L’Événement

Réunissant la tradition horlogère et l’excellence du savoir-faire joaillier, Van Cleef & Arpels crée ainsi des garde-temps d’exception. Le Temps Poétique rend hommage à ces créations au travers de photographies signées.
Guy Lucas de Pesloüan

Lancement du livre « Le Temps poétique »

Préfacé par le philosophe et membre de L’Académie française
Michel Serres

La Cote des Montres™ le 15 décembre 2009



Van Cleef & Arpels rend hommage à sa propre histoire avec un livre qui réunit ses plus grandes créations. Sous l’œil du photographe français Guy Lucas de Pesloüan, le temps s’arrête pour permettre de mieux admirer ces trésors. Stanislas de Quercize, président-directeur général de la maison et Nicolas Bos, directeur international de la création et du marketing, narrent l’histoire depuis ses débuts et rendent hommage au travail passionné des fondateurs dont les traces se retrouvent encore aujourd’hui au cœur des créations. À noter, la préface du philosophe et membre de L’Académie française Michel Serres.

Interview de Michel Serres

Le philosophe Michel Serres signe un texte très éclairant, intitulé Dur et Doux, Travail et Œuvre, en préface du livre Le Temps poétique, consacré à l’horlogerie Van Cleef & Arpels. Homme de grande culture, encyclopédiste des temps modernes, il a depuis longtemps rompu avec la traditionnelle distinction universitaire entre les sciences et les sciences humaines. Une vision large de l’humanité qui rend sa pensée unique, forte.



On ne présente plus le philosophe, enseignant à La Sorbonne, à Paris, et à l’Université Stanford, en Californie, où il contribue depuis de longues années à nourrir ce que les Américains appellent la French Theory. Chacun de ses ouvrages est un événement. Citons-en quelques-uns : Les cinq sens, le Tiers-instruit, Rome, le livre des fondations, Hominescence, Le Mal propre, La Guerre mondiale. Les analyses, qu’il livre à ses lecteurs dans un style poétique, fluide, personnel, s’appliquent à de très nombreux objets, aussi divers qu’étonnants, on pense à Hergé, mon ami, qu’il dédie au créateur de Tintin, héros planétaire de la bande-dessinée.

Michel Serres nous explique, ici, les raisons de son attirance pour les pierres précieuses. Puis, appuyant sa pensée sur la complexité des mécanismes de la Haute Horlogerie, il parle de la merveilleuse histoire du Temps, des calendriers, de la lune, des étoiles. Et de l’urgence à réinventer tous nos modèles au vu des nouvelles technologies de l’information, du Hard et du Soft.

Entre autres honneurs venus récompenser son œuvre prolifique, Michel Serres a été élu membre de l’Académie française en mars 1990.



Vous signez un texte, intitulé Dur et Doux, Travail et Œuvre, dans le livre Le Temps poétique: quel a été votre première impression en visitant les ateliers Van Cleef & Arpels ?
Cette visite m’a plutôt renvoyé à une très ancienne impression. En effet, lorsque j’ai eu vingt ans, ma première idée fut de réaliser un livre sur les pierres précieuses. J’avais une grande passion pour ces choses-là. J’avais même été jusqu’à Anvers afin de visiter des ateliers. Ce projet n’a pas eu de suites car je n’avais pas les moyens matériels de le réaliser. Donc je l’ai auto-oublié et puis, l’âge venu, je suis devenu alpiniste et un de mes guides au cours d’une ascension m’a raconté que sa fille travaillait chez Van Cleef & Arpels. Et voilà, j’ai pris contact avec elle, puis j’ai rencontré le président actuel Stanislas de Quercize avec lequel je suis devenu assez ami ; comme il voulait faire un livre, j’en ai profité pour écrire un texte sur un sujet qui avait conservé pour moi tout son attrait.

D’où vous vient ce goût des pierres ?
Pour une raison très simple ! Mon père était casseur de cailloux. Il travaillait des roches plus communes, comme le quartz ou la pierre de la Garonne. Est-ce parce que nous étions dans les pierres communes que je voulais voir les pierres précieuses ? Cela a du sens. Ecrivez-le.

Dans votre texte vous revenez sur la distinction entre Doux et Dur que l’on trouve dans nombre de vos livres: pouvez-nous en dire davantage ?
C’est une distinction très soulignée depuis l’apparition des nouvelles technologies. On distingue le matériel et le logiciel, ce qui en anglais se dit hard et soft, ce qui se traduit en dur et doux, tout simplement. La tradition de toutes les sciences jusqu’à aujourd’hui était de travailler sur les forces, sur l’énergie ; maintenant presque toutes les sciences commencent à prendre au sérieux la notion d’information, de codage. Et dans ce domaine, la chimie, la biochimie ont été leaders, aujourd’hui cette distinction entre l’information et l’énergie se répand dans toutes les disciplines, par conséquent la philosophie est obligée de penser cette distinction-là.

