175 ans
Jaeger-LeCoultre célèbre 175 ans de développement continu
La Cote des Montres™ le 03 avril 2008

Premier temps fort, à partir d’avril 2008, la Galerie du Patrimoine Jaeger-LeCoultre accueille une exposition temporaire consacrée aux racines de la Manufacture.
L’aventure commence en 1833, lorsque l’horloger autodidacte Antoine LeCoultre s’établit à son compte suite à l’invention d’une machine à tailler les pignons d’horlogerie. L’invention est bientôt suivie de dizaines d’autres, puis de centaines de brevets dont chacun fait rayonner davantage l’horlogerie suisse. Le petit atelier grandit si vite qu’il est bientôt surnommé « la Grande Maison ». La Manufacture occupe en 1888 déjà près de 500 horlogers, techniciens et artistes.
Depuis 175 ans, Jaeger-LeCoultre a créé et fabriqué plus de 1000 calibres différents, déposé plus de 300 brevets. La Grande Maison compte à son actif des premières mondiales, des superlatifs et des montres de légende comme la Reverso, la Duoplan, la Memovox, la Polaris, la Gyrotourbillon I, ou encore la pendule perpétuelle Atmos. Aujourd’hui plus de 1000 personnes œuvrent sous les toits de la Manufacture et maîtrisent tous les savoir-faire horlogers pour en faire la marque la plus inventive de l’horlogerie.
Aux origines du village du Sentier,
berceau de Jaeger-LeCoultre
Rien ne semblait prédisposer la Vallée de Joux à devenir la Rome des grandes complications horlogères. Perchée à 1000 mètres d’altitude, hors de tout itinéraire commercial, cernée de cols souvent fermés par d’interminables hivers, la Vallée de Joux vit sous le règne d’un climat qui compte parmi les plus inhospitaliers de tout l’Arc jurassien. Ces conditions extrêmes ont singulièrement contribué au destin de la région. Elles ont aiguillonné l’esprit d’invention des femmes et des hommes qui s’y sont installés. Elles leur ont imposé la polyvalence, l’opiniâtreté, la patience et l’esprit d’entreprise. Elles leur ont appris à inventer pour survivre.
Les racines de
Jaeger-LeCoultre plongent au plus profond de l’histoire de la
Vallée de Joux. Dès le XVIe siècle, la famille LeCoultre y joue un rôle de pionnier. Réfugié Huguenot ayant fuit les persécutions religieuses en France, le lettré
Pierre LeCoultre (vers 1530 – vers 1600) obtient le statut convoité d’« habitant » de la ville de Genève en 1558. Animé par son goût de l’aventure et du défi, il quitte la cité de Calvin l’année suivante pour acquérir son premier terrain à la Vallée de Joux : une parcelle couverte de forêts, territoire des ours et des loups. La charte qu’il signe à cette occasion marque l’histoire régionale. Pierre LeCoultre s’engage à défricher la forêt, bâtir des maisons, cultiver des céréales et élever des animaux. En dépit des nombreux obstacles et des péripéties, la petite communauté fait souche et s’étoffe. Le fils de Pierre LeCoultre l’émancipe définitivement en bâtissant un temple en 1612, qui marque la naissance du village du Sentier.

Antoine LeCoultre, inventeur de génie
et fondateur de Jaeger-LeCoultre
Dixième génération depuis le premier
LeCoultre de la Vallée de Joux, le fondateur de la Manufacture Jaeger-LeCoultre se distingue dès son plus jeune âge par son caractère industrieux et visionnaire. Dans la petite forge familiale,
Antoine LeCoultre (1803-1881) s’initie aux mystères de la métallurgie. Il invente avec son père de nouveaux alliages, perfectionne les lames vibrantes des boîtes à musique et jette les bases de l’industrie des rasoirs. Sa soif de progrès et sa volonté à confronter les connaissances empiriques au savoir scientifique le mènent bientôt au plus noble des arts mécaniques : l’horlogerie.
