Anticythère

Anticythère, le retour

Les moyens technologiques vont-ils permettre d’en découvrir davantage ?

La Cote des Montres™ le 07 octobre 2014



C’est une aventure archéologique qui fait rêver. En 1901, le trésor d’« Anticythère » est découvert dans les eaux grecques, et révèle les restes du probable plus ancien « calculateur astronomique » de l'humanité. Voir le magnifique site web Hublot dédié à Anticythère



Aujourd’hui, une expédition scientifique menée par Brendan Foley (plongeur-archéologue) retourne sur le site d’Anticythère au large de l’Ile Cythère pour une seconde fouille historique, et cette fois-ci équipée d’une combinaison de plongée développée à l’extrême : L’Exosuit, qui porte les couleurs Hublot pour l’occasion.



Pour soutenir et marquer l’évènement, Mathias Buttet, Directeur R&D Hublot est allé assister aux plongées et a présenté la montre de plongée, elle-aussi extrême, l’Oceanographic EXO4000 qui rend hommage aux scientifiques engagés dans cette incroyable aventure.



Le mécanisme d’Anticythère est un des objets les plus mystérieux de l’histoire des civilisations. Aujourd’hui reconnu et minutieusement étudié par la communauté scientifique, il a été découvert en 1901, mais sans qu’on en comprenne alors à l’époque l’immense intérêt historique et technique. L’idée même d’une «machine» réalisée dans l’Antiquité gréco- romaine n’entrait pas dans le cadre de travail conceptuel des spécialistes de cette époque. Par la suite, les affirmations obscurantistes des non-scientifiques ont prétendu donner à l’artefact d’Anticythère une nature quasiment extra-terrestre, ce qui ne rendait pas le débat plus limpide.



Aujourd’hui, le site dans les eaux Grecques au large de l’Ile d’Anticythère où ont été découverts les restes de ce qui est considéré comme le plus ancien « calculateur astronomique » de l'histoire de l’humanité, fait l’objet d’une deuxième expédition archéologique sous-marine.




Comme une combinaison spatiale ou un scaphandre futuriste...



Menée par le plongeur-archéologique Brendan Foley, l’expédition a cette fois-ci un atout de taille : une combinaison de plongée exceptionnelle, une véritable « armure sous-marine » développée aux USA, qui permet aux plongeurs-archéologues d’allier la souplesse d’une tenue de plongée à la résistance des petits sous-marins. Exosuit, c’est son nom, peut ainsi fonctionner jusqu’à 1’000 pieds, soit 300 mètres de profondeur. Elle porte les couleurs de Hublot qui soutient le programme.



240 kilos tout en alliage d’aluminium, 2 mètres de haut, le «scaphandre» dispose de 18 joints rotatifs qui lui assurent une relative souplesse, ainsi que des propulseurs à eau. Elle allie ainsi mobilité et résistance aux profondeurs. Le dioxyde de carbone est enlevé chimiquement et le ravitaillement en oxygène se fait selon le métabolisme du plongeur « au travail comme au repos ». Avec un maximum de 50 heures d’autonomie, les possibilités d’explorations sont décuplées. L’atmosphère conservée à pression normale permet aussi d’éviter de travailler sur les mélanges complexes de gaz qui sont nécessaires dans les bouteilles des plongeurs des profondeurs. Cet équipement a un coût de $1.3 million tant la technicité est avancée.



Pour l’instant, une seule combinaison EXOSUIT a été fabriquée pour la Société JFWHITE grâce à qui l’équipement est utilisé pour l’expédition « Anticythère, le retour ». Une seconde combinaison, également destinée à JFWHITE est en cours de réalisation.




Hublot et l’aventure Anticythère



Depuis 2011, Hublot s’est associé au projet Anticythère en soutenant tout d’abord, une exposition au Musée des Arts et Métiers à Paris, puis en s’associant au grand projet du Musée Archéologique d’Athènes qui a ainsi pu créer notamment grâce à Hublot, une salle spéciale Anticythère avec une vitrine géante blindée, résistante aux chocs sismiques, fabriquée en Suisse sur commande de Hublot, qui expose les restes de la machine.



Ainsi, aux côtés des restes de la machine, est aussi exposée parmi les œuvres, la montre Hublot « Hommage à Anticythère », mécanisme reconstitué et miniaturisé qui ajoute une nouvelle dimension du temps à la mécanique d'Anticythère. Cette exposition a été prolongée plusieurs fois et a battu des records de fréquentation. Le Ministre de la Culture avait d’ailleurs tenu à être présent pour découvrir et inaugurer l’exposition du trésor d’une beauté saisissante, fierté du peuple grec et de son histoire.



