1965
Apparition des premiers poussoirs vissés
En 1965, est produit la 6240, premier modèle avec poussoirs vissés, elle sera fabriquée jusqu’en 1969 avec le mouvement 722.
Cette montre fait partie des objets mystérieux produits par Rolex sur une période réduite et ne paraissant que très rarement dans les catalogues officiels de l’époque.
Plusieurs hypothèses ont été avancées sur l’introduction des poussoirs vissés :
La plus accréditée considère que c’est pour empêcher le démarrage accidentel des fonctions chrono dans des situations à risque (plongée, présence de poussière ou d’autres agents agressifs).
Sur le cadran de la 6240, réapparaît pour la première fois l’inscription Oyster (qui n’est présente que sur la 6238 et sur les Cosmographs avec poussoirs à pompe.
La qualification Oyster, qui garantit une meilleure étanchéité de la montre, est due à la présence de poussoirs vissés ainsi qu’à une couronne de remontage de 7mm de la série 700, au lieu de la 6mm série 600, montée sur les exemplaires munis de poussoirs à pompes.
Ce modèle est principalement disponible avec lunette noire en bakélite, mais il est probable que les premiers exemplaires (1965/1967) sortis de chez Rolex aient eu une lunette métallique de 6239, dans la mesure où le premier modèle avec lunette standard en bakélite 6241 resté en production de 1967 à 1970, était identique en tout point à la 6239, sauf justement la lunette.
Le mouvement qui anime ces trois modèles dans la deuxième moitié des années 60 (6239 compris) est toujours le 722 dérivé du 72B, dont il garde le même nombre d’alternances/heure soit18.000.
Pour revenir à la 6240, il faut rappeler que les exemplaires en acier avec cadran foncé, les plus anciens, étaient disponibles avec compteurs couleur argent et ceux avec cadran clair avec compteurs marrons aussi.
Ce modèle a été probablement produit pendant une période assez longue mais en quantité limitée, Rolex ne s’attendant pas à un accueil favorable du marché.
D’après les vendeurs officiels de l’époque, beaucoup de clients s’abstenaient d’acheter des Cosmographs pour les raisons suivantes :
- Ils craignaient d’abîmer leurs chemises avec de gros poussoirs saillants.
- Ils pensaient que la beauté d’une montre allait de manière inversement proportionnelle à son diamètre.
- Ils jugeaient les cadrans trop différents de ceux de la production de l’époque.
Au début des années 70, arrivent sur le marché deux autres objets mystérieux, c’est à dire deux références rares, la 6262 et la 6264, qui seront respectivement produites pendant un an (1970) pour la première et trois ans (1970-1972) pour la deuxième.
La première avec la lunette de la 6239, la deuxième avec la lunette de la 6241, mais toujours et exclusivement avec des poussoirs vissés.
Ces deux références introduisaient le nouveau calibre 727 à 19.800 alternances/heure, plus soigné et plus précis que les 72B/722 qui équipaient les modèles précédents.
Autour de 1970, la présence parallèle sur le marché de nombreuses références nous confirme que Rolex n’avait pas encore statué dans son choix entre les poussoirs classiques et les poussoirs vissés.
Au sujet des deux références 6262 et 6264, il faut rappeler que les modèles en acier étaient disponibles aussi avec le rare cadran noir, signes et inscriptions argent, à l’exception du terme Daytona qui continuait à être gris perle mat.
Toutes ces références perturbent les collectionneurs actuels, le numéro de référence du fond diffère de celui du boîtier pour 50% des Cosmographs encore en circulation.Les cas de discordance peuvent être :
- Fonds parfaitement originaux comportant par exemple le sigle C.R.S. (identifiant le fabricant/fournisseur de Rolex) et les autres inscriptions ordinaires mais qui n’ont pas la référence du modèle.
- Fonds avec double référence (l’une écrite sur l’autre, effacée par les classiques 3-4 lignes horizontales).
- Fonds dont la référence n’est pas la même que celle du boîtier, comme indiqué plus haut.
On peut supposer que, lors de l’assemblage de la montre, la procédure pour l’identification du fond dans les Cosmographs était la suivante :
- Assemblage d’un fond ayant un numéro identique à celui du boîtier.
- En cas de non-disponibilité, assemblage d’un numéro différent mais congruent, c’est à dire d’une référence différente mais comportant le même type de lunette (ex. :6239 avec boîtier 6262, ou 6241 avec boîtier 6263, etc…).
- En cas de non-disponibilité :
1-superposition de numéros (ex. 6264 écrit sur 6263 avec boîtier 6263).
2-assemblage d’un fond anonyme.
3-assemblage d’un fond quelconque.
Les fonds « faux » sont pratiquement toujours liés à une logique de production.
La seule préoccupation fondée en ce domaine doit concerner l’originalité du fond, que l’on peut en cas de doute faire expertiser auprès d’un revendeur officiel Rolex.
Avant d’examiner les modèles avec poussoirs vissés, il est opportun d’introduire le sujet Paul Newman.