L‘Événement

« Cartier. Le Style et l'Histoire »

Rétrospective du 4 décembre 2013 – 16 février 2014
Grand Palais - Salon d’Honneur - entrée square Jean Perrin

La Cote des Montres™ le 04 décembre 2013



Éclipsée peut-être par la célébrité du nom et l’éclat des diamants, l’histoire complexe et foisonnante de la grande maison de joaillerie demeure peu connue. Cartier a pourtant joué un rôle très important dans l’histoire des arts décoratifs. Ses créations, du classicisme du « joaillier des rois » aux inventions radicales du style moderne, entre géométrie et exotisme, offrent un témoignage passionnant sur l’évolution du goût et des codes sociaux. Joaillerie, horlogerie, objets aussi pratiques que raffinés : Cartier a séduit les personnalités les plus élégantes du XXe siècle.



Diadème Halo Cartier Londres, 1936Platine - Diamants ronds taille ancienne et baguette - Hauteur au centre 4.0 cm - The Royal Collection / Sa Majesté la Reine Elizabeth II, Londres - © Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II 2013

Cartier. Le style et l’histoire : l’exposition est pensée et conçue comme une exposition d’histoire de l’art. Œuvres d’art à part entière, les créations de la maison de joaillerie sont montrées dans le contexte de l’évolution des usages et des styles. Depuis sa fondation en 1847 jusqu’au cours des années 1970, l’histoire de la maison Cartier offre l’occasion de découvrir un laboratoire de formes et de rentrer dans l’intimité d’une société raffinée qui utilise le bijou et l’accessoire pour leur beauté intrinsèque mais aussi pour leur fonction sociale.



Gérard DesouchesLe 13 rue de la Paix, vue de l’un des Salons de joaillerie au tout début du 20e siècle. v. 1920 - Gravures, 50 x 40 cm - Archives Cartier Photo : Archives Cartier © Cartier

Les quelque 600 bijoux, pièces de joaillerie, objets, montres et pendules, sont donc accompagnés de témoins de la vie artistique et du goût de leur temps : des robes et autres accessoires, des photographies publicitaires, des gravures, des revues de mode. En convoquant les sources nourrissant chaque étape marquante de l’histoire de la maison, cette exposition ambitionne de mettre en perspective les choix stylistiques de Cartier. Près de trois cents dessins préparatoires, ainsi que de nombreux documents d’archives complémentaires (registres de stocks, cahiers d’idées, dessins relatifs à la boutique rue de la Paix, photographies, plâtres...) achèvent d’enrichir le propos, illustrant les coulisses de la création.



Collier Cartier Paris, 1951, transformé en 1953Platine, or, diamants taille brillant, baguette et de forme fantaisie, 8 rubis birmans de forme coussin et ovale, facettés - Ce collier peut se porter en diadème grâce à une monture spéciale. Provenance : Elizabeth Taylor - Longueur 37.5 cm - Collection Cartier - Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier

Cette exposition, la plus importante jamais consacrée à la maison Cartier, ne néglige aucune des activités qui firent sa réputation, présentant toutes les typologies d’objets réalisés, depuis les bijoux d’apparat jusqu’aux pièces plus intimes, en passant par le nécessaire féminin, la boîte à cigarettes ou la montre-bracelet, trois emblèmes de la modernité. Tout au long du parcours sont mises à l’honneur des pièces-phares dans l’histoire de Cartier, au premier rang desquels une série de diadèmes somptueux, illustrations de la virtuosité des ateliers et des ambitions d’une certaine clientèle. Soulignant l’importance de l’horlogerie dans l’identité de Cartier, l’exposition regroupe également un nombre inédit de pendules mystérieuses, ensemble spectaculaire de dix-huit pièces qui sont autant de chefs-d’œuvre de raffinement et de savoir-faire.



Collier Crocodiles Cartier Paris, commande de 1975Or, 1 023 diamants jaune fantaisie taille brillant pour un poids total de 60.02 carats, deux cabochons d’émeraude de forme navette (yeux), 1 060 émeraudes pour un poids total de 66.86 carats, deux cabochons de rubis (yeux), entièrement articulé, chaque crocodile peut se porter en broche. Afin de ne pas blesser le cou lorsqu’il est porté en collier, les pattes intérieures sont remplacées par des motifs qui simulent des pattes repliées. Commande spéciale de María Félix - Longueur 30 cm ; longueur 27.3 cm - Collection Cartier - Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier

Les pièces présentées sont essentiellement conservées au sein de la collection Cartier, ensemble auquel il faut ajouter une cinquantaine de prêts complémentaires, provenant d’institutions publiques (Musée des Arts décoratifs, Musée Galliera, Bibliothèque nationale de France – Bibliothèque-musée de l’Opéra, Bibliothèque des Arts décoratifs...) ou collections particulières. Un ensemble prestigieux d’une vingtaine de pièces, officielles pour certaines et intimes pour d’autres, provenant de la collection princière de Monaco permettra notamment d’évoquer le goût raffiné de Grace de Monaco, tandis que le visiteur découvrira la personnalité hors du commun de Marjorie Merriweather Post, héritière d’un grand empire céréalier, grande collectionneuse d’art russe et français, cliente la plus assidue de Cartier New York, et ce grâce au soutien tout à fait exceptionnel de la fondation installée dans sa dernière demeure à Washington, Hillwood Foundation. L’exposition est ainsi rythmée par l’évocation de personnages emblématiques de l’histoire de la maison Cartier : grandes clientes, actrices ou héritières (Barbara Hutton, Marlene Dietrich, Liz Taylor, Maria Félix...), maharadjahs de ces Indes alors rêvées et désormais moins lointaines, ou encore « trendsetters » de différentes époques dont le souvenir est plus ou moins passé à la postérité (Daisy Fellowes, Mona Bismarck, la Duchesse de Windsor...).



Diadème Cartier Paris, 1914 Platine, diamants ronds taille ancienne, 15 perles fines, onyx calibrés et de forme fantaisie, émail noir - Hauteur au centre 4.3 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier

Première exposition organisée dans le cadre prestigieux et récemment restauré du Salon d’Honneur, Cartier. Le style et l’histoire trouve dans cet espace monumental un écrin idéal, magnifié par une scénographie faisant la part belle à la poésie. Bien loin de l’apparence d’une boutique de joaillerie, leparcours se déroule tel une véritable histoire avec des étapes et des atmosphères bien différenciées, rendant tangible le double enjeu de l’exposition : laisser parler la magie des objets tout en donnant au visiteur suffisamment de clés pour comprendre cette histoire foisonnante.