Comment se traduit cette notion du doux et du dur chez les artisans d’art de Van Cleef & Arpels ?
Quelle pierre est plus dure que le diamant ? Mais quelle pierre, une fois taillée, joue à ce point avec la lumière, l’air, la couleur. Je ne sais quel miracle fait que le dur est le doux soi-même dans l’œuvre du lapidaire.



Vous avez dit que « philosopher, c’est anticiper » : tailler des pierres précieuses demande un haut degré d’anticipation, est-ce aussi une manière de philosopher ?
Non, je crois que c’est très distinct ! Quand je dis cela, la philosophie comme travail d’anticipation, il y a une double idée dans cet énoncé. La première est de critiquer la plupart des philosophes qui ne font que de l’histoire de la philosophie, c'est-à-dire qu’ils retardent beaucoup ; la deuxième est de donner à la philosophie un devoir. Regardez comme aujourd’hui on est embêté de ne pas avoir d’organisation permettant de changer de société, de ne pas avoir de possible, on n’a aucune idée de remplacement… Les philosophes n’ont pas fait leur travail d’anticipation.

Selon vous, il faudrait reprendre le Grand Récit du Monde au vu des technologies récentes qui rendent obsolètes les modèles sur lesquels vivent les sociétés ?
On vit, en effet, sur de vieux modèles, alors que le monde a changé comme jamais il n’a changé dans toute l’histoire. Mais nous nous éloignons peut-être de ma visite dans les ateliers de Van Cleef & Arpels, qu’en pensez-vous ?

La datation nous y ramène. Vous dites qu’elle a réussi à expliquer en partie la formation du monde, parce qu’elle donne l’âge de toutes les pierres…
Nous connaissons aujourd’hui en géologie, en physique du globe, en théorie des plaques et en cristallographie, l’âge de toutes les pierres sur la terre et on connaît aussi la manière dont elles se sont solidifiées. Ces connaissances portent sur un demi-siècle. Cela me fait penser à un très joli roman de Jules Verne L’Etoile du sud qui déjà développait des idées anticipatrices sur cette question. Ce roman, qui se passe en Afrique du Sud, doit dater des dernières années du XIXe siècle, de 1884 me semble-t-il. C’est l’histoire d’un ingénieur français qui tente de fabriquer un diamant artificiel noir, prénommé l’Etoile du sud, et qui découvre ensuite les veines diamantifères sud-africaines.

Dans votre texte, vous parlez du langage des pierres : croyez-vous en ce pouvoir ?
Ce n’est pas moi qui invente ce langage, cette croyance est une très vieille histoire. Depuis très longtemps on dit que telle pierre porte bonheur, telle autre apporte le chagrin ou l’amour. Il y a un langage des pierres magico-poétique comme il y a un langage des fleurs…

…Et un langage des nombres ?
Je crois à la théorie des nombres, théorie fantastiquement développée aujourd’hui, mais le langage numérologique me fait rire. J’espère que vous n’allez pas me faire passer pour un numérologue ! Le côté symbolique des nombres, non vraiment, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais chacun croit ce qu’il veut…



La maison Van Cleef & Arpels, c’est aussi l’horlogerie : vous qui êtes aussi mathématicien, quelle complication horlogère aimeriez-vous inventer ?
La plus belle montre que j’ai jamais vue de ma vie représentait une carte du monde avec les endroits de la planète illuminés par le soleil, c’est-à-dire le jour, et ceux obscurcis par la nuit venue. Au fur et à mesure que le temps passait, on voyait certaine parties du monde s’éclairer et d’autres entrer dans la nuit. Cela serait sans doute difficile à reproduire sur l’espace restreint d’une montre-bracelet, mais envisageable pour une horloge de bureau ou de salon. Une montre qui montrerait le passage de la lumière, les jours, les saisons. Avec les décalages horaires en plus. Cette carte devient alors un résumé de l’espace/temps. A San Franscisco en ce moment il fait nuit ; alors qu’à Paris il fait grand jour, nous sommes le matin.

Ce qui vous intéresse dans une montre, plus que l’heure, ce sont les marques, les signes que l’usage inscrit sur le cadran, le bracelet : pourquoi ?
Il y a deux sortes de temps. Celui porté par la montre et toute montre n’est rien d’autre qu’un planétaire de poche. Elle mime la circulation des planètes et de la terre autour du soleil. Ce temps là est un temps qu’on appelle réversible. Il y a mille ans, le lundi 22 juin, il était déjà neuf heures. C’est un temps qui se répète autant de fois qu’on veut. Et il y a un temps qui est celui du vieillissement. Je suis vieux, vous êtes jeune, j’ai été jeune, je ne le suis plus, je suis fatigué, j’étais en pleine forme, ma montre est usée, elle était neuve. Dans l’usure même du métal de ma montre, il y a un second temps qui s’inscrit. Il y a le temps que « montre » la montre et le temps qu’elle ne montre pas. L’usure du bracelet et des chiffres montrent le temps du vieillissement qui est un temps tout différent.

