• Joailliers de Napoléon
Marie-Etienne Nitot (1750-1809) et François-Regnault Nitot (1779-1853)Après avoir fait son apprentissage auprès d’Auber, joaillier de la Reine Marie-Antoinette et ouvert son propre magasin, Nitot se constitue, avant la Révolution française de 1789, une clientèle aristocratique. Mais c’est à partir de 1802, en devenant le joaillier attitré de Napoléon, qu’il acquiert renommée et fortune. Avec son fils, François-Regnault, il crée des bijoux qui correspondent parfaitement aux symboles de pouvoir et de faste qu’impose l’empire.
• La période romantique
Jean-Baptiste Fossin (1786-1848) et Jules Fossin (1808-1869)À la chute de l’empire en 1815, François-Regnault Nitot se retire du métier. Il cède son affaire à son Chef d’Atelier, Jean-Baptiste Fossin, rejoint rapidement par son fils Jules. Leur interprétation élégante des bijoux romantiques inspirée des Arts de la Renaissance italienne et du XVIIIème français séduit l’élite de l’époque dont la Duchesse de Berry et toute la famille de Louis-Philippe, Roi de France (1830-1848). Les Fossin excellent dans la joaillerie de style naturaliste. Parmi les grands clients étrangers de l’époque : Anatole Demidoff, Prince russe marié à la nièce de l’Empereur Napoléon 1er, la Princesse Mathilde Bonaparte. Tout le charme et le savoir-faire de Fossin attirent aussi une clientèle composée de peintres, de sculpteurs, d’écrivains et d’artistes de théâtre.
• Le Second Empire
Jean-Valentin Morel (1794-1860) et Prosper Morel (1825-18 ?)La révolution de 1848 eut pour conséquence de ralentir considérablement l’activité commerciale à Paris. La nécessité d’aller démarcher une clientèle étrangère s’impose. Fossin s’établit à Londres, où il envoie son Chef d’Atelier Jean-Valentin Morel. Assisté de son fils Prosper, Morel séduit une clientèle prestigieuse et devient le joaillier de la Reine Victoria. À la déclaration du Second Empire par Napoléon III en 1852, Morel décide de rentrer en France. Son fils Prosper succède à Jules Fossin en 1862. Après le mariage d’Eugénie de Montijo et de Napoléon III en 1853, Paris retrouve une vie brillante et renoue avec sa réputation internationale de haut lieu du luxe et de la mode. Une atmosphère propice à la création de joyaux à porter le jour ou le soir avec les somptueuses robes de bal.
• La Belle Epoque
Joseph Chaumet (1852-1928)b>Joseph Chaumet en épousant la fille de Prosper Morel et en prenant le contrôle de la Maison en 1885 s’imposera en maître incontestable de la Belle Epoque par une créativité tout à fait exceptionnelle. En créant des bijoux à la fois élégants et imposants, il attirera dans son magasin situé 12, place Vendôme à partir de 1907 une clientèle royale et aristocratique ainsi que de nombreux milliardaires. Les diadèmes et les aigrettes, emblème social et accessoire de mode constituent une activité très importante pour la Maison. Les parures à porter le jour trouvent leur inspiration dans la renaissance. L’influence de l’art japonais suscite beaucoup d’enthousiasme et occupe une place privilégiée dans l’histoire du style Chaumet.
• L’Art Déco
Marcel Chaumet (1886-1964)Marcel Chaumet initié au métier de joaillier par son père Joseph, lui succède en 1928. Le style des bijoux devient plus géométrique en harmonie avec le « genre garçon » des années 1920, qui se féminisera dans les années 1930. Ce style donne naissance à l’Art Déco couronné par l’exposition des Arts Décoratifs à Paris en 1925 et caractérisé par de forts contrastes de couleurs et de matériaux.
• L’Epoque Contemporaine
Dans le sillage du New Look de Christian Dior, Chaumet a su maintenir sa réputation de style et de qualité. Les dessins se font l’écho du bon goût de la Parisienne, toujours à la recherche de nouveauté. Jusqu’en 1965, Haute Joaillerie et Haute Couture sont indissociables. À partir des années 1970, le bijou en or, facile à porter, correspond pour les femmes à un premier achat. Chaumet s’internationalise et prouve qu’il demeure résolument ancré dans la modernité en lançant les collections d’horlogerie Khésis, Style ou Class One. La Maison invente également de nouveaux « mythes » intemporels comme l’Anneau et les Liens. Au cœur des tendances, Chaumet, contemporain et classique à la fois, reste définitivement très Chaumet.

















































