Commissaires : Laurent Salomé, conservateur en chef du patrimoine et directeur scientifique de la Rmn-Grand Palais, et Laure Dalon, conservateur du patrimoine, son adjointe.
Scénographes : Nicolas Groult et Sylvain Roca

Ouverture : Du 4 décembre au 6 janvier du mercredi au samedi de 10h à 22h, le lundi et le dimanche de 10h à 20h.
du 8 janvier au 16 février : tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 20h, nocturne le mercredi soir jusqu’à 22h.
vacances de Noël, du 21 décembre au 4 janvier, tous les jours (sauf le mardi) de 9h à 22h

Tarifs : 11 €, TR 8 € (16-25 ans, demandeurs d’emploi, famille nombreuse), gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse
billet couplé Braque / Cartier : 20 €, TR 16 €

Accès : Métro ligne 1 et 13 ‘Champs-Elysées- Clemenceau’ ou 9 ‘Franklin D. Roosevelt’
renseignements et réservations sur : www.grandpalais.fr

Éditions de la Réunion des musées nationaux

Grand Palais, Paris 2013

  • Catalogue, 24,5 x 29 cm, relié, 400p., 720 ill., 45 €
  • Album, broché, 21 x 26,5 cm, 48 p., 40 ill., 10 €
  • Dvd, Cartier. La petite boîte rouge par Minou Azoulay et Marie Brand, 52 mn, 19,9 €
  • Application de l’exposition pour iPad et Android, 3,59 €

Dîner de Gala

Salon d’Honneur - Grand Palais
Lundi 2 décembre 2013



Rétrospective sans précédent organisée par la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais, l’exposition « Cartier. Le style et l’histoire » est une célébration du style de Cartier et une reconnaissance culturelle qui donne à Cartier sa place dans le monde des arts décoratifs.

Stanislas de Quercize – Président & CEO, Cartier International & Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco

Depuis 1983, au fil de vingt-cinq expositions, la Collection Cartier a été présentée dans de nombreuses institutions muséales internationales dont le Metropolitan Museum de New York, le British Museum de Londres, la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne, le Musée de la Cité Interdite à Pékin…

Juliette Binoche & Stanislas de Quercize, President and CEO of Cartier International

Du 4 décembre 2013 au 16 février 2014, c’est au Grand Palais, à Paris, que ce patrimoine de créativité est exposé, témoignage de la vitalité, du style et du savoir-faire de la Maison. Plus de six cents créations ont été sélectionnées, pièces de haute joaillerie, pendules mystérieuses, montres, objets précieux, aux côtés de prêts privés exposés pour la toute première fois. Des archives et une foisonnante documentation complètent le contenu de cet événement. Conçue comme une mise en perspective des créations et de l’évolution du goût, des arts décoratifs et de l’art en général, cette exposition propose aussi une lecture du style de Cartier en regard de l’évolution de la société, au travers de plus d’un siècle de création.

Monsieur le Président Valéry Giscard d’Estaing et Madame, Stanislas de Quercize – Président & CEO, Cartier International


Dîner de Gala

C’est dans le Salon d’honneur du Grand Palais que les invités ont pu découvrir en avant-première l’exposition « Cartier. Le style et l’histoire ». Ils se sont ensuite rendus dans la Galerie Courbe pour un dîner orchestré par le chef Jean-Pierre Vigato.

Jean-Paul Cluzel, Président des Etablissements de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais
Son Altesse Sérénissime Ira de Furstenberg
Stanislas de Quercize – Président & CEO, Cartier International

Stanislas de Quercize, Président & CEO, Cartier International, et Jean-Paul Cluzel, Président des Etablissements de la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais ont reçu plus de deux cents invités issus du monde des affaires et des arts.

Monica Bellucci & Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco

Kristin Scott Thomas

Joely Richardson

Le maharadja Tikka de Kapurtala & Mélony Hennessy

Son Altesse Sheikh Hamad Bin Abdullaha Al Thani & Stéphane Bern

John Elkann et son épouse

La Princesse Francesca von Habsbourg & Son Altesse Impériale et Royale l’Archiduchesse Eléonore von Habsbourg

Dom Pedro et Dona Marie-Claude de Bragrance

Monsieur le Président Valéry Giscard d’Estaing et son fils Henry Giscard d’Estaing

Hubert de Givenchy

Adélaïde de Clermont Tonnerre

Agatha Ruiz de la Prada et sa fille

VV Brown

Lord & Lady Douro

Prince Charles Philippe d'Orléans et Duchesse de Cadaval

Patricia d'Arenberg et Jean Paul Enthoven

Ora Ïto & Emilie Marant

Chronologie



Gérard DesouchesLe 13 rue de la Paix, vue de l’un des Salons de joaillerie au tout début du 20e siècle. v. 1920 - Gravures, 50 x 40 cm - Archives Cartier Photo : Archives Cartier © Cartier
  • 1847
    Louis-François Cartier (1819-1904) reprend l’atelier de bijouterie de son maître artisan Adolphe Picard, 29, rue Montorgueil à Paris.
  • 1853
    Cartier s’ouvre à la clientèle privée au 5, rue Neuve-des-Petits-Champs.
  • 1856
    Premier achat de la princesse Mathilde, nièce de Napoléon Ier et cousine de l’empereur Napoléon III.
  • 1859
    Cartier s’installe au 9, boulevard des Italiens. L’impératrice Eugénie devient cliente.



Parure Cartier Paris, v. 1860 Or, améthystes de forme ovale et poire facettées, écaille - Collier 42.5 cm; peigne 11.3 x 12 cm - Broche 8 x 4 cm ;- Boucles d’oreille 4 x 1.7 cm - Collection Cartier Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  • 1872
    Louis-François Cartier s’associe avec son fils Alfred (1841-1925).



