manufacture Breguet a été modernisée en 2003, et déjà plusieurs fois agrandie depuis. L’accent est mis sur le développement des ressources de production et sur la conservation du savoir-faire artisanal. La création d’un grand atelier de guillochage, l’art de graver les cadrans pour améliorer leur lisibilité, où de nouvelles recrues sont formées en permanence, en est un exemple. De nouvelles infrastructures, des machines sophistiquées et l’engagement d’horlogers hautement qualifiés permettent à Breguet de répondre à une demande croissante. Toujours plus innovantes, plus techniques, les montres Breguet doivent aujourd’hui leur rayonnement à une équipe d’ingénieurs qualifiés, de maîtres horlogers, d’artisans et de créateurs qui mettent toute leur énergie à créer de nouveaux critères de beauté horlogère. C’est ainsi que sont nés la Reine de Naples Cammea, l’audacieuse ligne Tradition, le tourbillon Marine avec échappement en silicium et bien d’autres premières mondiales.

En parallèle et ceci dès son entrée au Swatch Group, Breguet reconstitue et réunit l’exceptionnel patrimoine de la marque, notamment dans son musée à Paris et en Suisse. Aujourd’hui, la collection Breguet est constituée de plus de 200 montres anciennes, toutes représentatives de l’art, de l’inventivité et de la notoriété de Breguet.

Abraham-Louis Breguet

Un homme de tête et de coeur

Suisse de naissance, français de cœur, européen par sa renommée, sa clientèle et ses liens professionnels, Abraham-Louis Breguet est un acteur et un témoin exceptionnel d’une époque en plein bouleversement. Sa jeunesse, sa formation, ses débuts prometteurs, font de lui un enfant du Siècle des lumières. Son œuvre est l’alliance d’un art à son apogée et d’une maîtrise sans cesse renouvelée à l’aube de l’ère industrielle, dans un domaine privilégié, l’horlogerie de précision, où Paris, Londres et Genève rivalisent d’innovations scientifiques ou artistiques.

L’image modeste, intériorisée, que nous livrent ces rares portraits ne donne pas facilement accès à cet être hors du commun. Chercheur insatiable, praticien exigeant, esthète raffiné, entrepreneur audacieux, maître d’œuvre volontaire et généreux, il est cela tout à la fois. Ce n’est ni un scientifique ni un esprit imprégné de culture classique. Qu’importe ! Il s’impose de lui-même comme le plus brillant créateur de l’horlogerie européenne, le seul qui ait su concilier, à un degré inégalé, l’invention, la maîtrise technique et l’art appliqué. […]

L’inventeur
À Paris, l’horlogerie de luxe est à son apogée, grâce aux progrès scientifiques accomplis – en particulier en matière d’instruments de marine – et aux multiples talents déployés par les orfèvres bijoutiers. Lépine a déjà lancé l’idée de ses montres « classiques », plates et d’une esthétique épurée. À Londres, où l’horlogerie de précision est la plus avancée, Breguet se fait connaître et parvient à se procurer des pièces de mécanisme inaccessibles en France. Il sait aussi qu’à Genève Perrelet a déjà conçu un prototype de montre automatique. Breguet va porter ces fragiles inventions à leur perfection. La montre « perpétuelle », la montre « à répétition », lancées dès les années 1780, révèlent d’emblée l’originalité de son style. Ses créations séduisent la plus haute clientèle, à la cour de Versailles comme à la cour d’Angleterre.

Quand éclate la Révolution, il a quarante-deux ans. Cet intermède révolutionnaire est une période mouvante, incertaine, mais étonnamment féconde. Nombre de ses inventions se sont développées dans ces années 1790, où il atteint sa pleine maturité. Son inventivité se manifeste d’abord dans la recherche des perfectionnements les plus élaborés, qui font de chaque montre ou pendulette une pièce unique. Mais la modernité de son œuvre ne tient-elle pas plus encore dans la mise au point et la diffusion de montres de qualité qui se distinguent par leur simplicité ? Ou encore dans l’idée audacieuse de créer, grâce au talent d’un compatriote, Jean-Pierre Droz, une signature gravée à peine perceptible qui marque le caractère exclusif de ses créations ?

Montre de souscription Breguet n° 947





Breguet n° 947 - Montre de souscription : D. 6 cm. Boîte en argent guilloché à filets d’or, carrure cannelée, cadran en émail à lecture à double sens, échappement à cylindre de rubis. Vendue au comte Gevowsky en juillet-août 1802 Paris, musée du Louvre, département des Objets d’Art, inv. OA 10092 © Montres Breguet S.A.

L’entrepreneur
Dès 1787, Breguet a cherché à développer son affaire, en signant un contrat d’association pour six ans, avec Xavier Gide, négociant en horlogerie. Dans la tourmente révolutionnaire, cette expérience tourne court. Il réussit néanmoins à maintenir son installation quai de l’Horloge jusqu’en août 1793, où, se sachant menacé, il est contraint de fuir Paris et de se réfugier en Suisse. Quelle énergie déployée, quelle constance, durant ces années tumultueuses où il doit gérer à distance l’atelier parisien, apaiser les angoisses et les conflits, tout en maintenant une faible activité et en poursuivant ses recherches au Locle où il s’est provisoirement retiré !

En mai 1795, de retour à Paris, il lui faut encore se battre pour réintégrer le quai de l’Horloge, remettre en marche les ateliers, soutenir deux procès… Mais cette fois la réussite est à portée de main ! Car à ses qualités de chercheur s’ajoutent celles de l’homme de terrain qui sait exploiter et rentabiliser ses inventions. La fabrication de montres à l’unité est menée de pair avec celle de montres standardisées, produites en petite série et vendues par souscription. Sans écarter pour autant d’autres genres, plus hauts en couleur, lorsqu’il s’agit de gagner de riches clients orientaux !

À partir de 1798, où il remporte un fier succès à l’Exposition nationale des produits de l’industrie, son renom ne fait que croître. De ces années fastes datent les dépôts de brevets pour l’échappement à force constante et le régulateur à tourbillon, de même que le lancement des premières montres tactiles. Sous l’Empire, Breguet réussit à poursuivre son essor, malgré les guerres et les blocus, tout en préservant son indépendance et en restant fidèle à ses engagements.

Le maître d’œuvre
L’ingéniosité du créateur, l’intelligence du chef d’entreprise forcent l’admiration. Mais s’il est une qualité de la personnalité de Breguet qui séduit par-dessus tout, c’est sa dimension humaine, qui se manifeste dans le besoin de partager sa passion, de faire fructifier ce qu’il crée et de transmettre son savoir-faire.