Il y a le temps de l’emploi du temps, nous avions rendez-vous ce matin, et le temps de ma fatigue, j’ai mal dormi cette nuit. Le second temps ne se compte pas. Les nombres ne servent à rien pour ce temps-là.

A quelle époque le temps a-t-il été fixé en heures et en minutes ?
C’est une très, très longue histoire ! Chez les Grecs, chez les Latins, il existait des heures qui étaient des divisions fixes de la journée. Celles de l’été étaient longues, celles de l’hiver étaient courtes. Le mot était le même, mais la chose était différente. D’autre part, le calendrier, entreprise qui a commencé il y a des milliers d’années, s’est affiné progressivement. Cela dit, les astronomes qui ont mis au point le calendrier des Grecs sont des gens d’une précision exemplaire car, comme vous le savez, nous n’avons pas perdu une seconde depuis le début de l’ère chrétienne, bien que les calendriers aient changé. Il y a eu le julien, le grégorien… D’autre part, il y a des civilisations qui ont le calendrier lunaire, en général les civilisations sémitiques, comme celles des Juifs et des Musulmans, et il y a des calendriers solaires que nous avons adoptés en occident depuis environ une quinzaine de siècles.



Par exemple, la fête de pâques qui est commune aux Chrétiens et aux Juifs, se compte chez les Juifs selon le rythme lunaire, et chez les Chrétiens selon la différence entre le rythme lunaire et le rythme solaire. C’est ce qu’on appelle l’épacte. Quelquefois la lune est considérée comme plus naturelle, quelquefois c’est le soleil. La lune est très intéressante d’un point de vue biologique à cause, par exemple, de la menstruation féminine. Au contraire, les saisons sont évidemment solaires. Ainsi, les deux calendriers ont des motifs de se prétendre tous les deux naturels.

« Si tu veux perdre ton temps, songe à le sauver, si tu veux le sauver, songe à le perdre » : pouvez-vous commentez cette phrase que vous avez écrite ?
La plupart des choses importantes de la vie sont indépendantes de l’emploi du temps. L’emploi du temps, c’est bien pour l’exercice, c’est bien pour le travail, la régularité, mais il se trouve que les rencontres, les innovations, les inventions, les coups de chance sont indépendants de la régularité du temps. Toute la question est de marier dans sa propre vie le régulier et l’irrégulier. Notre civilisation est extrêmement formatée, nous sommes sans doute beaucoup plus esclaves que nous ne l’avons jamais été dans l’histoire. Il y a le travail posté, les rythmes de production et les gens prosternés devant la télévision trois heures par jour. Mais les adolescents surfent sur Internet. Pour eux, la télévision est un media virtuellement mort. Et les journaux sont déjà morts, mais ça, vous le savez ! Dans ce domaine aussi, il y a une régularité du temps qui a été interrompue.

Michel Serres, est-ce que vous portez une montre ?
Non, jamais ! Pas de montre parce que ça ne me paraît pas nécessaire de me gêner. Ca me fait mal au poignet.

Vous n’aimez rien de ce qui vous serre ?
Ah, oui, c’est ça, c’est à cause de mon nom !

Propos recueillis par Dominique Frétard

Interview de Franco Cologni

Franco Cologni, Milanais d’exception, grand stratège de la création horlogère et de la joaillerie, a écrit un texte passionnant pour le Livre Le Temps Poétique, dernier-né des ouvrages consacrés à Van Cleef & Arpels.



Est-ce parce qu’il venait du théâtre, de la littérature ? Est-ce parce que, très tôt, dans sa famille, il fut initié à la culture et aux belles choses? Franco Cologni a réussi dans le domaine du luxe, comme seuls savent le faire ceux qui viennent d’ailleurs, alliant un génie de l’anticipation marketing à la création la plus sophistiquée. C’est un visionnaire. Après une carrière brillante chez Cartier, il devient un des dirigeants du Groupe Richemont. Désireux de se désengager de quelques-unes de ses nombreuses fonctions et titres honorifiques, l’homme reste cependant au « Comité stratégique Produits et Communication » de Richemont ainsi qu’à la Présidence de la Fondation de la Haute Horlogerie qui organise le Salon de Genève. Comment se passer de lui ? Lui, il veut écrire et désormais transmettre tout ce qu’il a appris. Et comme toujours, continuer à faire cinq choses à la fois. C’est comme ça que Franco Cologni aime vivre.

Dans le texte que vous avez écrit dans le livre de Van Cleef & Arpels intitulé Le Temps poétique, vous citez Les Géorgiques de Virgile, est-ce rendre hommage à la préciosité du temps que de porter une montre d’exception ?
FC : Quand Virgile écrit Les Géorgiques, le temps se mesurait avec la lumière ou l’obscurité, le soleil, la lune et les étoiles. Ces complications, provoquées par les mouvements de la lumière, sont encore plus précieuses que celles d’une montre contemporaine, car la lumière n’est pas seulement la source des heures, elle est avant tout la source de la vie. La vie et le temps ont donc partie liée. C’est pourquoi considérer la préciosité d’un instant de vie qui s’enfuit, pour ne jamais revenir, c’est reconnaître le temps comme la chose la plus chère, la plus rare au monde. Il va sans dire qu’il est alors cohérent, comme le sont les deux faces d’une même médaille, de mesurer ce temps si précieux à l’aide d’une montre d’exception, tout aussi précieuse, fabriquée selon les critères d’exigence de la Haute Horlogerie Van Cleef & Arpels.