Montre-broche Cartier, v. 1880Or ciselé, ajouré et poli, 6 x 3.45 cm - La bélière trilobée est détachable - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1888
    Premières montres-bracelets joaillerie.
  • 1899
    Cartier s’installe rue de la Paix au numéro 13. Louis Cartier (1875-1942), fils aîné d’Alfred, est associé à son père depuis un an.
  • 1900
    Grâce à l’utilisation du platine, le style « guirlande » remporte un vif succès auprès de la clientèle royale et aristocratique du monde entier.
  • 1902
    Ouverture de Cartier Londres au 4 New Burlington Street, sous la direction de Pierre Cartier (1878-1964), deuxième fils d’Alfred. L’ouverture coïncide avec le couronnement du roi Édouard VII.
  • 1904
    La Maison reçoit son premier brevet de fournisseur officiel accordé par le roi Édouard VII d’Angleterre.
    Brevet de fournisseur officiel accordé par le roi Alphonse XIII d’Espagne.
    Louis Cartier crée pour son ami l’aviateur brésilien Alberto Santos-Dumont une montre spécifiquement conçue pour être portée au poignet avec un bracelet de cuir.
    Pierre Cartier voyage en Russie.
  • 1905
    Brevet de fournisseur officiel accordé par le roi Carlos Ier du Portugal.
  • 1906
    Jacques Cartier (1884-1942), troisième fils d’Alfred, prend la direction de la boutique de Londres.
    Louis et Pierre Cartier s’associent : Cartier Frères.
    Premiers bijoux annonçant le style « moderne » caractérisé par des formes abstraites et géométriques. Création de la montre-bracelet Tonneau.



Pendulette sur encrier Cartier Paris, 1908Argent, vermeil, or, platine, émail translucide gris, mauve et vert sur fond guilloché, émail blanc, cabochons de saphir, diamants taille rose - 9.5 x 20,5 x 11 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1907
    Départ de Pierre Cartier pour New York.
    Première exposition à Saint-Pétersbourg à l’Hôtel d’Europe. Brevet impérial accordé par le tsar Nicolas II de Russie.



Devant de corsage saphirs Cartier Paris, commande spéciale de 1907Platine, diamants ronds taille ancienne et taille rose, un saphir de forme poire, sept saphirs de forme coussin - Serti millegrain - Poids total des saphirs : 51 carats environ 21 x 12.9 cm - Collection Cartier - Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  • 1908
    Brevet accordé par le roi Paramindr Maha Chulalongkorn du Siam. De nombreux autres brevets royaux suivront.
  • 1909
    Nouvelle adresse à Londres au 175-176 New Bond Street.
    Pierre Cartier ouvre une succursale à New York : 712 Cinquième Avenue. Brevet de la boucle déployante pour bracelets-montres.
  • 1910
    Pierre Cartier vend le diamant bleu Hope à une cliente américaine, Evalyn Walsh McLean.
  • 1911
    Jacques Cartier se rend en Inde pour assister au Durbar de Delhi et dans les pays du golfe Persique.
  • 1912
    Première pendule mystérieuse : Modèle A.
    Le Conseil de la Ville de Paris offre au tsar Nicolas II l’Œuf impérial Cartier (aujourd’hui exposé au Metropolitan Museum of Art à New York).
    Premiers diamants taille baguette.
  • 1914
    Premier décor « panthère » : onyx de forme et pavage de brillants ornant la lunette d’une montre-bracelet ronde pour dame.
    Brevet accordé par le duc Philippe d’Orléans.



Diadème Cartier Paris, 1914 Platine, diamants ronds taille ancienne, 15 perles fines, onyx calibrés et de forme fantaisie, émail noir - Hauteur au centre 4.3 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1917
    Transfert de Cartier New York au numéro 653 Cinquième Avenue, Pierre Cartier ayant obtenu la résidence Morton F. Plant en échange d’un collier de deux rangs de perles fines.
    Premiers dessins de la montre Tank.



Montre-bracelet Tank Cartier Paris, 1920Platine, or, un cabochon de saphir, bracelet cuir - Cette pièce est l’une des toutes premières Tank réalisée par Cartier. 2.96 x 2.30 cm (boîte) - Collection Cartier - Photo : Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1918
    Création des bâtons de maréchal pour les maréchaux Foch et Pétain.



Broche draperie Cartier Paris, commande de 1922Platine, un diamant de forme poire, diamants ronds taille ancienne et rose, corail, onyx - Le vase peut se porter seul sur un cordonnet. Collection Cartier - Photo : Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1923
    Première pendule mystérieuse Portique, surmontée d’une statuette appelée « Billiken ».



Grande pendule mystérieuse Portique Cartier Paris, 1923Or, platine, cristal de roche, diamants taille rose émail noir, cabochons de corail, onyx - Mouvement carré 8 jours, double barillet, doré, 13 rubis, échappement à ancre, balancier bimétallique, spiral Breguet. Axe de transmission masqué par le cabochon de corail sur la barre de cristal de roche. Statuette Billiken amovible permettant l’accès au mouvement. Mise à l’heure et remontage par clé - 35 x 23 x 13 cm - Collection Cartier - Photo : N. Herrmann, Collection Cartier © Cartier



Jeanne Toussaint posant pour un reportage de mode dans les années 1920Archives Cartier - Baron Adolph de Meyer ©Archives Cartier Paris
  • 1924
    Création de la bague et du bracelet « trois anneaux » réunissant trois ors de couleurs différentes. Jean Cocteau s’empare de cette bague (déjà appelée « Trinity » aux États-Unis) et la lance dans le Tout-Paris.



Broche Cartier New York, commande de 1925Platine, un diamant de forme coussin de 3.83 carats, un diamant de forme poire, diamants ronds taille ancienne, un cabochon d’émeraude de 15,12 carats, corail, émail noir - 4.8 x 3.8 x 1.6 cm - Commande exécutée avec les pierres de la cliente, excepté le corail fourni par Cartier - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1925
    Participation à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, à Paris, au pavillon de l’Élégance, en compagnie des grands couturiers.



Poudrier avec tube à rouge Cartier Paris, 1925Or jaune, or rose, cabochons et boules de turquoise, nacre, cabochons de saphir, une perle émail noir - L'intérieur avec un compartiment à poudre et un miroir. 6.3 cm (diamètre du poudrier) - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1926
    Apparition sur la scène à Broadway, dans la pièce d’Anita Loos Gentlemen prefer blondes, de bijoux Cartier dans leur écrin rouge.



Collier de Sir Bhupindar Singh, Maharadjah de Patiala créé en 1928Mise sur cire des pierres et étude du serti du collier de Sir Bhupindar Singh, Maharadjah de Patiala créé en 1928. Archives Cartier © Cartier
  • 1928
    Une fidèle cliente américaine, Marjorie Merriweather Post, achète chez Cartier à Londres les pendants d’oreilles ayant appartenu à la reine de France Marie-Antoinette.