Le passage dans l’atelier du quai de l’Horloge a dû être, pour ceux qui en ont bénéficié, une expérience inoubliable. Un tel fusionnement entre la recherche pure et l’art appliqué se retrouvera rarement à ce point dans le partage et la continuité. On imagine sans peine l’attention constante et la rigueur qu’impose une production aussi minutieuse et aussi perfectionniste, quand il ne faut pas moins d’une quinzaine d’ouvriers spécialisés pour parfaire une seule montre. La chaîne de travail comprendra jusqu’à une centaine d’employés spécialisés au début de l’Empire.

Car tout l’art de Breguet consiste bien dans ce subtil équilibre entre l’élaboration sans cesse renouvelée de pièces uniques et un mode de fabrication préindustrielle qui fait appel à des fournisseurs sous-traitants pour les pièces dégrossies. À cet effet, Breguet a su tisser de multiples réseaux dans le milieu horloger reliant Londres, Paris et Genève. Ce sont d’abord des liens étroits avec ses homologues anglais, en particulier l’amitié avec John Arnold, qui se fortifie lors de séjours à Londres dans les années cruciales de 1789 à 1791, et qui perdure avec le fils de ce dernier, John Roger. Ce sont aussi les contacts maintenus avec ses parents, amis et partenaires suisses, qui témoignent de son attachement réel à ses racines.







Breguet n° 611 - Montre à tact : Petite montre médaillon à tact - D. 5,2 cm. Boîte en or émaillé bleu, flèche sertie de diamants, pièces de touche constituées de gros diamants ronds, cadran en argent, échappement à cylindre de rubis. Vendue à Joséphine Bonaparte le 18 février 1800. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

« L’harmonie du travail et la sûreté des effets  »
La montre Breguet devient un objet parfaitement pensé, fiable, léger, agréable au toucher : un objet intime, et non plus un objet d’ostentation, qui n’a donc plus besoin de se parer d’un boîtier de fantaisie. La forme dénudée ressemble à une peau protectrice qui enveloppe le mécanisme. De cette complète adéquation entre le calibre du mouvement et son « habit » se dégage une harmonie subtile au lieu de la préciosité affichée auparavant.

Cette simplicité fonctionnelle obéit d’abord à une géométrie élémentaire où le cercle et l’oblique se prêtent à des variations infinies. Le volume du boîtier, le tracé des filets et des profils arrondis, le dessin du cadran, la beauté du mécanisme révélé : rien n’est laissé au hasard. Les cadrans eux-mêmes sont sans cesse recomposés en variant la disposition décentrée, asymétrique, des fonctions, en ajustant le dessin des chiffres et des aiguilles. La gamme des métaux employés, alternant tonalités chaudes ou froides, se réduit à l’or et au laiton, à l’argent et à l’acier. La graphie élégante formée par les chiffres et les aiguilles ressort en noir ou en bleu sur le blanc opaque ou le métal guilloché du cadran. Ce souci d’esthétisme va jusqu’au détail des vis d’assemblage du mécanisme, traitées en acier bleui.

Rompant avec la tradition genevoise des montres de fantaisie, Breguet a tôt fait de renoncer aux émaux chatoyants. Sur les montres simples, l’émail n’a plus qu’une valeur fonctionnelle, limitée essentiellement au cercle blanc du cadran. Les rares concessions encore faites à l’émail de bijoutier répondent à quelques commandes de prestige ou au goût de clientèles étrangères. Ce que la montre perd en préciosité, elle le gagne en devenant un objet usuel, familier.

Pour ce faire, Breguet systématise l’emploi plus discret du guillochage pour animer la surface métallique. D’une technique utilisée par les orfèvres-bijoutiers depuis les années 1740, il tire une nouvelle esthétique, renonçant aux tracés trop accentués, pour ne garder que les trames de guillochage les plus fines : textures denses en « grains d’orge », en treillis, en damier ou en traits droits. De façon pratique, ce mode de décor a d’autres avantages : plus de craintes de laisser des marques de doigts sur la surface, ou de risquer d’endommager l’émail superficiel !
[…]

Marc Bascou,
Conservateur général du département des Objets d’Art du musée du Louvre

Les relations de Breguet
avec le pouvoir politique

[...] C’est par son protecteur l’abbé Joseph-François Marie (1738-1801) – homme qui lui a enseigné les mathématiques au collège Mazarin, qui a détecté son génie et qui devient en 1782 sous-précepteur des enfants du comte d’Artois, frère du roi – que Breguet commence à nouer des relations avec le pouvoir. En 1782, Breguet réalise pour la reine Marie-Antoinette la montre perpétuelle à répétition et quantième n° 2 10/82 (l’inscription 10/82 signifiant qu’elle a été terminée en octobre 1782). Il est vraisemblable que Breguet est présenté au roi et à la reine à cette époque. On sait le goût de Louis XVI pour la serrurerie d’art, l’horlogerie et plus généralement pour la mécanique de petit volume ; en décembre 1784, il achète une montre Breguet pour la somme de 1 680 livres. La reine, elle aussi, apprécie les montres d’exception et le prouvera toute sa vie à la maison Breguet. Elle acquerra d’autres Breguet, dont la Perpétuelle no 46 et voudra qu’Axel de Fersen en possède également une. La montre no 46, l’une des toutes premières à être dotée d’un cadran guilloché, sera livrée au début de l’année 1787. [..]



Breguet N°3196 - Chronomètre de marine à deux barillets : 17,5 x 22 x 19 cm. Caisse en acajou à charnières et poignées en laiton, boîte et suspension à cardan en laiton, cadran en métal argenté avec petits cadrans des heures et des minutes au-dessus de celui des secondes, échappement à détente de type Earnshaw. Vendu au ministre de la Marine le 14 janvier 1822. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

Qui mieux que la reine dans les années 1780 peut lancer une réputation et promouvoir un nom encore peu connu ? Bientôt, à la cour, Mme Élisabeth, sœur du roi, et la comtesse de Provence, belle-sœur du roi, portent des montres de Breguet, tout comme l’ambassadeur d’Espagne. À Paris, le duc d’Orléans, cousin du roi, a passé commande dès 1780. L’horloger compte rapidement parmi ses clients les plus grands noms de France, ainsi que l’attestent les archives : La Rochefoucauld, Noailles, Montesquiou… […]

Dans les premiers jours de septembre 1792, alors que la Révolution a totalement bouleversé l’ordre établi, Breguet effectue une vente émouvante. Marie-Antoinette a passé commande, mais les splendeurs de Versailles et l’insouciance du Petit Trianon sont bien loin. C’est de la prison du Temple, où elle est captive depuis le 13 août, que la reine demande à Breguet une montre à répétition bien plus modeste que celles qu’elle possédait auparavant et qui ont été volées ou confisquées lors du pillage du palais des Tuileries le 10 août. Cette montre, qui porte le numéro 179, est livrée le 4 septembre. C’est celle-ci qui égrènera les heures du calvaire de la famille royale.