Le “&” de Van Cleef & Arpels symbolise l’union de deux familles, de l’Amour, mais aussi le meilleur de deux mondes, la Haute Horlogerie et la Haute Joaillerie. Comment se matérialise cette union dans les créations de la maison ?
FC : Ce symbole typographique “&” incarne l’union de plusieurs univers en interface constante: l’un plus familial, intime, celui des deux fondateurs qui ont lié leurs noms à une idée de joaillerie poétique et unique; et l’autre plus objectif, celui des maîtres-artisans qui travaillent pour réaliser des créations qui, dans le monde entier, sont devenues synonymes de luxe, préciosité, recherche, beauté. Cet univers des artisans joailliers, à son tour, se lie à celui des maîtres horlogers. Ainsi s’opère une union fructueuse entre la vision, le sentiment, la créativité et plusieurs savoir-faire qui permettent de passer de l’idée à sa réalisation parfaite. Dans ce mariage, comme dans le meilleur des mariages, chacun conserve sa liberté de création dans le respect et l’alchimie d’une formule commune.

Van Cleef & Arpels a considérablement développé son activité de commandes spéciales et de pièces uniques : que pensez-vous de cette tendance du marché ? Comment y répondez-vous ?
FC : Les commandes spéciales, parce qu’elles proviennent le plus souvent des clients les plus exigeants, ont été à l’origine de nombreux et beaux progrès. Mais seulement les maisons les plus inspirées, les plus attentives à leur héritage et à leur savoir-faire, savent satisfaire ces commandes, parce qu’elles les transcendent. Elles anticipent les désirs et lisent dans les cœurs. Cette « lecture des cœurs » a toujours été dans l’ADN de Van Cleef & Arpels, elle possède quelque chose de magique. Aujourd’hui, la clientèle très haut de gamme, celle qui a le goût des pièces exclusives, prouve, alors que nous allons vers la globalisation, la massification, que l’unique et le beau se rejoignent et qu’au-delà, l’unique devient l’expression du Beau.

Le savoir-faire de la Maison Van Cleef & Arpels en Haute Joaillerie lui a permis de réhabiliter des métiers d’art tels que le laquage, la marqueterie de nacre, l’émail… Parlez-nous du renouveau de ces métiers et de ces artisans ?
FC : Les métiers d’art appartiennent à un univers fascinant, mais aussi très mystérieux. Pour bien parler des professions que vous mentionnez et pour présenter les nombreuses autres figures qui jouent un rôle essentiel dans la réalisation d’une montre ou d’une pièce de haute joaillerie, il nous faudrait l’espace d’un livre, pas d’une simple interview! Il est possible d’identifier une première ligne de démarcation entre, par exemple, les métiers du “visage” et du “corps” et ceux de l’”âme”. Les artisans qui travaillent sur le visage et le corps d’une montre sont plus proches de la joaillerie, car c’est à eux qu’il revient de rendre magnifique et indiscutable le cadran de la montre, la forme définitive de la boîte et son bracelet, et les détails. Mais pour donner une âme à ce visage et à ce corps, il faut que les maîtres-horlogers créent les complications nécessaires à assurer le parfait fonctionnement de la montre. Les progrès techniques, technologiques et ceux du goût ont porté, comme vous le faites remarquer, à un renouveau de ces métiers d’art, qui ont su garder leur excellence atemporelle et un savoir-faire sans lequel il n’y aurait ni Haute Joaillerie, ni Haute Horlogerie. Mais il va sans dire qu’on ne peut pas se renouveler sans se préoccuper des jeunes énergies ; dans les ateliers Van Cleef & Arpels, plusieurs générations travaillent ensemble, pour permettre à l’ancienne sagesse de rencontrer la contemporanéité afin que cette proximité stimule les richesses créatives des uns et des autres dans l’unique but de fabriquer la plus belle œuvre possible.



Et le Serti Mystérieux ?
FC : Le Serti Mystérieux est une invention qui, elle aussi, fait partie de l’ADN et de l’histoire de la marque. Elle a vu le jour pendant la Grande Crise de 1929 ; en ces temps difficiles, Van Cleef & Arpels pensait déjà à l’après-crise, se projetait dans l’avenir, ce qui était une manière de se libérer mentalement de la crise. Cette invention, quintessence du pouvoir et de l’intelligence de la main tant elle est difficile et complexe à réaliser, est ensuite devenue le leitmotiv de la maison, un signe immédiatement reconnaissable, une sorte de signature magique. Le nom de Van Cleef & Arpels, qui historiquement est lié à la joaillerie, pourrait bien être associé un jour à l’horlogerie. Après tout, nous sommes, nous aussi, dans une période de crise, comme en 1929, et c’est dans ces périodes que nous sommes amenés à imaginer l’avenir et à trouver des solutions et des savoir-faire imprévus pour rebondir. Avec créativité, passion et… mystère. A l’image de notre Serti Mystérieux.