Collier Cartier Paris, commande de 1928Hauteur au centre : 27 cm - Commande de Sir Bhupindar Singh, maharajah de Patiala. Monture en platine sertie de 2 930 diamants taille brillant, de deux rubis et du célèbre diamant de Beers (234,69 carats), pour un poids total de 1000 carats. Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  • 1933
    Jeanne Toussaint est nommée directrice de la Haute Joaillerie Cartier.



Collier hindou Cartier Paris, commande de 1936, transformé en 1963Platine, or blanc, diamants taille marquise, baguette et ronds taille ancienne, treize saphirs taille briolette pour un poids total de 146.9 carats, deux saphirs gravés en forme de feuille de 50.80 et 42.45 carats, boules de saphir, un cabochon de saphir, émeraudes carrées gravées, boules d’émeraude côtelées et lisses, cabochons d’émeraude, rubis gravés en forme de feuille, boules de rubis lisses et gravées, cabochons de rubis, longueur : 43 cm (ouvert) - Commande spéciale de Mrs. Daisy Fellowes. Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
    Cartier dépose le brevet pour la « monture invisible », technique joaillière qui fait disparaître la monture pour donner toute leur importance aux pierres.



Tube à rouge avec montre Cartier Paris, 1935Argent, platine, laque noire, corail, diamants taille rose - Collection Cartier - Photo : Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1940
    Le général de Gaulle fonde la France libre à Londres et trouve auprès de Cartier un solide soutien. Certains de ses discours sont écrits depuis le bureau que Jacques Cartier a mis à sa disposition.



Diadème Halo Cartier Londres, 1936Platine - Diamants ronds taille ancienne et baguette - Hauteur au centre 4.0 cm - The Royal Collection / Sa Majesté la Reine Elizabeth II, Londres - © Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II 2013
  • 1942
    Création du bijou L’Oiseau en cage pour symboliser l’Occupation. En 1944, la broche L’Oiseau libéré sera conçue pour célébrer la Libération.



Broche Oiseau libéré Cartier Paris, 1944Or, platine, diamants taille rose, un cabochon de saphir, lapis-lazuli, corail - Collection Cartier - Photo : Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier



Bracelet Cartier Paris, 1945Or jaune, or rouge - 19 x 2.6 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1945
    Pierre Cartier assure dorénavant la direction de Cartier Paris ainsi que celle de New York. Jean-Jacques Cartier, fils de Jacques, prend la direction de Cartier Londres.



Etui à cigarettes De Gaulle Cartier Paris, 194512,98 × 7,98 × 1,05 cm - Collection Cartier - Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1949
    Le duc et la duchesse de Windsor achètent à Paris une broche motif « panthère » en platine sur un saphir cachemire cabochon de 152,35 carats ; elle sera rachetée pour la Collection Cartier en 1987.
  • 1950
    Gloria Swanson, légendaire actrice d’Hollywood, porte dans le film Sunset Boulevard les deux bracelets en diamants et cristal de roche acquis en 1930.



Collier Cartier Paris, 1951, transformé en 1953Platine, or, diamants taille brillant, baguette et de forme fantaisie, 8 rubis birmans de forme coussin et ovale, facettés - Ce collier peut se porter en diadème grâce à une monture spéciale. Provenance : Elizabeth Taylor - Longueur 37.5 cm - Collection Cartier - Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  • 1953
    Version cinématographique de Gentlemen prefer blondes. Marilyn Monroe cite Cartier dans la chanson emblématique du film, « Diamonds are girl’s best friends ».
  • 1955
    Réalisation de l’épée d’académicien de Jean Cocteau, d’après son propre dessin.



Broche-pince Palmier Cartier Paris, commande de 1957Platine, or blanc, diamants taille brillant et baguette,sept rubis birmans de forme coussin pour un poids total de 23.10 carats - le tronc du palmier est articulé - 11,5 x 7 x 2,75 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1956
    À l’occasion de son mariage avec le prince Rainier, la princesse Grace reçoit de nombreux bijoux signés de la Maison, dont sa bague de fiançailles : un diamant taille émeraude de 10,48 carats.



Bracelet rigide Panthère Cartier Paris, 1958Platine, or blanc, diamants taille brillant et 8/8, cabochons de saphir (taches), émeraudes taille marquise (yeux), onyx (truffe) - 5.85 x 7.15 x 1.75 cm - Collection Cartier - Photo : N. Welsh, Collection Cartier © Cartier



Sac Cartier Paris, commande de 1961Or, tigre rayures émail noir (fermoir) et émeraudes de forme navette (yeux), diamants taille brillant et 8/8, satin noir - Sur la languette, chiffre N et couronne. Doublure satin noir, six poches, un miroir et un porte-carte satin noir. Commande de Barbara Hutton, le sac porte l’initiale de la princesse Nina Mdivani, à qui le sac était destiné. 26,9 × 20 cm - Photo : Nick Welsh, Collection Cartier © Cartier
  • 1967
    Création de la Crash Watch à Londres.
  • 1969
    Cartier fait l’acquisition d’un exceptionnel diamant poire de 69,42 carats, qu’il revend à Richard Burton. Ce dernier l’offre à Elizabeth Taylor : le fameux diamant Cartier devient le Burton-Taylor.
  • 1970
    Création pour Cartier New York du bracelet à vis Love Bracelet.
  • 1973
    Création du concept « Les Must de Cartier » par Robert Hocq en collaboration avec Alain-Dominique Perrin, nommé directeur général de la société Les Must de Cartier.
  • 1974
    Pour le film The Great Gatsby de Jack Clayton, avec Robert Redford et Mia Farrow, Cartier met à disposition une grande partie de sa collection de bijoux Art déco.