Breguet n° 3778 - Pendulette de voyage : 24 x 15,5 x 9,5 cm. Boîte en bronze, cadran en argent guilloché, indication du jour et de la date Vendue en 1842 à la princesse Demidoff - Paris, musée des Arts Décoratifs © Les Arts Décoratifs / Jean Tholance

Dans ces temps troublés, Breguet ne peut rester ni neutre ni inactif. Il a accueilli favorablement les débuts de la Révolution et a pris part à la vie de la nation. Membre du club des Jacobins depuis 1790, Breguet entretient des relations étroites avec le milieu girondin aux idées certes républicaines mais modérées par rapport à celles des sans-culottes et autres montagnards. Proche de Jacques-Pierre Brissot, qui lui a fait une enquête prospective aux États-Unis naissants, et entretenant des liens étroits avec Étienne Clavière, il se trouve compromis lors de la proscription de ses amis politiques en juin 1793. La Gironde en effet ne peut résister aux insurrections des 31 mai et 2 juin 1793 menées par la Montagne et Maximilien de Robespierre qui représentent l’aile gauche de la Convention. Les contacts anciens de Breguet avec la cour vont encore renforcer la suspicion qui pèse sur lui. Les services qu’il a rendus au fil des ans à son compatriote Jean-Paul Marat, célèbre montagnard, vont le sauver toutefois d’une situation périlleuse et lui permettre d’obtenir un passeport officiel. Il organise ainsi un retour en Suisse qui durera presque deux ans, d’août 1793 à mai 1795. Ainsi sauve-t-il sa vie et peut-il poursuivre son œuvre créatrice. Au cours de cet exil, il reçoit un courrier abondant et réussit non sans mal à diriger à distance ce qui reste de ses ateliers parisiens. […]

Au lendemain de la Révolution, Breguet, relance son entreprise et s’attache à constituer un réseau de relations dans l’Europe entière et même au-delà, réseau déjà ébauché à la fin de l’Ancien Régime. Impliqué dans la vie parisienne, il constate les énormes bouleversements qui ont secoué la France et assiste à l’ascension rapide de Napoléon Bonaparte jusqu’au pouvoir suprême. À cet égard, les archives nous permettent d’appréhender avec une grande précision la chronologie et la nature des relations qu’entretient la maison Breguet avant et pendant l’Empire avec la nombreuse et imposante famille Bonaparte, et plus largement avec le régime napoléonien.



Breguet n° 666 et n° 721 - Pendule sympathique et sa montre : Boîte : H. 25,4 cm ; montre : D. 6 cm. Boîte en acajou vitrée sur quatre faces, cadran en argent, et sa montre simple Breguet no 721, boîte en or, cadran en émail. Vendue au prince-régent d’Angleterre (futur roi George IV) en août 1814 Lent by Her Majesty the Queen - Londres, The Royal Collection Trust © 2009 Her Majesty Queen Elizabeth II

Le premier membre de la famille à posséder une montre Breguet est le général Charles-Victor-Emmanuel Leclerc. Promu général de brigade le 6 mai 1797, il acquiert une montre à répétition quelques jours plus tard, avant d’épouser Pauline Bonaparte le 14 juin. Sans doute est-ce par lui que le général Bonaparte, commandant en chef de l’armée d’Italie, entend parler de l’établissement du quai de l’Horloge, à moins que ce ne soit par ses compagnons d’armes Louis-Alexandre Berthier et Jean-Joseph Dessolle, eux aussi clients de Breguet en 1797.

L’année suivante, en tout cas, en avril 1798, un mois avant de s’embarquer pour la campagne d’Égypte, le général Bonaparte achète au maître trois pièces particulièrement représentatives de sa production : une montre à répétition « garde-temps à échappement isolé » no 38, une pendule portative à almanach et répétition no 178, la première du genre, et une montre perpétuelle à répétition no 216. Cet achat, d’une valeur totale d’environ 7 000 francs, répond à un double objectif : tout d’abord, en pleine ascension sociale et politique, Bonaparte cherche à posséder des objets raffinés, symboles de pouvoir et de position sociale ; ensuite, pour des raisons pratiques, il a besoin d’emporter en expédition des pièces d’horlogerie solides et fiables. Avec Breguet, il pense avoir fait le bon choix. Sera-t-il vraiment satisfait ? Il est difficile de l’affirmer quand on sait que ces trois achats de 1798 ne seront jamais suivis d’autres. Pire, la Perpétuelle sera rendue en juin 1801. Selon une tradition orale, elle avait très mal supporté les sables de l’Égypte et Bonaparte en était passablement irrité. Quant à la montre à répétition et à la pendulette, ont-elles fonctionné parfaitement ? Si oui, comment expliquer que, pendant dix-huit ans, leur propriétaire n’éprouve pas le besoin de se manifester ni par de nouveaux achats ni par des preuves de reconnaissance ?

Le fait est que le Premier Consul – plus tard empereur – traite avec une singulière indifférence l’horloger le plus célèbre d’Europe, installé pourtant à Paris dans l’île de la Cité, à quelques centaines de mètres du Louvre. À l’évidence, Napoléon a des griefs contre Breguet. Il ne fait rien pour faciliter son élection à l’Académie des sciences, alors qu’une simple parole suffirait ; il ne lui fait pas attribuer pas la Légion d’honneur, en dépit des succès que Breguet a obtenus aux expositions, alors que de nombreux industriels sont décorés, voire anoblis ; il ne lui décerne pas le brevet de fournisseur officiel de la cour impériale, préférant le donner à ugnier, horloger qui s’est installé à son compte après avoir été formé quai de l’Horloge ; il refuse à Breguet le titre d’horloger de la Marine en 1802, lui préférant Louis Berthoud.

Montre simple, garde-temps à deux styles, quantièmes perpétuels grégoriens et républicains Breguet n° 45



Breguet n° 45 - Montre simple, garde-temps à deux styles, quantièmes perpétuels grégoriens et républicains : D. 6,5 cm. Boîte en or, corps en argent, cache-poussière en métal doré gravé de la correspondance entre les mois des calendriers grégorien et républicain, cadran annulaire pour les heures décimales du temps révolutionnaire, échappement à détente. Vendue au duc de Praslin le 7 février 1806. Moscou, musées du Kremlin © Kremlin Museums, Moscou

S’il est peu vraisemblable que Napoléon puisse tenir rigueur au maître de son origine étrangère ou de son passé de fournisseur de la cour de Louis XVI, il est, en revanche, possible qu’il lui reproche soit d’hypothétiques liens avec les milieux royalistes, soit ses relations privilégiées avec l’Angleterre, soit, tout simplement, sa volonté de commercer à tout prix avec l’Europe entière. Breguet pourrait demander à Talleyrand de plaider sa cause auprès de l’Empereur puisque celui-ci est un conseiller très écouté de Napoléon jusqu’en 1807. Mais, c’est mal connaître notre homme qui préfère sûrement sa liberté d’initiative au statut d’horloger officiel de la cour de Napoléon.