Le mouvement Quantième de Saisons, associant l’indication des heures et des minutes à celle des saisons, a ouvert le monde des complications mécaniques aux femmes. Que pensez-vous de cet engouement ?
FC : La femme a découvert les secrets de l’horlogerie mécanique depuis très peu d’années. Par nature curieuse et intelligente, les “secrets” de ces nouvelles complications poétiques de chez Van Cleef & Arpels sollicitent son imagination et sa fantaisie, c’est donc une nouvelle voie prometteuse qui s’ouvre pour l’avenir. Mais attention, il faut toujours penser à l’élégance et au charme, pas seulement au mécanisme. Les hommes, eux, sont passionnés de complications et de technologies de toutes sortes, mais pour les femmes la recherche stylistique est une priorité.

Avec la montre Midnight in Paris, Van Cleef & Arpels permet aux hommes, non seulement de maîtriser le temps en indiquant la position exacte des étoiles, mais aussi de posséder un morceau d’éternité puisque le mouvement est serti d’un morceau de météorite. Avec cette création unique, la maison ouvre-t-elle aux hommes la voie d’un nouveau romantisme ?
FC: Il serait faux de penser que les hommes ne sont pas sensibles au romantisme ; si nous considérons l’histoire de la littérature et de la poésie, nous observons que les hommes y sont plus nombreux que les femmes, même si la plupart dédient leurs créations à la gente féminine. De toutes façons, hommes et femmes ont besoin de poésie. La communication vulgaire basée sur le sexe et l’excès ne pourra jamais convenir pour les produits de vrai luxe comme les joyaux et les montres. Le vrai romantisme ne se nourrit pas de banalité, encore moins de tape-à-l’œil, mais de beauté et de rêve. Van Cleef & Arpels combine tous ces éléments en une alchimie qui entre en parfaite correspondance avec le caractère très particulier des clients qui font de chaque instant un trésor.





Vous êtes un visionnaire, quelle montre souhaiteriez-vous voir naître dans les ateliers Van Cleef & Arpels ?
FC : Une vision est toujours liée à une perspective, qui se fonde sur le futur, ce que l’on ne sait pas, aussi bien que sur le passé, le vécu qui forge l’identité. Chaque création qui voit le jour chez Van Cleef & Arpels vient au monde dans la perspective de la Maison ; à savoir, des joyaux et des montres qui durent le temps d’une vie et qui expriment la poésie, l’amour et la passion qui ont été apportés à leur réalisation. Je voudrais voir toujours plus de personnes comprendre ce message que propose depuis toujours Van Cleef & Arpels avec discrétion et magnificence.

Ma vision d’une nouvelle montre ? Une montre qui puisse enregistrer et mémoriser les instants précieux de ma vie. Une chose irréalisable, malheureusement… mais on sait jamais…

Propos recueillis par Louis de Meckenheim

Interview de Stanislas de Quercize et Nicolas Bos

22, Place Vendôme ou la création permanente

Stanislas de Quercize et Nicolas Bos ne parlent que d’amour. Enfin presque. Ils sont étonnants. Le premier est Président Directeur Général de Van Cleef & Arpels et le second, Directeur de la création. Ils parlent d’amour, mais aussi de bonheur et de beauté, de rêves, d’humanité. « Van Cleef & Arpels est unique », affirment les deux hommes.



Et ils le prouvent. A l’occasion de la parution du livre Le Temps poétique, suite inséparable de Reflets d’éternité, Stanislas de Quercize et Nicolas Bos, créations à l’appui, expliquent l’histoire, moins connue, de la Haute Horlogerie chez Van Cleef & Arpels. Et disent à quel point l’esprit des fondateurs, celui d’Estelle Arpels et d’Alfred Van Cleef - dont le mariage en 1896 consacra l’alliance de deux familles de diamantaires flamands- a également transformé les habitudes horlogères. Et à quel point leur vision d’une poétique du temps, originale, liée à l’imaginaire, se révèle encore aujourd’hui, et plus que jamais, d’une modernité parfaite.