Collier Crocodiles Cartier Paris, commande de 1975Or, 1 023 diamants jaune fantaisie taille brillant pour un poids total de 60.02 carats, deux cabochons d’émeraude de forme navette (yeux), 1 060 émeraudes pour un poids total de 66.86 carats, deux cabochons de rubis (yeux), entièrement articulé, chaque crocodile peut se porter en broche. Afin de ne pas blesser le cou lorsqu’il est porté en collier, les pattes intérieures sont remplacées par des motifs qui simulent des pattes repliées. Commande spéciale de María Félix - Longueur 30 cm ; longueur 27.3 cm - Collection Cartier - Photo : V. Wulveryck, Collection Cartier © Cartier
  • 1979
    Regroupement des intérêts mondiaux de la Maison, avec la création de Cartier Monde qui réunit et contrôle Cartier Paris, Cartier Londres et Cartier New York.
  • 1983
    Création de la Collection ancienne Cartier – appelée à devenir la « Collection Cartier » – placée sous la responsabilité d’Éric Nussbaum. Cette collection est destinée à illustrer l’évolution historique et artistique de la Maison.
  • 1984
    Publication aux Éditions du Regard du livre Cartier, écrit par Hans Nadelhoffer. Création de la Fondation Cartier pour l’art contemporain.
  • 1989-1990
    Exposition « L’Art de Cartier », première rétrospective majeure au musée du Petit Palais à Paris.
  • 1991
    Premier Salon international de la haute horlogerie (SIHH) à Genève.
  • 1992
    Exposition « The Art of Cartier » au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.
  • 1995
    Exposition « The Art of Cartier », au Metropolitan Teien Art Museum à Tokyo.
  • 1996
    Exposition « Cartier, splendeurs de la joaillerie » à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne.
  • 1997
    Cartier célèbre son 150e anniversaire.
    Rétrospective « Cartier 1900-1939 » présentée au Metropolitan Museum of Art à New York et au British Museum à Londres.
  • 1999
    Expositions « El Arte de Cartier » au Museo del Palacio de Bellas Artes à Mexico et « Cartier 1900-1939 » au Field Museum à Chicago.
  • 2002
    Exposition « Cartier design viewed by Ettore Sottsass » au Vitra Design Museum à Berlin puis au Palazzo Reale de Milan. Cette exposition est ensuite présentée au Daigoji Temple à Kyoto et au Museum of Fine Arts de Houston.
  • 2004
    Exposition rétrospective « The Art of Cartier » au musée de Shanghai.
  • 2006
    Exposition « The Art of Cartier » au Musée national de Singapour.
  • 2007
    Exposition à la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne « Cartier, 1899-1949, The Journey of a Style ».
    Exposition au musée du Kremlin à Moscou « Cartier, Innovation through the 20th Century ».
  • 2008
    Exposition « The Art of Cartier » au musée national du Deoksugung à Séoul.
  • 2009
    Exposition au Musée national de Tokyo « Story of... Memories of Cartier Creations », mise en scène par Tokujin Yoshioka.
    Exposition « Cartier Treasures – King of Jewellers, Jewellers to Kings » au musée du Palais à Pékin.
    Exposition « Cartier and America » au musée de la Légion d’honneur, musées des Beaux-Arts, à San Francisco.
  • 2010
    Le château de Prague accueille l’exposition « Cartier at Prague Castle, the Power of Style ».
  • 2011
    Le musée Bellerive à Zurich puis l’ArtScience Museum à Singapour présentent « Cartier Time Art – Mechanics of Passion », une exposition dédiée au savoir-faire horloger de Cartier.
  • 2012
    Exposition « Royal Style : Qing Dynasty and Western Court Jewelry » au musée national du Palais à Taipei. Exposition « El Arte de Cartier » au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid.
  • 2013
    Exposition « A Story of Style and Heritage » au Liaoning Provincial Museum à Shenyang. Rétrospective « Cartier. Le style et l’histoire » au Grand Palais à Paris.

Texte des salles

I / LA CONQUÊTE DU SOMMET

En 1847, lorsqu’il reprend l’atelier d’Adolphe Picard rue Montorgueil, Louis-François Cartier est un orfèvre parmi d’autres. Il s’installe en 1859 boulevard des Italiens, dans un quartier réputé pour son effervescence. C’est dans cette boutique qu’il fidélise, avec son fils Alfred, une clientèle de marque qui compte à la fois une bourgeoisie d’affaires nouvellement enrichie et d’éminents personnages de la cour de Napoléon III, telles la comtesse de Nieuwerkerke puis la princesse Mathilde. Peu de bijoux vendus par Cartier dans les années 1860-1880 sont aujourd’hui identifiés, mais les pièces rassemblées ici témoignent de l’éclectisme de cette période. Au fur et à mesure que Cartier conquiert son statut de « joaillier des rois », camées et châtelaines disparaissent au profit du style dit « guirlande ». Cette joaillerie grandiose, favorisée par la découverte de mines de diamants en Afrique du Sud à la fin des années 1860, mise sur l’opulence des pierres et la référence à l’Ancien Régime.

UNE MAISON AU CŒUR DE PARIS

L’inauguration de la nouvelle boutique au 13, rue de la Paix, en novembre 1899, constitue un tournant dans l’histoire de la Maison Cartier. Suggéré par Louis, associé aux affaires à partir de 1897, ce déménagement permet de répondre aux attentes croissantes d’une riche clientèle cosmopolite. Le joaillier tisse alors des liens étroits avec Worth, premier grand nom de la haute couture. Traité dans un esprit néoclassique, le décor de la boutique est conforme à l’image élégante de la Maison.

Désormais, le stock n’est plus tributaire du répertoire de fabricants indépendants, comme c’était le cas au XIXe siècle ; il est le fruit du travail d’ateliers parisiens œuvrant en exclusivité pour Cartier. Les dessinateurs sont quant à eux incités à puiser leur inspiration dans les ouvrages et les antiquités que Louis Cartier met à leur disposition. L’évolution du style du joaillier est ainsi perceptible dès la lecture des « cahiers d’idées », sur lesquels sont couchés quantité de petits croquis.

LE CHOIX D’UN STYLE

La référence au XVIIIe siècle et à Marie-Antoinette


Dans sa première phase d’expansion, la Maison Cartier s’est accordée à l’éclectisme ambiant. Mais c’est par le choix résolu du style Louis XVI qu’elle assure à la fin du siècle sa suprématie. La passion de Louis Cartier pour l’art de la fin du XVIIIe siècle n’a rien d’évident au moment où le revival Marie- Antoinette est déjà un phénomène ancien et où des courants d’avant-garde, au premier rang desquels l’Art nouveau, cherchent des alternatives radicales. Ni le naturalisme éthéré de l’Art nouveau, ni les grâces de la rocaille ne franchissent la porte de la Maison Cartier où l’on préfère le sobre équilibre du style Louis XVI, perçu comme l’apogée du grand classicisme français, très apprécié d’une clientèle cosmopolite. Cartier fournit ainsi à Grace Vanderbilt, en 1909, une parure qui lui permet de se projeter dans les grandes heures de la monarchie française, mais dont le fragment présenté ici montre toute la modernité.