Jusqu’en 1801, cependant, année où le Premier Consul rend sa Perpétuelle et commence à « boycotter » Breguet, la famille Bonaparte multiplie les achats. Outre Napoléon en 1798, c’est Joséphine en 1798 et 1800, Louis et Lucien Bonaparte en 1800 et 1801, Joseph Bonaparte en 1800 et Leclerc, l’époux de Pauline, en 1798 et 1801, qui acquièrent des montres pour un total, non négligeable, de dix-neuf pièces.

Ensuite, plus rien en 1802, plus rien en 1803 et, surtout, plus rien en 1804, année du sacre de l’Empereur, ce qui est très symptomatique. Pas une seule vente à un membre de la famille, pas une seule commande de l’État en cette année, alors que l’argent coule à flot et que tout ce que la France compte de talents dans les arts, les arts décoratifs, la joaillerie et l’industrie croule littéralement sous les commandes et travaille jour et nuit dans la perspective des immenses festivités du 2 décembre. Breguet n’est pas un homme du régime et le régime le lui fait sentir. Sûrement déçu, le maître se console pourtant en constatant la progression de ses ventes, en particulier à l’étranger. Et puis, sa réputation étant au zénith et ses productions n’ayant pas d’équivalent, il n’est pas sûr que le pouvoir en place puisse le bouder longtemps.





Breguet n°4009 - Montre à double seconde d’observation : Ancêtre des chronographes modernes. Boîte en or, cadran en argent guilloché, échappement à ancre. Vendu à M. Whaley le 6 janvier 1825 - Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

Dès l’année suivante, en effet, la grande famille Bonaparte réapparaît dans les registres de la maison. Deux de ses membres achètent leur première Breguet. Il s’agit de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie en 1807, qui acquiert douze pièces entre 1805 et 1809, et de sa sœur Caroline Murat, reine de Naples en 1808, qui achète au maître trente-quatre pièces jusqu’en 1814, et lui fait réaliser, entre autres, la fameuse première montre-bracelet. Avec ses trente-quatre montres et pendules, la reine de Naples se classe première au palmarès général des meilleurs clients de la maison.
[…]

Emmanuel Breguet,
historien, spécialiste de l’œuvre de Breguet chez Montres Breguet S.A.

Regard sur une œuvre

Breguet n° B1160 réplique de la Marie-Antoinette

montre Breguet n° B1160 réplique de la « Marie-Antoinette » Breguet n° 160

Breguet n° B1160 - Montre perpétuelle à répétition des minutes - Réplique de la montre Breguet n° 160 dite « Marie-Antoinette » exécutée par Montres Breguet S.A. 2005-2008 : D. 0,62 cm. Boîte en or, cadran en cristal de roche, aiguilles en or et en acier, quantième perpétuel complet, équation du temps, indicateur de réserve de marche, thermomètre métallique, grande seconde indépendante, et petite seconde Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

En 1783, Breguet reçoit une commande extraordinaire : un officier des gardes de la reine lui réclame une montre incorporant toutes les complications et tous les perfectionnements connus à l’époque, c’est-à-dire toutes les complications possibles. Aucune limite n’est imposée, ni en termes de coût ni en termes de délai… Partout où cela est possible, l’or doit remplacer tout autre métal… On peut s’interroger sur le véritable commanditaire d’un tel objet ? Est-ce le roi ? Ce n’est pas impossible. Est-ce un admirateur, un amant ? On l’a beaucoup dit. Est-ce un groupe qui espère tendre un piège à la reine pour souligner ses folies dépensières – comme un peu plus tard avec l’affaire du Collier ? On ne peut pas l’exclure totalement.

Pourquoi Breguet a-t-il été choisi ? Là, la réponse est plus facile. Bien qu’encore au début de sa carrière – il est à son compte depuis moins de dix ans –, il tient à son actif quelques belles inventions, en particulier la montre perpétuelle, et il est le spécialiste des montres à répétition… Moderne, il renouvelle l’horlogerie sans complexe, et il est discret… La montre sera donc automatique, procédé que Breguet est le seul à maîtriser totalement à l’époque ; […] Toutes les complications possibles, cela signifie avant tout toutes les précisions astronomiques et calendaires : le jour, la date, le mois, le cycle des quatre ans, l’équation du temps… En somme, on demande à Breguet de faire une horloge de cathédrale dans quelques centimètres carrés. Le maître se met au travail et le résultat sera la fabuleuse montre n° 160, la Marie-Antoinette, que la reine ne verra jamais puisque, après de longues interruptions, elle ne sera terminée qu’en 1827 sous la direction de Breguet fils. Effectivement, quand éclate la Révolution, la montre n’est pas finie et Breguet a d’autres urgences. Mais, avec la montre n° 160, il a commencé un chef-d’œuvre qui le dépasse et qui ne peut s’arrêter, une réalisation qui va ponctuer sa vie et celle de la société qu’il a fondée, et ce jusqu’à nos jours.

Mécanisme au dos de la montre Breguet n° B1160 réplique de la « Marie-Antoinette » Breguet n° 160

La montre qui, dans les livres, est qualifiée de « montre d’or » ou de « Perpétuelle répétition-minutes équation du temps perpétuelle secondes d’un coup » survit à la Révolution, et c’est une chance car les ateliers sont saccagés alors que Breguet a dû trouver refuge dans son pays natal, la Suisse. En 1809, ce dernier décide de reprendre en mains l’ouvrage inachevé, mais c’est surtout en 1812, 1813 et 1814 que les choses avancent […] : il faut dire qu’en ces années de la fin de l’Empire napoléonien la maison Breguet ne peut rien exporter, la France étant en guerre avec tous ses voisins, et ses horlogers ne sont donc pas débordés de travail ; quelle plus belle occupation alors, en attendant la chute de l’Empereur, que de renouer avec un défi tout à la fois technique et plein de réminiscences ! Après 1814, on constate une nouvelle interruption, alors que la montre est presque finie ; puis l’on voit que la montre est reprise en mains en août 1823 ; Breguet veut terminer son chef-d’œuvre. Il passe le dernier mois de sa vie à travailler à son achèvement, et meurt en septembre ; quatre ans plus tard enfin, la montre est vraiment terminée par les horlogers Breguet, sous la direction d’Antoine-Louis Breguet, en 1827. […]