Et s’il fallait, de but en blanc, se livrer au jeu qui consisterait à choisir un homme pour incarner l’identité Van Cleef & Arpels : quel serait l’élu ? « Un poète, bien sûr, dont les mots ont le pouvoir de changer notre vision du monde », répond sans hésiter Stanislas de Quercize. Et s’il fallait une femme ? « Je vois une très belle femme, forcément, dit, de son côté, Nicolas Bos. Qui aurait cette allure rare, à la fois suprême et désinvolte…»

Quelles valeurs de la maison Van Cleef & Arpels voulez-vous transmettre à travers le livre Le Temps Poétique ?
Stanislas de Quercize : Nous croyons à un monde meilleur. Nous croyons à l’amour. Estelle Arpels et Alfred Van Cleef se sont aimés, c’est indéniable. Je ne connais pas de maisons de joaillerie qui se soient construites autour de l’amour, du patrimoine familial. Encore aujourd’hui nous vivons sous l’empreinte de ce sceau. Deux êtres amoureux veulent clamer leur amour au monde entier, et en 1906, le centre du monde, c’est Paris. Ils s’installent au 22, Place Vendôme, face à l’Hôtel Ritz, qui a ouvert deux ans plus tôt, et qui déjà attirait une clientèle cosmopolite et sophistiquée. C’est le début des voyages et des villégiatures dans les stations balnéaires. Van Cleef & Arpels est présent dès 1910 à Deauville, Cannes, Nice, Monte-Carlo, Vichy, Le Touquet. Nos deux jeunes gens sont iconoclastes. Ils n’ont peur de rien. Ils vont donc tout oser.
Nicolas Bos : A travers Le Temps poétique, nous souhaitons dévoiler une histoire qui est peu connue et qui va en surprendre plus d’un, y compris parmi les familiers de la maison. En effet, si la joaillerie a légitimement établi notre renommée, très vite, sous l’influence de Charles, Julien et Louis, les trois frères d’Estelle entrés l’un après l’autre dans l’affaire, la marque a développé deux lignes en parallèle : l’horlogerie et les objets de curiosités, dont la fabrication reprend l’esthétique et les techniques de la joaillerie, les pierres et les matières précieuses, les bois rares. La première minaudière, par exemple, sac précieux du soir, a été inventée par Charles Arpels. Cette création répondait à une demande de l’Américaine Florence Jay Gould qui cherchait un moyen d’emporter ses objets personnels dans un réticule plus élégant que la boite en fer qu’elle transportait partout avec elle. Aujourd’hui, la minaudière revient en force. C’est un objet de mode.



Ce discours sur l’amour, très inattendu, est-il une caractéristique spécifique à Van Cleef & Arpels ?
S de Q : L’amour est au cœur de notre maison et la poésie aussi. Car rien ne se fait sans les grands poètes, les visionnaires. Chacun sait qu’il n’y a plus besoin aujourd’hui d’une montre pour lire l’heure, il y a l’ordinateur, le téléphone portable, la télévision. En revanche, pour dire que le temps est précieux, qu’il nous est compté, nos montres sont l’incarnation même d’un temps qui est avant tout poésie. Chez nous les roses n’ont pas d’épines, les animaux sauvages n’ont pas de griffes. Notre univers est peuplé de fées - la fée Ondine, la Fée Libellule, la Fée Caresse d’Eole - qui aident à formuler les vœux et, bien sûr, à les exaucer.

Nous sommes là pour faciliter l’expression de l’amour ; ce n’est jamais facile de dire « je t’aime ». On ne ferait pas tant de films sur le sujet si ça l’était ! Une montre comme Midnight in Paris, avec sa belle voûte étoilée, ouvre à l’univers, au mystère. L’homme respire plus large quand il la contemple, il se sent relié au cosmos. Cette montre dit qu’il ne faut pas faire les choses à moitié, qu’il faut goûter pleinement chaque seconde de sa vie.

Comment êtes-vous arrivés à cette notion de « complications poétiques » qui ouvrent aux femmes le monde, plutôt masculin, des technologies horlogères de pointe ?
S de Q : En créant des complications inouïes, le monde horloger s’adresse en priorité aux hommes, fascinés par ces mécanismes à la technologie très élaborée. Les hommes adorent ouvrir une montre, comme ils soulèvent un capot de voiture, pour voir comment ça fonctionne ! Au tic/tac de la mécanique si séduisante, nous avons privilégié le toc/toc des battements d’un cœur. Ce temps-là, plus humanisé, est plus émouvant aussi. C’est celui qu’entend la femme qui serre son enfant sur son cœur. C’est celui de la femme aimée. Ce choix de complications, qui seraient aussi poétiques, repose sur la fine compréhension de la femme et de ses goûts.
N B : L’identité profonde de la montre pour homme est incarnée par la PA49, créée en 1949 par Pierre Arpels pour son propre usage. C’est un grand classique de l’horlogerie, extra-plate, raffinée, élégante. Nous avons une manière joaillière d’envisager l’horlogerie. C’est pourquoi, il y a quelques années, nous avons demandé aux meilleurs inventeurs de complications de réfléchir à un temps qui reprendrait les trois thèmes principaux de la maison. C'est-à-dire : la Nature avec les feuilles, les fleurs, les oiseaux, les insectes ; la Couture avec les résilles, les nœuds, les dentelles; et l’Imaginaire avec les fées, les contes, les mythes. Autant de motifs qui expriment vie et mouvement. Chez nous, la fleur n’est pas immobile, elle s’ouvre, le papillon n’est pas à l’arrêt, il s’envole. Avec pour conséquence une spécificité esthétique de Van Cleef & Arpels : l’asymétrie. L’asymétrie qui est le signe du vivant. Et paradoxalement de l’harmonie.