La montre de plongée Oceanographic EXO4000, montre de plongée capable de résister à la pression de 4’000 mètres de profondeur, un hommage au travail de toute l’équipe de scientifiques engagée dans cette incroyable aventure.



Alors que les explorations spatiales visent la découverte d’environnements lointains, il est une partie de notre planète dont on ne sait finalement pas grand-chose : le fond des océans. Pour permettre des explorations dans des profondeurs toujours plus importantes, les ingénieurs, inventeurs, techniciens ne cessent de repousser plus loin les limites du rationnel, du possible. Hublot a repoussé la résistance d’une montre à une pression extrême, celle des 4'000 mètres.


Anticythère

Anticythère, 82 fragments qui révèlent au scanner à rayons X, des roues dentées rongées par la corrosion et de nombreux rouages invisibles à l’œil nu.



Les fragments de cette « machine » n’ont été analysés de manière approfondie, dans un cadre pluridisciplinaire, qu’au début du XXIe siècle. Ces travaux ont permis de mieux comprendre la complexité de ce mécanisme hors du commun. On admet aujourd’hui que cet « instrument astronomique » est daté du IIe siècle avant notre ère (entre l’an 150 et 100 av. J.-C.). Il s’agissait, à l’origine, d’un « calculateur » dont les rouages de bronze étaient logés dans une caisse de bois d’environ 33 cm x 18 cm, boîtier fermé par deux plaques de bronze recouvertes d’inscriptions.



Il ne reste que 82 fragments de cette « machine », certains minuscules, tous rongés par la corrosion : ils sont à l’abri pour toujours au musée archéologique d’Athènes. Une étude tomographique (scanner à rayons X) très avancée a permis de révéler, en images exploitables scientifiquement et archéologiquement, de nombreux rouages internes, invisibles à l’œil nu, des roues dentées, ainsi que de nouvelles inscriptions cachées sous les concrétions : à peine un quart des lettres grecques archaïques de ce texte gravé sur la « machine » a pu être déchiffré, mais on considère qu’il s’agissait d’une sorte de « mode d’emploi » de ce calculateur mécanique, qu’on suppose également capable d’indiquer le mouvement de certaines planètes majeures. Les engrenages étaient entraînés par ce qu’on pense être une manivelle latérale – sans qu’on puisse exclure l’intervention possible d’un système hydraulique d’appoint.




Sur la piste du grand Archimède...

On admet aujourd’hui que cette machine aurait pu être conçue à Rhodes où vivait une communauté d’astronomes comme Hipparque, ainsi que des « mécaniciens » comme Poseidonios. Une nouvelle hypothèse se dessine : cette machine a probablement un rapport étroit avec Syracuse, en Sicile, la cité du célèbre génie mathématique Archimède, qui était alors une prospère colonie corinthienne. Le mécanisme d’Anticythère aurait pu y être conçu avant son naufrage au large de l’île dont il porte aujourd’hui le nom.



Dans l’état actuel des connaissances et selon les inscriptions qui ont été décodées, le mécanisme d’Anticythère pouvait indiquer différents cycles solaires et lunaires, probablement planétaires, en les rapportant aux calendriers civils de plusieurs grandes villes grecques (Corinthe, Delphes ou Olympie), en indiquant les dates des différents jeux de ces villes....



L’étude – encore très récente – du mécanisme d’Anticythère est loin d’être terminée, mais elle a relancé un vaste mouvement de réinterprétation et de reconfiguration de nos connaissances sur l’Antiquité. La réalité des savoirs mécaniques de ces savants grecs est un fantastique champ d’exploration. Il est même possible qu’on retrouve la trace, dans les textes ou dans les réserves cachées des musées, d’autres « machines » du même niveau que celle d’Anticythère.




Des rouages mécaniques qui expriment une vision mathématique
du cosmos

Le mécanisme d’Anticythère n’était pas une horloge capable de donner l’heure : les Grecs anciens ne vivaient pas le temps comme nous. Véritable cosmographe (machine à décrire le cosmos), et plus exactement sélénographe (machine à décrire les mouvements de la Lune) de très haute précision, le mécanisme d’ Anticythère pouvait indiquer de multiples cycles astronomiques, comme le cycle métonique (du nom de l’astronome grec Méton :



Il court sur 19 ans, soit 235 lunaisons ou le cycle callipique (du nom de l’astronome grec Callipe : il court sur 76 ans, soit 940 lunaisons ou quatre cycles métoniques), en les corrigeant de leurs imprécisions. Le mécanisme d’Anticythère indiquait également le cycle de Saros (223 lunaisons sur un peu plus de 18 ans), ainsi que le cycle Exeligmos (équivalent à trois cycles de Saros, soit 54 ans) qui servaient notamment à prédire les éclipses.