Il s’agit d’une montre perpétuelle, c’est-à-dire à remontage automatique avec masse oscillante en platine, qui est dotée des fonctions et complications suivantes : répétition des minutes, quantième perpétuel complet indiquant le jour, la date et le mois, équation du temps, réserve de marche, thermomètre métallique, grande seconde indépendante à volonté (qui fait de la montre le premier chronographe), petite seconde trotteuse, échappement à ancre, spiral en or, double pare-chute (antichoc). Tous les frottements, les trous et les rouleaux sont en saphir, sans exception. La montre possède une boîte d’or avec un cadran en émail blanc et un autre en cristal de roche. La superposition et la synchronisation de ces différentes complications, avec tous les calculs que cela suppose, constituent une prouesse incroyable. Le contrat initial a été largement rempli ; il s’agit de la montre la plus compliquée jamais fabriquée et elle restera pendant près d’un siècle la montre la plus compliquée au monde. En 1827, l’objet terminé sort des ateliers ; les coûts de main-d’œuvre se sont élevés à la somme astronomique de 17 000 francs-or.

La suite de l’histoire pourrait être simple, elle ne l’est pas. Alors qu’aucune indication de vente n’est mentionnée dans les archives, la montre quitte la maison Breguet pour y revenir en 1838 quand le marquis de La Groye la confie pour une révision ; il semble en être alors le propriétaire. Quand et à quel prix a-t-il acheté la montre ? L’a-t-il vraiment achetée ? Breguet lui a-t-il offert cette montre ? Mystère. Toujours est-il que le marquis de La Groye, qui en 1838 est fort âgé, a été page de la reine dans sa jeunesse et a connu Breguet sous l’Ancien Régime. Nouveau mystère : il ne revient jamais chercher la montre et meurt sans héritier ; personne ne réclamant la « montre d’or », celle-ci réintègre le stock de la maison Breguet qui la conserve jusqu’en 1887, année où elle est cédée à un collectionneur britannique, sir Spencer Brunton, avant d’appartenir au frère de ce dernier. Elle deviendra ensuite la propriété de M. Murray Mark, avant d’intégrer au début du XXe siècle la prestigieuse collection de sir David Salomons. […]

En 1925, à la mort de Salomons, la Marie-Antoinette devient la propriété de sa fille Vera Salomons et l’aventure continue. […] les années passant, Vera Salomons décide de fonder un musée d’art islamique en hommage à son mentor et ami Leo Mayer. Elle met à la disposition de son projet toutes les collections d’art islamique qu’elle possède, et choisit d’y inclure aussi les collections d’horlogerie occidentale héritées de son père. […] Neuf ans plus tard, une triste nouvelle secoue le monde des amateurs d’art et de haute horlogerie : le samedi 16 avril 1983, le musée, dont le nom officiel est L. A. Mayer Museum for Islamic Art, désert et insuffisamment gardé, a été vidé de ses collections d’horlogerie ; naturellement, la Marie-Antoinette a disparu. Les années passent et, malgré les efforts d’Interpol, le butin reste introuvable. […]

En 2005, Nicolas G. Hayek, P.D.G. de la marque Breguet depuis 1999, entre en scène et décide de reconstruire le chef-d’œuvre. L’art horloger, orphelin de la montre n° 160, doit relever le défi, c’est un devoir pour la maison Breguet renaissante de se mettre à la tâche. Une solide équipe technique se forme et rassemble toute la documentation existante. Le projet avance à un rythme soutenu et la présentation à la presse de la montre reconstituée se déroule au printemps 2008. Symboliquement, la montre repose dans un somptueux écrin marqueté réalisé dans le bois du chêne favori de la reine.

Entre-temps, le 14 novembre 2007, une dépêche est reprise par les médias du monde entier ; le butin du 16 avril 1983 a été retrouvé, au premier rang duquel apparaît, bien sûr, la Marie-Antoinette, vingt-quatre ans après avoir été volée, deux cent vingt-quatre ans après avoir été commandée.

Chronologie et Glossaire

1747-1774. Jeunesse et formation

1747, 10 janvier. Naissance d’Abraham-Louis Breguet à Neuchâtel (aujourd’hui en Suisse).
Initiation à l’horlogerie dans la région de Neuchâtel.

1762. Arrivée en France. Apprentissage à Versailles et à Paris.

1775-1788. Débuts de la carrière parisienne sous le règne de Louis XVI

1775. Mariage avec Cécile L’Huillier, d’une famille de la bourgeoisie parisienne.
Installation à son compte, quai de l’Horloge (île de la Cité).

1780. Vente des premières montres automatiques dites « perpétuelles ».
Innovations techniques (ressort-timbre, échappements) et esthétiques (aiguilles, chiffres, guillochage).

1787. Breguet s’associe avec Xavier Gide, négociant en horlogerie, pour former la Société Breguet et Compagnie.

Montre à répétition des demi-quarts et complications - Breguet n° 258





Breguet n° 2585 - Montre à répétition des demi-quarts et complications, représentant au dos, la carte gravée du Piémont et du Milanais - Maison Breguet et P.B. Tavernier - D. 5 x 5 x 0,5 cm. Remontoir : L. 7 cm. Boîte savonnette en or, fond argenté décoré d’une carte gravée représentant neuf départements italiens, cadran en argent guilloché, trois cadrans excentriques indiquant les secondes, les jours de la semaine, les quantièmes, échappement à cylindre de rubis. Vendue au prince Camille Borghèse le 28 juin 1811. Fontainebleau, musée national du Château © RMN / Gérard Blot

1789-1797. Survie de l’entreprise dans la période révolutionnaire

1789, 1790 et 1791. Séjours en Angleterre pour développer les affaires et se faire payer de nombreux débiteurs. Hypothèse d’un transfert de la maison à Londres.
Invention du pare-chute, dispositif antichoc. Études sur la forme des calibres.

1791. Rupture de l’association avec Gide.

1793. Fuyant l’agitation révolutionnaire, Breguet quitte Paris avec sa famille. À Neuchâtel puis au Locle, il poursuit ses activités et ses recherches.

1794. Expulsion de l’atelier du quai de l’Horloge et réinstallation provisoire sur le même quai, de l’autre côté de la rue du Harlay.

1795. Retour de Breguet à Paris. Préparation d’un exposé de ses inventions.

1796. Construction de la première pendulette de voyage. Vente de la première montre de souscription.


1798-1813. Renommée européenne sous le Consulat et l’Empire

1798. Brevet de l’échappement à force constante. Présentation de la première pendule sympathique qui remet à l’heure et règle une montre placée dans un berceau.
Médaille d’or à la première Exposition nationale des Produits de l’Industrie.