ENTRE LOUIS XVI ET LE TSAR

Plus que la joaillerie, le domaine des petits objets précieux autorise la fantaisie. Ces objets, qui prennent une place importante dans l’activité de la Maison au tournant du XXe siècle, permettent de développer un nouveau style Louis XVI à la fois rigoureux et chatoyant, qui va connaître un immense succès. Les clients russes, comme la grande-duchesse Xenia ou la princesse Lobanov-Dalgorouky, habituées de la boutique de la rue de la Paix, souhaitent retrouver à Paris les petits sujets à la manière de Fabergé et encouragent Cartier à développer cette production. En 1904 et 1905, Pierre Cartier cherche en Russie des artisans capables de fournir les petits sujets en pierres dures que l’on s’arrache. Mais le domaine dans lequel Cartier tire vraiment son épingle du jeu est celui des objets en émail translucide sur métal guilloché, autre spécialité de Fabergé, à laquelle le joaillier français va ajouter son sens unique du classicisme, tout en créant une gamme de couleurs inédite.


II/ LE STYLE « MODERNE »

Autour de 1910, alors que le foisonnement artistique est à son comble dans la capitale, la mode vit des évolutions décisives, qui ont d’importantes conséquences sur la typologie des bijoux. Bandeaux, sautoirs, bracelets s’imposent : la ligne droite est désormais maîtresse d’une silhouette féminine délivrée du corset. Sous l’impulsion de Louis Cartier qui encourage très tôt les dessinateurs à adopter des formes géométriques, le style « moderne » concourt à donner une nouvelle identité à la Maison. Concomitantes au plein épanouissement du fastueux style « guirlande », les recherches abstraites présentent une filiation certaine avec la sobre élégance du néo-Louis XVI et s’appliquent alors de préférence à de petits bijoux. Originalité dans le monde de la joaillerie, Cartier développe une production horlogèreambitieuse, cherchant toujours à allier innovation technique et exigence esthétique.

LES ANNÉES 1920 ET LA PLEINE ÉCLOSION DE L’ART DÉCO

Gage d’élégance, le noir et blanc est l’une des tendances principales du bijou Art déco. Au diamant sont ainsi généralement associés l’onyx, l’émail et le cristal de roche. C’est autour du bijou le plus aristocratique qui soit que Cartier innove alors de façon radicale : les diadèmes acier font leur apparition. Un événement joue par ailleurs un rôle décisif dans la mode et dans la joaillerie : la découverte des Ballets russes au théâtre du Châtelet en 1909. La flamboyance des couleurs, dont le portrait de Tamara Karsavina par Blanche donne la mesure, constitue pour beaucoup un choc esthétique. Soutenus par Louis Cartier, les dessinateurs osent des associations de couleurs auparavant jugées de mauvais goût, invitant par exemple à mêler saphirs et émeraudes. L’emploi de matières premières peu précieuses (turquoise, agate, corail...) contribue enfin à donner une allure résolument neuve au bijou.

L’EXPOSITION DE 1925

Offrant un panorama complet de la production contemporaine la plus innovante, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes donne son nom à un style en germe avant la guerre et alors en plein épanouissement, l’Art déco. Affirmant ses liens avec le monde de la mode, Cartier se distingue des autres joailliers en exposant au sein du Pavillon de l’Elégance : très bien situé, brillamment décoré, ce pavillon régenté par Jeanne Lanvin est la vitrine idéale pour l’élite de la haute couture que constituent les maisons Callot, Jenny, Worth et Lanvin. Cartier présente au cours de cette manifestation quelque 150 objets représentatifs du style « moderne », incluant bijoux, accessoires divers et pièces d’horlogerie. Un bijou d’épaule spectaculaire, le collier dit Bérénice, illustre à merveille les innovations d’une élégance et d’une modernité sans pareilles alors conçues par la Maison.


III/ NOUVEAUX HORIZONS

L’exotisme comme composante de la modernité


Durant les années 1920, l’engouement pour les motifs en provenance d’Égypte, d’Inde et d’Extrême- Orient, favorisé par le développement des moyens de communication, touche la mode comme la haute joaillerie. Alors que le style « moderne » est en plein épanouissement, Cartier assimile les sources exotiques avec une subtilité sans équivalent, liée en grande partie à la connaissance intime que les frères Cartier ont de ces civilisations. Grand collectionneur d’art égyptien et perse notamment, Louis partage avec ses collaborateurs sa bibliothèque et ses propres antiquités, intégrées parfois à des créations nouvelles. À la tête de Cartier Londres, Jacques tisse quant à lui des liens étroits avec les maharadjahs indiens à la faveur des échanges entre la Grande-Bretagne et ses colonies. Aboutissant à des pièces d’une grande originalité, ce travail d’assimilation alimente pour des décennies la créativité du joaillier.

L’INDE ET LA PERSE

Les maharajahs de Patiala


Régnant sur l’État de Patiala entre 1900 et 1938, Bhupindar Singh, maharajah de Patiala, incarne pleinement la fascination des princes indiens pour le mode de vie occidental. Joueur émérite de cricket depuis ses études à Aitchison College (Lahore, Pakistan), il est le premier Indien à posséder une voiture et un avion, il achète des bijoux modernes et arbore une montre Tank. C’est pourtant lorsqu’il dépose chez Cartier, en 1925, plusieurs milliers de pierres à sertir de façon nouvelle qu’il marque l’histoire de la Maison. Cette commande, qui nécessite de respecter les formes traditionnelles indiennes tout en intégrant les tendances Art déco, est un défi extraordinaire pour les ateliers parisiens. Démantelé puis retrouvé en piteux état en 1998, le collier de cérémonie, pièce la plus exceptionnelle de l’ensemble, a été reconstitué en trois ans : techniques anciennes et pierres de synthèse ont permis de redonner tout son éclat à cet objet synonyme de pouvoir et de richesse.

LE STYLE TUTTI FRUTTI
  • Daisy Fellowes (1890-1962)
    Aujourd’hui peu connue du grand public, Daisy Fellowes posséda l’une des collections de bijoux les plus importantes de l’entre-deux-guerres. Fille du duc Decazes et d’Isabelle Singer, elle avait hérité de la fortune considérable de son grand-père, Isaac Singer, l’inventeur de la machine à coudre, et obtenu grâce au titre de son père une place dans la vie mondaine européenne. C’est sous le nom de son second mari, le banquier britannique Reginald Fellowes, qu’elle devint une figure-clef de la Café Society. Incarnation à elle seule d’un cosmopolitisme élégant, réputée pour avoir lancé plus de modes que n’importe quelle autre femme dans le monde, Daisy Fellowes fut pour Cartier, son joaillier de prédilection, une cliente des plus exigeantes. Les nombreux portraits qui nous sont parvenus d’elle témoignent de son attachement pour son collier hindou, la pièce la plus extravagante réalisée dans le style tutti frutti.