En
1833, suite à l’invention d’une machine à tailler les pignons horlogers, Antoine LeCoultre fonde le premier atelier de ce qui deviendra la
Manufacture Jaeger-LeCoultre. Un à un, il acquiert les principaux savoir-faire horlogers nécessaires à la fabrication d’un mouvement horloger complet, s’approchant peu à peu de ce qu’il appelle son « plan primitif ». Il invente de nombreuses machines qui franchissent des pas de géants dans le domaine de la précision. Il crée le
Millionomètre (1844), premier instrument de l’histoire des techniques capable de mesurer le micron. En
1847, son «
remontoir à bascule » est le premier système fiable permettant de remonter la montre et de la remettre à l’heure sans utiliser de clé.
Des garde-temps au service de l’homme actif
des Trente glorieuses
Après le cataclysme de la Seconde guerre mondiale, l’Occident connaît un développement économique, démographique et urbain sans précédent durant trois décennies, présidées par les valeurs d’efficacité, de résistance et de libération de l’homme par la technique. Jaeger-LeCoultre contribue à ce mouvement en créant les montres de l’« homme actif » : celui qui doit reconstruire et repenser le monde. L’inventivité est orientée dans les domaines de la résistance aux chocs et au magnétisme, l’étanchéité, la précision chronométrique, et les fonctions utiles comme l’alarme, le calendrier, ou le remontage automatique.
En 1946, Jaeger-LeCoultre présente son premier calibre automatique : le Calibre Jaeger-LeCoultre 476. Depuis cette date, la Manufacture n’a cessé d’innover dans ce domaine : masse à butées, masses à rotor, masses en or, remontage unidirectionnel puis bidirectionnel, haute fréquence, billes en céramiques, etc.
Plus encore que la montre automatique, la
Memovox (littéralement la voix de la mémoire) incarne le temps organisé et efficace des Trente Glorieuses. Sa sonnerie rythme les échéances de la vie quotidienne: réveil, rendez-vous, horaires de train ou parcmètres. En 1956, la ligne Memovox s’enrichit d’une première mondiale, le Calibre Jaeger-LeCoultre 815 qui cumule la fonction de réveil avec le remontage automatique. Trois ans plus tard, ce calibre équipe le Memovox Deep Sea : première montre de plongée automatique à réveil. Elle est bientôt suivie de la Memovox Polaris qui devient le symbole de l’esprit conquérant des années 1960, et qui a servi de source d’inspiration majeure pour le design des lignes actuelles
Master Compressor et AMVOX.
Le 3 août 1958, le premier sous-marin nucléaire américain atteint le Pôle Nord dans un périple qui relie l’Océan Atlantique au Pacifique par la voix la plus directe et la plus rapide. Quelques mois plus tard, Genève offre le
Chronomètre Geophysic de Jaeger-LeCoultre à William R. Anderson, commandant du sous-marin, en hommage à son exploit technique et humain.

Des fonctions quotidiennes
aux raffinements mécaniques exclusifs
Dotées de fonctions d’usage quotidien (réveil, remontage automatique, fuseaux horaires…), les créations des Trente Glorieuses comme la
Memovox, la Futurematic ou la Geophysic ont légué leur philosophie à l’actuelle ligne
Master Control. Créée en
1992, cette dernière marque une étape fondamentale dans la conquête de la précision puisque que, pour mériter son titre de «
Master », chaque montre finie doit dès lors sortir victorieuse d’une batterie de six épreuves redoutables effectuées durant 1000 heures, soit environ six semaines ! Pour créer cette nouvelle référence, la Manufacture jouit à cette époque d’une expérience plus que séculaire. Elle s’appuie en particulier sur les travaux relatifs aux calibres à haute fréquence, introduits en 1970 et sur les progrès des systèmes de remontage automatiques à rotor, introduits en 1959. Expression du classicisme horloger absolu, la ligne Master Control s’enrichit bientôt de créations dotées de complications horlogères classiques comme le calendrier perpétuel, le tourbillon, ou la répétition minutes.
En
1991, la
Reverso accueille ses premières complications. La saga des série limitées Reverso en or rose puis en platine peut commencer : tourbillon, répétition minutes, calendrier perpétuel, chronographe rétrograde… En
1994, la
Reverso Duoface propose pour la première fois deux cadrans dos à dos offrant deux fuseaux horaires. Sa petite sœur la
Reverso Duetto est créée en 1997 pour les femmes : son verso évoque le temps du jour alors que son verso serti célèbre les heures de la nuit.