Le volume des données astronomiques compilées pour créer un modèle mathématique apte à synthétiser en rouages mécaniques de tels cycles laisse rêveur sur les capacités conceptuelles des savants et des mécaniciens de l’Antiquité. Si on admet qu’un ordinateur est capable de restituer en sortie d’autres informations que celles qui lui ont été données en entrée, la « machine » d’Anticythère est bien le premier ordinateur mécanique connu de l’histoire de l’humanité. Il devance d’un bon millénaire les premières horloges astronomiques réalisées, sur une toute autre échelle, dans les grandes villes européennes du Moyen Age.




La première montre jamais inspirée
par une découverte archéologique

En 2008, la révélation par le magazine scientifique Nature des analyses tomographiques pratiquées sur les fragments de la machine n’a pas manqué d’enflammer l’imagination de quelques horlogers un peu hardis. Mathias Buttet, qui est aujourd’hui Directeur R&D à la manufacture Hublot, a voulu rendre hommage au premier chef-d‘œuvre mécanique que nous a légué l’histoire. Un hommage technique, en miniaturisant aux dimensions d’une montre- bracelet l’ensemble de la mécanique d’Anticythère tel qu’il a été révélé par l’analyse scientifique. Un hommage horloger en ajoutant à ce calculateur astronomique une nouvelle dimension, celle d’un objet du temps à part entière, capable de donner l’heure avec précision.



C’est la première fois dans l’histoire des montres qu’un bureau de développement horloger s’est inspiré ainsi directement d’une mécanique « archéologique » héritée de l’Antiquité. C’est aussi la première fois qu’une équipe horlogère a travaillé ainsi, main dans la main, avec une équipe scientifique qui regroupe des sommités internationales de l’archéologie, de l’épigraphie et des historiens de la mécanique.



Les horlogers ont aidé les archéologues à mieux comprendre certains rouages et à valider certaines hypothèses mécaniques, tandis que les scientifiques ont révélé aux horlogers des solutions techniques oubliées depuis l’Antiquité (notamment des engrenages circulaires à cycles non linéaires).



La capacité même des mécaniciens de l’Antiquité à réaliser des rouages en bronze d’une telle efficacité ouvre de nouveaux horizons sur leurs rapports philosophiques au progrès technique et à la place des machines dans leur conception du monde – ce qui ne peut que nous questionner en retour sur notre propre relation aux machines et aux « prothèses » de la modernité...




Un respect intégral des indications astronomiques
du mécanisme imaginé par les grecs

Le défi de l’équipe de Mathias Buttet était d’intégrer un mouvement horloger dans une réinterprétation miniaturisée du mécanisme d’Anticythère, en respectant l’architecture de ce dernier, et notamment son double affichage recto-verso. La première performance de cette équipe a été de réaliser entre quelques centimètres cubes ce que les mécaniciens de l’Antiquité avaient développé en quelques milliers de centimètres cubes, sans rien perdre de l’esprit initial du mécanisme, ni de sa précision, ni de la lisibilité de ses indications.



Les heures et les minutes sont affichées de façon classique au centre du mouvement récréé par Hublot et présenté pour la première fois au musée des Arts et Métiers de Paris, dans le cadre de l’exposition « Anticythère, l’énigmatique machine surgie du fonds du temps ». Ce mouvement horloger est régulé par un tourbillon, tout aussi classique, dont la « cage » à 6 h fait un tour sur elle-même en une minute.



Les différentes indications connues de la « machine » d’Anticythère ont été respectées sur la future montre, au recto comme au verso. Sur la première face du mouvement : le calendrier des jeux Panhelléniques (qui désignait les villes accueillant ces jeux), le calendrier égyptien (12 mois de 30 jours, avec les jours épagomènes (supplémentaires), la position du soleil dans les constellations du Zodiaque, les phases de la Lune (dans une magistrale aiguille à guichet, qui indique la position de la Lune dans le zodiaque tout au long du mois synodique), ainsi que l’année sidérale. Au dos du mouvement horloger, on trouve le cycle Callipique, le cycle métonique, le cycle de Saros et le cycle Exeligmos.




Un hommage de la micro mécanique moderne
rendu aux mécaniciens de l’Antiquité

C’est la première fois dans l’histoire des objets du temps que ces cycles – hérités de l’Antiquité – sont étudiés, reproduits et affichés mécaniquement : l’équipe Hublot a dû, pour mettre au point certains de ces engrenages, développer un concept très innovant d’aiguilles télescopiques non circulaires, capables de pointer sur des disques en spirale de diamètre variable.



La montre Hublot « Anticythère », où est logé ce mouvement d’horlogerie dont l’idée est née dans l’Antiquité, a été présentée au salon horloger Baselworld au printemps 2012.





























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