1799. Vente de la première montre à lecture tactile dite « montre à tact ».

1801. Brevet du régulateur à tourbillon.

1802. Médaille d’or à l’Exposition nationale des produits de l’industrie. Essor commercial de la maison et exportations vers de nombreux pays.

1808. Breguet crée un établissement à Saint-Pétersbourg, la Maison de Russie.

1810. Réalisation de la première montre-bracelet, commandée par Caroline Murat, reine de Naples. Chronologie et Glossaire Chronologie et Glossaire


1814-1823. Reconnaissance officielle sous la Restauration

1814, 1815 et 1816. Breguet est nommé par Louis XVIII, successivement membre du Bureau des longitudes, horloger de la Marine royale, membre de l’Académie des sciences.

1819. Membre du jury de l’Exposition nationale des produits de l’industrie. Breguet est promu chevalier de la Légion d’honneur. Nouvelle série d’innovations : montre et pendule à double mouvement, podomètre, compteur au 1/10e de seconde, chronographe à double seconde.

1823. Mort de Breguet le 17 septembre.

Montre bague en or - Breguet n° 180



Breguet n° 180 - Montre bague en or, remontage et mise à l’heure par une couronne (à droite), réglage de la fonction réveil, qui actionne une petite aiguille qui s’enfonce dans le doigt, par une couronne plus petite (à gauche). D. 2,5 cm. Cadran en or à tour d’heures excentré, chiffres romains et petites secondes à XII heures, aiguilles Breguet en acier bleui, échappement à cylindre. Vendue au prince Alexandre Demidoff le 18 octobre 1836. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.

1824-1850 Les successeurs

Antoine-Louis Breguet, né en 1776, prend la direction de la maison.

1827. Médaille d’or à l’Exposition nationale des produits de l’industrie.

1830. Invention du remontoir sans clé.

1833. Louis-Clément Breguet, né en 1804, prend la direction de la maison.

1834. Brevet de la pendule sympathique dotée d’un système assurant aussi le remontage de la montre.

1836. Commercialisation de montres-bracelets.

1840. Parallèlement à l’horlogerie, la maison Breguet se lance dans les applications de l’électricité.

1843. Louis-Clément est nommé membre du Bureau des longitudes.

La maison Breguet, cédée par la famille fondatrice en 1870, va traverser les siècles. Reprise par le Swatch Group en 1999, et dès lors présidée par Monsieur Nicolas G. Hayek, la maison Breguet s'illustre aujourd'hui par sa capacité d'innovation, de maîtrise technique et de développement international.


GLOSSAIRE

Calibre. Désigne la forme d’un mouvement.

Chronographe. Montre permettant de matérialiser la durée d’une période de temps écoulé grâce à une aiguille des secondes se déclenchant et s’arrêtant à la demande.

Chronomètre de marine. Montre de précision conçue pour la marine. Placé au cœur du navire, le chronomètre de marine sert notamment au calcul de la longitude en mer.

Complication. Désigne diverses fonctions : phases et âge de la lune, quantième simple ou perpétuel, répétition, réserve de marche, équation du temps, chronographe, etc.

Compteur militaire ou podomètre. Métronome en forme de montre pouvant être utilisé notamment pour régler le pas de la troupe.

Échappement. Élément réglant la vitesse de rotation des rouages et donc des aiguilles d’une pendule ou d’une montre.

Équation du temps. Différence entre le temps solaire moyen – notre temps civil d’une durée conventionnelle de vingt-quatre heures – et le temps solaire vrai qui varie en raison de la course irrégulière qu’accomplit la Terre autour du Soleil.

Garde-temps. Terme désignant spécialement les montres de haute précision.

Guillochage. Technique de gravure mécanique utilisée pour décorer les boîtes et les cadrans. Plusieurs types de guillochages exécutés sur le même cadran procurent une lisibilité accrue aux différents indicateurs.

Montre perpétuelle. Nom utilisé pour désigner les montres Breguet à remontage automatique dotées d’une masse oscillante.

Montre simple. La mention « montre simple » désigne toute montre dépourvue d’un mécanisme de sonnerie.

Montre à tact. Système permettant la lecture de l’heure au toucher. Une flèche extérieure au boîtier reproduit la position de l’aiguille des heures. Après avoir « senti » la position de ladite flèche, l’utilisateur se repère grâce à des saillies disposées au pourtour, à l’aplomb des heures.

Montre à remontoir sans clef. Montre équipée d’un bouton « molleté » qui remplit deux fonctions : la remise à l’heure des aiguilles et le remontage de la montre.

Montre à répétition. Montre dotée d’un mécanisme de sonnerie, déclenché par un bouton poussoir escamotable, pouvant être actionné à volonté et indiquant les heures et les fractions d’heures, quarts, demi-quarts, minutes.

Montre de souscription. Montre de grand diamètre (61 mm), à une seule aiguille, dotée d’un mouvement simple. Sa commercialisation est fondée sur le principe de la souscription, avec paiement du quart du prix à la commande.

Pare-chute ou parachute. Système de protection contre les chocs, le pare-chute est l’une des inventions les plus connues de Breguet.

Quantième. Indication de la date. Les montres ou les pendules affichent une date plus ou moins complète : jour de la semaine, date, mois, année. Un quantième est dit « perpétuel » quand il prend en compte les années bissextiles.

Régulateur à tourbillon. Système destiné à compenser les erreurs et fluctuations de fonctionnement dues aux changements de position des montres. Par sa rotation constante, le tourbillon annule les effets de la gravité terrestre.

Réserve de marche. Aiguille secondaire parcourant un secteur gradué du cadran et permettant de connaître l’autonomie de marche d’une montre.

Ressort-timbre. Lame de ressort, enroulée autour du mouvement, sur laquelle vient frapper le marteau d’une montre à répétition. Cette invention, remplaçant le timbre traditionnel (ou cloche), permet de réduire l’épaisseur des montres à sonnerie.

Parcours de l’exposition

SECTION I


1775
Breguet fait son apprentissage et complète ses études en France à partir de 1762.
En 1775, à vingt-huit ans, il se marie et parvient à s’installer à son compte quai de l’Horloge à Paris. Il n’est cependant reconnu comme maître-horloger qu’en 1784.
L’horloger affirme son style alliant une esthétique simple, une exigence fonctionnelle et une irréprochable qualité d’exécution dans les finitions. A la place des montres ventrues et richement décorées du dernier quart du XVIIIème siècle, Breguet propose des boîtiers plats, des chiffres plus lisibles, des aiguilles rectilignes.
Dès 1783 il équipe ses montres à sonnerie d’une lame de ressort appelée ressort-timbre. Il améliore l’échappement à ancre et perfectionne l’échappement à cylindre en introduisant l’usage du rubis.
En 1786 le gouvernement l’invite à étudier le projet de création d’une manufacture royale d’horlogerie à Paris.