IV/ LES PENDULES MYSTÉRIEUSES

C’est une invention de magicien qui devait inspirer à la Maison Cartier certaines de ses créations les plus emblématiques. L’idée de la « pendule mystérieuse » présentée par l’illusionniste Jean Eugène Robert-Houdin en 1839 sera en effet reprise par un horloger génial, Maurice Couët (1885-1963). En s’associant à la Maison Cartier, garante de perfection, de luxe et de sobriété, celui-ci ouvre la voie à un des plus étonnants chapitres de l’histoire des arts appliqués du XXe siècle.

La fabrication de chaque pendule nécessite au départ presque une année. Environ cent exemplaires voient le jour de 1912 à 1930. La pendule « modèle A » surgit auréolée du prestige de la rareté absolue. Le secret de son fonctionnement suffit à la fascination et l’objet n’a pas besoin de surenchère décorative. On ignore longtemps que chacune des aiguilles est solidaire de son propre disque de cristal tournant, relié à une crémaillère dissimulée dans le cadre. Au fur et à mesure que le secret s’évente, les pendules se complexifient et intègrent des éléments plus évocateurs, poétiques et exotiques. Entre 1923 et 1925 naissent les modèles « portique » où le cadran apparaît suspendu à la manière d’un gong. Les modèles exotiques, comme la pendule Éléphant de 1928, rejoignent l’esprit des « pendules à sujet » françaises du XVIIIe siècle.


V/ LE LUXE GEOMETRIQUE
  • Cartier New York
    En 1909, le lancement d’une boutique Cartier à New York, sous la houlette de Pierre, le benjamin des trois frères, répond à une réelle nécessité commerciale. Après l’ouverture de Cartier Londres en 1906, la métropole américaine s’avère un choix judicieux, à une époque où un marché extrêmement porteur pour le joaillier se développe Outre-Atlantique. Installée sur la Cinquième Avenue en 1917, la Maison Cartier séduit avec le style « guirlande » une large clientèle désireuse de s’approprier un art de vivre à la française. C’est par ailleurs avec un sens des affaires tout anglo-saxon que Pierre Cartier lance très tôt d’importantes campagnes médiatiques, publie les premiers catalogues et se lie avec d’autres marques : alors que la clientèle d’origine était surtout composée de grandes fortunes, la politique commerciale de Cartier New York participe très tôt de la démocratisation du bijou.

  • Marjorie Merriweather Post (1887-1973)
    Unique héritière de l’empire céréalier fondé par son père, Marjorie Merriweather Post devient à vingt- sept ans la femme la plus riche des États-Unis. Elle est dès lors l’incarnation de la société américaine la plus raffinée, résolument tournée vers l’Europe, qui voit en Cartier l’un des symboles d’un goût français très recherché. Acquise en 1955, sa demeure d’Hillwood, à Washington, est dès l’origine conçue comme l’écrin de son exceptionnelle collection d’art décoratif français et russe. Héroïne de sa propre vie, Marjorie Post se fait portraiturer à de nombreuses reprises, seule ou avec ses filles : à chaque photographie correspond le cadre adéquat, souvent acheté dans la boutique new-yorkaise de Cartier. Également dotée d’un œil sûr en matière de joaillerie, elle fait chez Cartier l’acquisition de pièces remarquables, telle une broche en émeraudes gravées aux proportions tout à fait extraordinaires.


VI/ LE FASTE DES PIERRES

Pour séduire une poignée de clients fascinés par les grandes pierres, Cartier se positionne sur le marché du diamant. Joaillier plus que diamantaire, Cartier réalise des montures remarquables pour certaines pierres historiques : ces transactions mettent en jeu les talents de négociants des frères Cartier, ainsi que l’excellence des ateliers. Le diamant Williamson est ainsi logé au creux d’une délicate fleur de diamants, bijou très apprécié de la Reine Elizabeth II.

Les pierres de couleur ne sont pas en reste. Gemme longtemps considérée comme la plus précieuse au monde, le rubis occupe une place à part dans la joaillerie, constituant la pierre reine de parures exceptionnelles. La Maison Cartier adopte par ailleurs dans les années 1930 ces pierres semi- précieuses qui font alors leur apparition dans le bijou fantaisie promu par Coco Chanel. De nouveaux mariages de couleurs sont permis par l’utilisation de l’aigue-marine, de la citrine ou encore du péridot.
  • Elizabeth Taylor (1932-2011)
    My Love Affair with Jewelry : le titre de son autobiographie parue en 2002 en dit long sur la passion d’Elizabeth Taylor pour les bijoux. Dispersée en 2011, sa collection rassemblait bijoux somptueux et gemmes historiques. Si le collier de rubis présenté ici lui est offert en 1957 par son troisième mari, le producteur Mike Todd, c’est le comédien anglais Richard Burton, qu’elle épouse à deux reprises, qui la couvre de bijoux. Grand amateur de pierres, il offre notamment à son épouse le Burton-Taylor, diamant d’un poids de 69,42 carats, acheté auparavant par Cartier pour plus d’un million de dollars, qu’elle porte lors de la 42e cérémonie des Oscars en 1970. Burton fait par ailleurs pour Liz l’acquisition d’une perle légendaire trouvée en 1579 et achetée par Philippe II d’Espagne, la Peregrina. Elle confie alors à Cartier le soin de réaliser un collier s’inspirant d’un portrait de Marie Tudor à qui, selon une légende inexacte, Philippe II aurait offert la perle en guise de cadeau de fiançailles.

  • Wallis Simpson, duchesse de Windsor (1896-1986)
    D’origine modeste, Wallis Simpson fabrique sa propre image à force de volonté, au point d’être bientôt considérée comme l’une des femmes les plus élégantes de son temps. Devenue duchesse de Windsor en 1937, elle est alors indissociable de son mari, dont l’abdication est imputée à leur relation. Condamné à l’exil, le couple mène une existence oisive. Maîtresse de maison exemplaire, la duchesse s’habille avec un classicisme remarqué, faisant surtout preuve d’originalité dans le domaine de la joaillerie. Son goût pour le bijou fantaisie l’amène en effet à apprécier le choc des couleurs et explique certaines commandes particulièrement extravagantes. C’est néanmoins en étant la première cliente liée au symbole de la panthère que la duchesse de Windsor marque définitivement l’histoire de la Maison : c’est pour elle que Cartier réalise en 1948 le premier bijou panthère en trois dimensions.