Le XXIe siècle, ou la créativité sans limite
Placées sous le signe de l’invention, les premières années du XXIe siècle comptent parmi les plus fécondes de toute l’histoire de Jaeger-LeCoultre : depuis le passage à l’an 2000, la Manufacture a créé plus de 50 nouveaux calibres ! Parmi lesquels des grandes complications, tourbillons, répétitions minutes, chronographes, quantième perpétuels, 15 jours de réserve de marche, premier calibre dépourvu lubrifiant, etc. Simultanément, plus de 50 brevets ont été déposés pour protéger des inventions aussi bien dans les domaines des mouvements que des boîtiers. Des montres ultra-compliquées aux créations de haute joaillerie, en passant par les Atmos compliquées, les
AMVOX, Master Compressor Diving ou encore les
Reverso Squadra, Jaeger-LeCoultre s’impose comme la référence de la Grande Horlogerie.
Le
XXIe marque une autre étape majeure de l’histoire de Jaeger-LeCoultre : la création des premières
montres-bracelets à grandes complications (soit au moins trois complications majeures dans une montre). En
2004, les horlogers de la Manufacture créent la
Gyrotourbillon I. Montre superlative, elle offre le tourbillon sphérique gravitant sur deux axes ; un calendrier perpétuel à indicateurs double rétrograde et un heure solaire marchante. Pour couronner le tout, elle offre une autonomie de huit jours. L’assemblage et le réglage de ce chef-d’œuvre sont confiés à un seul horloger. Son Calibre Jaeger-LeCoultre 177 ne compte pas moins de 679 composants. Quant aux quelque 100 composants du tourbillon sphérique, ils pèsent à peine un tiers de gramme.
Première montre de l’histoire de l’horlogerie dotée de trois cadrans animés par un seul mouvement, la Reverso grande complication à triptyque interprète trois dimensions temporelles. Sur son recto, l’heure civile est rythmée par un tourbillon isomètre à ellipse. Son verso offre une équation du temps et le calendrier zodiacal. Son troisième cadran est intégré à son brancard : un calendrier perpétuel instantané est actionné tous les 24 heures, à minuit sonnantes.
En
2008, Jaeger-LeCoultre rend hommage à l’esprit pionnier de ses fondateurs en créant quatre séries limitées en or rose, chacune pourvue de complications emblématiques de l’histoire de la marque : la répétition minutes, le calendrier perpétuel, le tourbillon et les calibres ultraplats. Réplique des
Memovox Polaris de 1965 et 1968, la
Memovox Tribute to Polaris rappelle les grandes heures de l’histoire de Jaeger-LeCoultre dans le domaine des montres de plongée. Une collection prodigieuse d’
Atmos ouvre de nouveaux horizons pour la célèbre pendule perpétuelle qui célèbre ses 80 ans. Quant à la
Reverso Gyrotourbillon 2, elle offre pour la première fois à la célèbre montre réversible un tourbillon sphérique. Elle ajoute au jeu du retournement de son boîtier la rotation savante de son tourbillon sur 2 axes, rythmé par les mouvements d’un spiral cylindrique : nouvelle étape dans la précision horlogères des montres de poignet qui s’exprime dorénavant en fractions de seconde par jour.

175 ans d’inventions
au service de la Haute Horlogerie
Depuis 175 ans, décennie après décennie, à mesure que de nouveaux savoir-faire ont été intégrés à la Grande Maison de la Vallée de Joux, les bâtiments se sont ajoutés les uns aux autres, dans le prolongement de l’atelier originel d’Antoine LeCoultre, au cœur du village du Sentier, à un jet de pierre de l’endroit où Pierre LeCoultre acquit son premier terrain en 1559. Les toits de la Manufacture se sont multipliés pour former un ensemble architectural complexe qui, bien plus qu’un sanctuaire de la Belle Horlogerie, constitue aujourd’hui un prodigieux espace de création. Espace qui verra ses murs grandir encore durant les années à venir puisqu’en 2008, la première pierre est posée d’un imposant bâtiment qui offrira 9000 m2 d’ateliers supplémentaires.
Sous les toits de la Grande Maison, chaque jour, plus de 1000 personnes maîtrisant plus de 40 métiers horlogers et plus de 20 technologies inventent, conçoivent, fabriquent, assemblent, règlent, sertissent, gravent ou émaillent des garde-temps uniques qui font rayonner et renouvellent en permanence la grande tradition horlogère suisse.