La Breguet n° 92
Les années 1771-1780 sont marquées par les essais et la mise au point progressive de la montre « perpétuelle » : les seuls mouvements du corps effectués par le porteur de la montre doivent suffire à remonter une montre, sans avoir besoin d’une clé.
Les premières montres perpétuelles sont acquises par Louis XVI et Marie-Antoinette, le duc d’Orléans et par plusieurs hauts personnages de la Cour de Versailles.
Pour le duc de Praslin, Breguet conçoit vers 1783-1785, une de ses œuvres offrant le plus grand nombre de complications : la montre n° 92, à quantième perpétuel avec phases et âges de la lune, équation du temps et secondes indépendantes.

La « Marie-Antoinette »
En 1783, Breguet reçoit la commande d’une montre extraordinaire intégrant toutes les complications et tous les perfectionnements connus à l’époque. Aucune limite n’est imposée et l’or doit remplacer, partout où cela est possible, tout autre métal. Le résultat sera la plus célèbre des montres construite par Breguet, la n° 160 dite « Marie-Antoinette », que la reine ne verra jamais puisque, après de longues interruptions, cette pièce unique ne sera achevée qu’en 1827 ! Les coûts de main-d’œuvre s’élèvent à la somme de 17 000 francs or pour cette réalisation d’une rare complexité nécessitant la collaboration d’une vingtaine de techniciens-horlogers.
Cette montre exceptionnelle, repasse par les ateliers du quai de l’Horloge en 1838, quand le marquis de la Groye – qui dans sa jeunesse avait été page de la reine - la confie pour une révision, sans jamais revenir la chercher. La maison Breguet la garde jusqu’en 1887, année où elle est cédée successivement à des collectionneurs anglais - sir Spencer Brunton, Murray Mark - avant d’intégrer la prestigieuse collection de sir David Salomons au début du XXème siècle. Sa fille, Vera Salomons en hérite en 1925. La montre « Marie-Antoinette » est conservée aujourd’hui dans le L.A. Mayer Memorial Institute for Islamic Art de Jérusalem, auquel Vera Salomons a fait don de la collection d’horlogerie occidentale formée par son père.

Montre turque boîtier face - Breguet n° 1320 - Montre à répétition des quarts à toc faite pour le marché turc

Montre turque boîtier dos

Montre turque dos

Breguet n° 1320 - Montre à répétition des quarts à toc faite pour le marché turc. D. 5,2 cm. Double boîte en or émaillé, cadran en émail à chiffres turcs, aiguilles Breguet en acier bleui, échappement à cylindre de rubis. Vendue à M. Esseid Ali Effendi pour Beykan Sultan le 31 août 1804. Collection Montres Breguet S.A. © Montres Breguet S.A.


SECTION II


1789
Pour développer son affaire, Breguet s’associe en 1787 avec Xavier Gide, négociant en horlogerie. A la suite de divers désaccords, cette association est rompue en 1791. À trois reprises, en 1789, en 1790 et 1791, Breguet séjourne en Angleterre, où il retrouve l’horloger John Arnold, avec lequel il s’est lié d’amitié et partage le fruit de ses recherches. Parallèlement, il prospecte de nouveaux débouchés commerciaux et cherche à se faire payer de nombreux clients, dont le Prince de Galles. Informé de la situation politique instable qui règne à Paris, Breguet envisage de s’établir à Londres.

En 1793 Breguet se sait menacé. On lui reproche ses anciens liens avec la Cour et l’aristocratie, et ses idées modérées. Il a alors l’idée de contacter Marat, un ami de jeunesse, pour que ce dernier lui favorise l’obtention d’un passeport en vue de quitter le territoire français et de rentrer en Suisse en toute légalité. Il part au mois d’août 1793 et séjourne successivement à Genève, à Neuchâtel et au Locle.
Il y poursuit ses recherches tout en s’efforçant d’administrer à distance ce qui reste de ses ateliers parisiens.
Son collaborateur Boulanger, resté à Paris, lui adresse chaque semaine un état de la situation. Le 10 octobre 1793, Boulanger annonce à son maître une nouvelle qui jette un émoi considérable dans la profession : l’adoption officielle d’un nouveau calendrier qui remplace le calendrier grégorien. En France, ce calendrier républicain n’aura cependant qu’une existence légale de douze ans. Les horlogers s’y adapteront pour leurs montres affichant le quantième (jour, date, mois). Seules quelques montres ou pendules seront effectivement dotées d’un cadran décimal (une journée divisée en 10 heures de cent minutes).


SECTION III


1795
Après la chute de Robespierre, Breguet rentre à Paris en mai 1795. Il réorganise son entreprise et met au point la fabrication de nouveaux modèles, en particulier la montre simple à une aiguille dite « montre de souscription ». Cette montre est lancée à l’aide d’un prospectus publicitaire qui prévoit un versement du quart de la somme lors de la commande.
En juin 1796, Breguet présente sa candidature à l’Académie des Sciences dans la section des arts mécaniques. Mais, son élection échoue au profit d’un rival, Lazare Carnot.
En 1798, Breguet participe à la première Exposition nationale des produits de l’industrie, où il obtient une médaille d’or.

Pendules
En 1796, Breguet conçoit un type nouveau de pendulette de voyage, sous la forme d’une petite cage en bronze doré, vitrée sur quatre faces. Dotée d’un mouvement huit-jours à balancier-spiral, cette pièce, à la différence des anciennes pendulettes à balancier-tige, peut fonctionner en permanence pendant son transport.
Au printemps 1798, le général Bonaparte qui s’apprête à partir pour l’Egypte, est un des premiers acquéreurs de cette pendulette perfectionnée.
Au fil des ans, Joséphine, et toute la famille Bonaparte - Louis, Lucien et Joseph, Caroline et Elisa - multiplient leurs achats chez Breguet.


SECTION IV


1802
Grâce au redressement économique opéré sous le Consulat, le niveau annuel des ventes de la maison Breguet ne fait que croître jusqu’en 1803 où il atteint le record de 196 pièces vendues.
Les ventes se maintiennent à un niveau élevé jusqu’en 1810. Durant ces années florissantes de l’Empire, Breguet exporte largement sa production.
Bien que sans titre officiel, il reçoit des commandes de la Cour impériale et de nombreux dignitaires du régime.