Pouvez-vous détailler quelques-unes de vos montres à complications poétiques qui séduisent les femmes ?
N B : Nous avons travaillé avec le magnifique atelier de Jean-Marc Wiederrecht. Cet homme est un grand concepteur de mécanismes, mais c’est aussi un poète et un horloger dans la tradition des maîtres du 17e et 18e siècles. Passionné par les livres d’astronomie et d’astrologie, il s’est pris au jeu du temps poétique, et de cette collaboration est née la montre Midnight in Paris. Non seulement ce modèle reproduit au détail près la carte des étoiles, mais il est orné de véritables fragments de météorites, sertis à l’arrière de son disque.



En 2006, pour fêter notre Centenaire, nous avons eu envie d’une montre sur le thème des saisons, avec un dessin qui se métamorphoserait imperceptiblement au fil des 365 jours de l’année, faisant défiler non pas un temps linéaire qui donnerait l’idée du vieillissement, mais à l’inverse un temps cyclique qui régénère. Les flocons de neige laissent la place aux papillons et aux arbres en fleurs. La lenteur est un défi dans la complication aussi difficile à obtenir que l’extrême rapidité. Il faut une année pour réaliser cette montre Saisons.
S de Q : Nous avons toujours pensé qu’il était réducteur, voire simpliste, de couper les hommes de leur sensibilité, de leur sens artistique. Le monde est plus compliqué, heureusement, que la simple équation homme/femme. C’est très important pour nous, presqu’une philosophie. Les grands collectionneurs d’art ne sont-ils pas le plus souvent des hommes ?

Peut-on dire que Van Cleef & Arpels a inventé l’horlogerie narrative ?
N B : C’est l’identité même de notre maison. Influencée en ses débuts par l’Art Nouveau, l’imaginaire, la nature fantastique, par l’univers d’un peintre comme Odilon Redon, ou plus tard d’un Magritte, la narration est une source d’inspiration inépuisable d’où surgissent des contes et des fées. Créée dans les années 1940, la Fée devient emblématique de la maison, comme l’incarne notre montre Féerie où l’aile de notre fée indique les minutes et la baguette magique montre les heures. Nos complications poétiques disent aussi la vie d’aujourd’hui, comme celles imaginées pour Romance à Paris, promenade amoureuse dans des lieux qui symbolisent la capitale, ou Mercredi à Paris, qui renoue avec les jeux de l’enfance et les ballons multicolores qui s’échappent vers le ciel.
S de Q : Nous écrivons l’histoire de la maison en même temps que celle de nos clients. Ces derniers aiment les objets personnalisés. Ainsi le modèle Midnight in Paris s’est-il transformé en Midnight in Moscow ou Midnight in Monte-Carlo, avec des cieux adaptés à la géographie climatique des villes.

Certaines de vos collections déclinent le thème de la chance, la maison est-elle superstitieuse ?
N B : Le sens originel du bijou est d’être un talisman, un porte-bonheur qui attire la sympathie des dieux. Les fondateurs étaient-ils superstitieux ? Même s’ils ne l’étaient pas, ils pensaient qu’un porte-bonheur ne fait jamais de mal. La coccinelle qui prend son envol, le trèfle à quatre feuilles du motif Alhambra, repris de l’architecture islamique et créé en 1968. Ou encore la collection Charms. Van Cleef & Arpels a toujours défendu cette alliance entre la culture populaire au sens noble, c’est-à-dire dans ce qu’elle a d’universel, et l’extrême raffinement. Notre collection Le Songe d’une Nuit d’été s’adresse autant aux connaisseurs de Shakespeare qu’aux amateurs d’Harry Potter… Est-ce un hasard si actuellement nos montres les plus vendues sont, en effet, celles des collections Charms et Féérie. La montre Cadenas, très beau classique des années 1930, reste une vente constante, comme tous nos bijoux inspirés par les Arts Décoratifs.



Quel rôle jouent les commandes spéciales ?
S de Q : Encore le mois dernier, nous avons livré une très belle commande à un Malais, grand-père de 27 petits-enfants, qui voulait pour chacune d’entre eux un bijou identique mais différent. Son choix s’est porté sur un même papillon en bois d’amourette laqué, mais qui porterait des variations suffisantes pour signifier, à la fois l’identité du sang et le caractère unique de chaque enfant. Un homme vient de fêter un vingtième anniversaire, de quoi, mystère, en commandant vingt montres Tourbillon. Récemment, la demande d’un homme nous a fait rêver, il a demandé que nous personnalisions la montre qu’il venait d’acheter, en y gravant : « Rendez-vous à quatre heures »… Chaque jour, quelque part dans le monde, il y a une commande spéciale faite à Van Cleef & Arpels.

