Il y a 500 ans, le temps était encore une dimension peu précise. Les premières montres à porter sur soi, lesquelles venaient d’être inventées,
ne comportaient qu’une unique aiguille des heures. Des aiguilles des minutes et des secondes
ne vinrent la compléter que bien plus tard. A
l’époque des anciennes montres de poche, des
écarts de marche pouvant atteindre une demi-heure par jour étaient la règle. Dès 1759 pourtant, après l’invention par John Harrison du premier chronomètre de marine fonctionnel qui permettait également pour la première fois de déterminer la longitude précise en mer, la maîtrise du temps devint un savoir envié qui pouvait faire vaciller le pouvoir politique ou décider de la survie d’un équipage. Les observatoires astronomiques furent peu à peu les fournisseurs d’une
heure précise à la seconde près. En plus des
navigateurs, leurs services étaient sollicités par
les instituts scientifiques, les manufactures horlogères et, plus tard, les compagnies de chemins de fer.
Le régulateur, la mère de toutes les montres,
apparut à cette époque de progrès et de grandes inventions. Seules les étoiles pouvaient le
battre en exactitude. Il s’agissait d’une horloge
de précision sur laquelle les trois unités de mesure traditionnelles, l’heure, la minute et la seconde, occupaient des emplacements distincts.
Les chronomètres de marine, animés par un
ressort-moteur, présentaient eux aussi la même
disposition. Si les indications étaient excentrées,
il y avait à cela une raison d’une simplicité stupéfiante : l’aiguille «lente» des heures ne devait
pas nuire trop longtemps à la bonne lisibilité
de l’aiguille des secondes (petite, certes, mais
néanmoins essentielle) lorsqu’elle était positionnée dans la partie inférieure du cadran. C’est
pourquoi un cadran intérieur spécifique lui fut
attribué, où elle ne risquait pas de concurrencer
les autres aiguilles. Cette particularité explique
également la rotation isolée de l’aiguille des
minutes au milieu du cadran.
Le régulateur devint le symbole de l’heure la plus
précise jamais mesurée par l’homme. Il va de soi
que des manufactures horlogères comme IWC
faisaient, elles aussi, partie des clients des observatoires ; elles s’efforçaient de conserver le
plus longtemps possible la précieuse denrée,
l’heure exacte, en recourant à leurs propres horloges de précision qui servaient à leur tour de
référence pour observer la marche de toutes
les nouvelles montres.
A travers son régulateur en format de montre-bracelet, la manufacture schaffhousoise rend
hommage à ce chapitre majeur de l’histoire de
l’horlogerie. Si jadis, cette spécialité horlogère
ne fut guère répandue dans le domaine privé,
elle trouve de plus en plus d’adeptes de nos
jours : n’exprime-t-elle pas en effet que son utilisateur est un connaisseur qui sait apprécier cette
façon un peu particulière d’indiquer le temps ?
Plusieurs raisons expliquent le choix du boîtier
de 43,1mm de diamètre d’une Portugaise pour
y loger le premier régulateur d’IWC. Créées il y
a 70 ans pour le marché portugais, les «montres de poche pour le poignet» qui donnèrent
leur nom à toute une lignée de modèles étaient
déjà d’une remarquable précision et pouvaient
être considérées comme des instruments de référence. Le chef-d’œuvre mécanique inégalé qui
constitue leur vie intérieure est à la base de telles prouesses – le mouvement original de montre de poche IWC avec sa précision légendaire.
La Portugaise Régulateur reste fidèle à cette
tradition de la maison. Dotée du calibre 98245
de la manufacture IWC, elle est animée par un
mouvement de montre de poche qui ne compte
pas seulement parmi les plus beaux, mais sans
doute aussi parmi les plus authentiques que l’on
puisse encore trouver de nos jours dans le
monde.
Comme la désignation du calibre le dévoile déjà,
la construction de base de ce mouvement
repose sur le cal. 98, qu’IWC n’a cessé de perfectionner depuis plus de 70 ans et qui représente un véritable jalon de la technique horlogère. Il s’est allié certaines des caractéristiques
qualitatives des premiers mouvements de montre de poche IWC, qui remontent à l’époque de
son fondateur F.A. Jones, en1868. Parmi celles-ci, citons notamment une platine trois quarts
indéformable en maillechort et, comme particularité la plus typique, la longue flèche de raquette pour le réglage de précision, également appelée «flèche de Jones».
Au-delà de cette tradition, tout le détail des
progrès horlogers réalisés depuis l’époque de
Mister Jones se retrouve dans ce mouvement
high-end dont le balancier oscille à l’alternance
classique de 2,5Hz – comme le dispositif anti-choc, l’arrêt de la trotteuse ou le microréglage
par excentrique sur les bras du balancier à vis
en Glucydur. Un coup d’œil à travers le fond
transparent en verre saphir permet toutefois de
constater que seule une décoration spécifique
distingue ce mouvement de celui qui anime
également la Portugaise Special Edition Jones.
A l’abri des regards pourtant, la minuterie pla-
cée sous le cadran de la Portugaise Régulateur
a été modifiée de sorte à permettre l’indication
séparée de l’heure vers «12heures».
Le petit dernier de la lignée des Portugaises,
laquelle personnifie depuis longtemps l’une des
rares figures «éternelles» du design classique,
exprime pleinement les atouts de son format
géant sur le cadran argenté. Toutes les indications soulignent le but originel de ce type de
montre : indiquer le temps de manière claire et
précise. La longue aiguille lanciforme au centre
joue autant son rôle que la minuterie classique
«chemin de fer», dont le style s’inspire des rails
ferroviaires. L’aiguille des heures s’active dans
le petit cadran sous le «12» avec quatre indices
arabes. A l’autre extrémité, vers «6 heures», les
secondes s’égrènent sur le cadran intérieur. La
Portugaise Régulateur est limitée, comme nouvelle exclusivité, à 500 exemplaires dans une
édition en platine. Les versions en or rose
et acier surfin ne sont pas limitées. Les trois
montres sont munies de bracelets croco et
de fermoirs dans le même métal que la boîte.