En 1802, Breguet obtient une médaille d’or à l’Exposition nationale des produits de l’industrie. En sa qualité de lauréat, il est invité par Bonaparte au grand dîner donné au Palais des Tuileries en l’honneur de tous les industriels primés.
L’exposition de 1806 marque l’apogée de l’Empire : 1422 exposants viennent de toutes les régions d’Europe sur lesquelles Napoléon a étendu son autorité. La cour carrée du Louvre ne suffisant plus, l’événement a lieu sur l’esplanade des Invalides.
En application du règlement, Breguet a simplement droit à un rappel de médaille d'or. Son stand abrite quelques pièces étonnantes comme le « tourbillon », présenté pour la première fois au public, et un métronome musical, réalisé suivant les conseils du compositeur italien Giovanni Paisiello.


SECTION V


1807
Dans les premières années du XIXème siècle, les principaux marchés extérieurs de la maison sont l’Angleterre, l’Espagne et la Russie.
L’empereur de Russie, Alexandre Ier, devient un client assidu et donne à la maison Breguet le titre officiel d’Horloger de sa Majesté et de la Marine impériale. Devant l’engouement de la clientèle russe, Breguet crée un établissement en 1808 à Saint-Pétersbourg, la Maison de Russie.
Les difficultés politiques de la fin de l’Empire entravent lourdement les exportations de la maison. Breguet va s’en plaindre directement à l’empereur dès 1811.
Pour compenser les marchés perdus, il doit développer ses ventes vers l’Empire ottoman.


SECTION VI


1814
Le retour des Bourbons coïncide pour la maison Breguet avec un redressement spectaculaire de ses affaires.
La clientèle anglaise est nombreuse et prestigieuse : le prince-régent, futur George IV, deux de ses frères le duc d’York et le duc de Cambridge, le général duc Wellington.
La clientèle russe, à l’image du tsar Alexandre Ier, qui a rendu visite à Breguet en 1814, redevient prépondérante.
Pour le marché turc, Breguet adapte son style aux goûts spécifiques de la clientèle : boîte et double boîte richement émaillées à dominantes rouge et or, et chiffres turcs.
Depuis 1811, il a un agent officiel à Istanbul.
Lors de l’exposition de 1819, Breguet, membre du jury, présente une rétrospective de son œuvre.


SECTION VII


1820
Louis XVIII manifeste publiquement son estime à Breguet qui reçoit le titre prestigieux d’Horloger de la Marine royale.
De 1815 à 1823, la maison vend 78 pièces qualifiées de montres ou horloges marines. Certaines pièces sont fournies à des détaillants que Breguet a sélectionnés dans les villes portuaires de Bordeaux, Le Havre et Brest.
Breguet publie à Brest en 1817 un livret intitulé Instructions sur l’usage des montres marines exécutées par M. Breguet, mode d’emploi savant et didactique, plein de conseils sur l’utilisation des garde-temps pour la navigation en mer et la vérification de leur bonne marche.
En 1816, Breguet entre enfin à l’Académie des Sciences.


SECTION VIII


1824
Après la mort de son fondateur en 1823, la maison est dirigée par Antoine-Louis Breguet pendant une dizaine d’années.
C’est l’époque de la diffusion des montres très plates, des spécimens de grandes complications, des cadrans excentrés et de l’introduction du remontoir sans clé.
En 1833, Antoine-Louis cède la direction de la maison à son fils Louis-Clément.
Tout en maintenant un atelier traditionnel pour la réalisation de pièces uniques, ce dernier décide dès les années 1835-1840 de standardiser la plus grande partie de la production horlogère.
Les ventes dépassent les 350 pièces annuelles à la fin du Second Empire. Elle compte toujours dans sa clientèle les élites européennes. La maison s’est alors diversifiée dans les instruments de physique et les applications de l’électricité.


VITRINE CENTRALE


Le régulateur à tourbillon
Breguet dépose un brevet d’invention pour le régulateur à tourbillon le 26 juin 1801 pour une durée de dix ans. Ce dispositif, par sa rotation constante, annule les effets de la gravité terrestre et compense les erreurs et les fluctuations de fonctionnement provoquées par les mouvements et les changements de position des montres.
Simple dans son principe mais de réalisation très complexe, le premier tourbillon n’est commercialisé qu’à partir de 1805. L’année suivante Breguet le présente à l’Exposition nationale des produits de l’industrie et obtient un rappel de médaille d’or. Cette invention indissociable du nom de son inventeur ne sera vendue qu’à 35 exemplaires de 1805 à 1823.

L’échappement à force constante
Le premier brevet d’invention pris par Breguet le 9 mars 1798 est celui de l’échappement à force constante.
Le principe de base de cette invention consiste à échanger la force motrice qui anime le mouvement d’une montre, et dont l’action peut être irrégulière, contre une autre force rigoureusement constante. Avec cette solution, on utilise la force variable du rouage pour remonter un ressort ou un poids qui donnera une impulsion constante directement à l’organe vibrant.
Remarquable par sa conception, mais très délicat à mettre en œuvre, l’échappement à force constante ne sera utilisé par Breguet que pour de rares pièces de prestige.

Les pendules
Breguet s’est aussi intéressé à la création et à la fabrication de pendules de types très variés. Entre 1791 et 1823, la maison en vend près de 230 : pendules en acajou simples ou à sonneries, pendules pyramidales, pendules ornementales enrichies de bronzes dorés ou patinés, pendules de laboratoire, pendules expérimentales, pendulettes de voyage et pendules sympathiques.

Les achats de George IV, roi d’Angleterre
Dans les années 1780, Breguet se fait connaître en Angleterre où le prince de Galles compte parmi ses premiers clients et admirateurs.
Breguet se rend plusieurs fois à Londres en 1789, 1790 et 1791 pour obtenir le règlement des achats faits par le prince et décrocher de nouvelles commandes.
Au fil des années, le prince devenu régent reste un des plus fidèles clients de l’horloger. En août 1814, il acquiert deux des pièces les plus emblématiques : le régulateur à tourbillon n° 1252 et la pendule sympathique n° 666 couplée à une montre Breguet n° 721, qui comportent une mécanique extrêmement sophistiquée. En 1818, il achète encore une remarquable « montre à deux mouvements ».

Les montres à remontoir sans clé
En 1830 la maison Breguet, sous la direction d’Antoine-Louis, est à l’origine d’une invention que tout néophyte peut apprécier et utiliser facilement : le remontoir sans clé. Un bouton « moleté » fixé dans le pendant, qu’il suffit de faire tourner entre deux doigts, permet à la fois le remontage et la remise à l’heure de la montre.
Ce nouveau dispositif révolutionnaire n’a pas été breveté. Il faudra attendre une dizaine d’années pour que d’autres maisons horlogères l’adoptent à leur tour.

Breguet et Thomire
La pendule de cheminée à échappement à force constante dont les figures du Génie et de l’Expérience supportent le balancier est un bel exemple de collaboration, dans les années 1800, entre Breguet et un fabricant de bronzes d’ameublement parisien, de renommée internationale, Pierre-Philippe Thomire.

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