Avez-vous reçu des commandes impossibles ?
S de Q : La Duchesse de Windsor voulait un collier qui s’ouvre et se ferme selon le principe de la fermeture à glissière. Ce tour de force a été réalisé en diamants et rubis, je vous laisse imaginer les problèmes qu’il a fallu résoudre pour la taille des pierres. L’intelligence de la main poussée à son point ultime. Douze ans ont été nécessaires à nos équipes pour gagner ce défi splendide. Le système du Zip, mis au point en 1950, a été décliné et rencontre encore aujourd’hui un très grand succès. La Maison ne dit jamais « Impossible » !

Parlez-nous des fameuses Mains d’or ?
S de Q : Une de nos Mains d’Or a pour habitude d’embrasser ses mains pour les remercier de leur génie joaillier. Nos artisans d’art, héritiers d’un savoir plus que centenaire, savent qu’ils peuvent tout entreprendre car ils travaillent tous ensemble. Ils forment une chaîne où celui qui a plus de quarante ans de maison côtoie l’apprenti de dix-huit ans. Ce sont des chercheurs. C’est la quête de la maison que de toujours inventer, d’où leur grande humilité, mais aussi leur fierté. Par exemple, le Serti Mystérieux, brevet de sertissage invisible, déposé en 1933, originalité incomparable de la maison Van Cleef & Arpels, vient encore d’être affiné. Cette technique permet d’éviter les griffes et l’enchâssement, laissant à la pierre toute son intégrité, tout son éclat. La patience est la qualité cardinale. Il faut huit à dix mois pour les pièces les plus simples. Et les nouveaux venus s’appliquent à la perfection en travaillant « à blanc » pendant deux ans. La pierre ne se laisse pas brusquer. Nous réalisons en ce moment même une commande sublime, celle d’un collier de rubis en Serti Mystérieux. Il ne sera livré qu’en septembre 2010. Nos clients aussi sont patients, ils acceptent ces délais, l’excellence est au prix de cette attente.

Ressentez-vous les effets de la crise ?
S de Q : L’histoire de la famille Van Cleef & Arpels est un exemple pour savoir comment se comporter en temps de crise.En 1939, la maison de la Place Vendôme ferme. Pour échapper au nazisme, la famille émigre aux Etats-Unis et ouvre une boutique sur la Cinquième Avenue, à New York, avant de partir à la conquête de Los Angeles, puis de la Floride. Cet exil explique pourquoi la marque est très liée à la clientèle américaine, au cinéma. La Place Vendôme et la Cinquième Avenue restent nos deux principaux points de vente.
Fidèles à l’esprit des fondateurs, nous avons voulu, malgré la crise, maintenir la publication de ce livre Le Temps poétique, riche des images signées par Guy Lucas de Peslouan, un maître de la photographie d’objets. Et pour prolonger cet esprit positif, nous nous préparons à célébrer les 70 ans de notre implantation américaine en créant une nouvelle collection intitulée California Rêverie, en hommage aux paysages de la côte ouest. La crise n’est pas un état, c’est un passage qui oblige à se projeter en avant. La première crise est la naissance, pour preuve, le bébé pleure. Puis, ça va mieux. De passage en passage, on apprend à rebondir, à se poser les bonnes questions.



Etre dans l’inventivité permanente vous évite-t-il de jouer sur la mode du vintage, tendance au repli d’une époque qui manque de créativité ?
N B : Au sujet des pièces anciennes, nous avons deux politiques. Dès les années 1980, Jacques Arpels a commencé à collecter nos bijoux et nos montres. Ce fonds, aujourd’hui constitué de plus de 400 pièces, s’appelle La Collection Van Cleef & Arpels. Il sert de réserve pour les expositions thématiques que nous organisons dans le monde entier. A titre d’exemple, à partir du 31 octobre prochain nous organisons au Mori Museum, à Tokyo, une exposition The Spirit of Beauty, avec pour emblème notre Fée. Si nous avons été les premiers à ouvrir à New York, nous sommes également pionniers au Japon, où nous avons un réseau de 15 boutiques, développé dès 1973. L’inspiration de l’Asie est présente dès l’origine de la maison.

D’autre part, nous avons ouvert une boutique, toujours au 22, Place Vendôme, mais aussi à New York, pour la revente de pièces anciennes qui nous paraissent représenter la quintessence Van Cleef & Arpels, tels le bracelet Ludo, les clips oiseaux des années 1950, les grands colliers de turquoises des années 1960. Il y a toujours eu beaucoup de goût pour ces bijoux et ces montres, comme en témoignent les ventes aux enchères, où la marque est la plus recherchée des collectionneurs… Dans la période que nous traversons, il y a aussi la recherche d’une valeur patrimoniale évidente, un besoin d’authenticité. Acheter un de nos bijoux est un placement au même titre qu’une œuvre d’art. Nous les revendons avec une garantie et une traçabilité complètes. En la matière, le pedigree est essentiel.

Quelle montre portez-vous aujourd’hui ?
S de Q : Une montre squelette en or rose. Dans ce modèle les secondes repartent en arrière. J’adore cette idée de remonter le temps, donc de le maîtriser, même si ce n’est qu’une douce illusion !

Propos recueillis par Dominique Frétard

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