VII/ L’ASSOUPLISSEMENT DU STYLE

Dicté par la mode, le retour de l’or jaune dans les vitrines des joailliers tient aussi à la conjoncture économique, le coût du platine étant devenu prohibitif après la guerre. Flexibles, plus simples à porter, les bijoux de cette période gagnent en finesse ce qu’ils perdent en ampleur. Le « tuyau à gaz », long tube articulé, témoigne du goût pour les bijoux souples et transformables. Dans le même temps, fleurs et animaux s’imposent chez Cartier ; loin des efforts de stylisation des décennies précédentes, une sensibilité nouvelle pour la nature se révèle. Un bestiaire flamboyant illustre l’envie de couleurs qui saisit une société dans une quête manifeste de légèreté. Si ces petites pièces nécessitent un savoir- faire unique, gage de leur qualité, on assiste toutefois à une démocratisation du bijou, liée à la fois à l’élévation du niveau de vie et au prix plus modeste de certains modèles.
  • Grace de Monaco (1929-1982)
    C’est parée de plusieurs bijoux Cartier que la princesse Grace de Monaco pose pour son portrait officiel en 1956 : elle arbore un collier rivière de diamants, des clips en diamants et rubis pouvant être portés en diadème, ainsi que sa bague de fiançailles constituée d’un diamant d’une pureté exceptionnelle. Les photographes de presse ont immortalisé les visites du couple dans la boutique de la rue de la Paix, mais les relations existaient depuis longtemps: les insignes reprenant notamment le motif du blason monégasque rappellent que Cartier a obtenu du prince Albert Ier dès 1920 un premier brevet de fournisseur officiel. Aux pièces protocolaires s’ajoutent par ailleurs des bijoux plus intimes. Emblématiques du bestiaire de Cartier, les oiseaux côtoient les caniches chers au cœur de la princesse et autres animaux de ferme, coqs et poules, réalisés avec raffinement mais non sans humour.

  • María Félix (1914-2002)
    Connue en France pour ses films avec Jean Renoir ou Luis Buñuel, María Félix a mené une vie fastueuse entre le Mexique et l’Europe. Résidant à Paris une partie de l’année, elle y possède un appartement entièrement meublé de style Napoléon III : ce goût d’un luxe extravagant se retrouve dans sa collection de bijoux. Fruit de deux années de travail, la structure articulée du collier Serpent est une prouesse technique qui tire le meilleur profit des qualités du platine. Son amour des reptiles amène María Félix à passer en 1975 une autre commande spectaculaire, pour laquelle elle aurait apporté un bébé crocodile vivant rue de la Paix... Articulés, pouvant être portés séparément en broches, les deux crocodiles couverts de diamants jonquille pour l’un, d’émeraudes pour l’autre sont d’un naturalisme saisissant. Ses autres bijoux sont à l’avenant : les boucles Serpents sont tellement lourdes que la comédienne ne pouvait les porter que posées dans le creux de l’oreille.

  • Barbara Hutton (1912-1979)
    Héritière d’une fortune colossale à l’âge de vingt et un ans, figure emblématique de la Café Society, Barbara Hutton fut une cliente fidèle de Cartier. Propriétaire de plusieurs bijoux célèbres ayant appartenu à Marie-Antoinette et à l’impératrice Eugénie, elle fit notamment modifier par la Maison le fabuleux collier d’émeraudes de la grande-duchesse Wladimir. C’est parée de ces pierres magnifiques montées en diadème et du diamant Pasha qu’elle se fit photographier dans son excentrique palais de Tanger. Surnommée par la presse « poor little rich girl » en raison de ses divorces à répétition et de son addiction bien connue aux drogues et aux médicaments, Barbara Hutton fut également adepte du style félin de Cartier, préférant le tigre à la panthère comme en témoignent sa grande broche et ses spectaculaires pendants d’oreille.


VIII / LA PANTHERE : FABRICATION ET INCARNATION D’UN EMBLEME

C’est en 1914 qu’une première allusion au pelage de la panthère est introduite dans la production : une montre-bracelet créée par Cartier Paris est couverte du premier pavage irrégulier de diamants et d’onyx. Déjà prisée des sculpteurs, la panthère fait partie des motifs animaliers préférés des dessinateurs, ainsi qu’en atteste l’usure des planches correspondantes dans l’exemplaire des Études d’animaux de Mathurin Méheut dont ils disposaient. D’abord évoquée à travers le motif tacheté, la panthère fait ensuite son apparition en deux dimensions dans des nécessaires des années 1925-1930 : l’animal y est représenté marchant entre deux cyprès – arbre dont la forme caractéristique se retrouve par ailleurs sous le pinceau de Armand-Albert Rateau, le décorateur du Pavillon de l’Élégance de 1925. Enfin, image d’une féminité décomplexée, le bijou panthère en trois dimensions devient un accessoire très apprécié des clientes, décliné à l’envi depuis lors.
  • Jeanne Toussaint (1887-1976)
    Originaire de Charleroi, en Belgique, Jeanne Toussaint rencontre Louis Cartier avant la Première Guerre mondiale. Chargée au tout début des années 1920 du développement de la maroquinerie et des accessoires, elle crée en 1924 le Département « S » (comme « Silver ») pour des objets plus abordables. Louis Cartier lui confie en 1933 la direction artistique de la Maison, autorité qu’elle conserve jusqu’en 1970. Puisant son inspiration hors du domaine de la joaillerie et dans les cultures extra-européennes, poussant à l’extrême le degré d’exigence, celle que l’on surnomme « la panthère » façonne avec Louis Cartier l’esprit de la Maison. Cecil Beaton a parfaitement résumé son rôle : « on peut dire que c’est cette petite femme-oiseau qui révolutionna l’art de la joaillerie, créant le style Cartier [...]. L’influence de Mademoiselle Toussaint est telle que c’est à elle, ne l’oublions pas, que nous devons les bijoux actuels, plus flexibles qu’ils ne l’ont jamais été dans aucune autre civilisation. Ses cascades et ses grappes de diamants sont d’une rare perfection. »

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