Brève

Walter Lange fête ses 90 ans

« Ne jamais rester immobile ! » telle est sa devise !

La Cote des Montres™ le 15 juillet 2014



Lorsque Walter Lange a relancé la marque A. Lange & Söhne il y a 20 ans, il a transformé le monde de l'Horlogerie. Le 29 juillet, il célébrera son 90e anniversaire - et plus que jamais il se dévoue à l'œuvre de sa vie.

Alors qu’il avait plus de soixante ans, au lieu de prendre sa retraite, il crée une entreprise. Le 7 Décembre 1990, dans sa ville natale de Glashütte, qu’il a dû quitter en 1948 après que sa famille soit expropriée, il fonde Lange Uhren GmbH et ramène à la vie l'héritage laissé par ses ancêtres. 145 années auparavant, jour pour jour, son arrière-grand-père Ferdinand A. Lange avait créé sa Manufacture de montres et posé les bases de la Haute Horlogerie en Saxonie.

La chute du mur de Berlin et la réunification allemande offrent à Walter Lange une occasion historique: il pouvait faire de son rêve – créer les meilleures montres du monde en Saxe - une réalité. Il la saisit. Optimiste et idéaliste, il veut apporter du travail à Glashütte et donner aux habitants de sa ville natale un nouvel espoir pour l'avenir.

Le 24 Octobre 1994, après quatre années intensives de construction et de développement de la part de l'équipe dirigée par Walter Lange et son partenaire d'affaires Günter Blümlein, a lieu la présentation de la première collection Lange de l'ère nouvelle. Ce premier quatuor de montres - quatre modèles classiques du plus grand raffinement technique avec un savoir-faire parfait - a dépassé toutes les attentes et ressuscité la légende horlogère. Le fait que l’illustre nom de A. Lange & Söhne renaisse a provoqué un nouveau paradigme : l'Art de la Haute Horlogerie a trouvé une deuxième maison, en dehors de la Suisse.

Walter Lange peut être fier de l'œuvre de sa vie. Après une longue série de succès horlogers, A. Lange & Söhne s’est établie comme une marque mondiale de luxe dans une soixantaine de pays. La petite équipe initiale, une entreprise qui employait une quinzaine de personnes, a bien grandi en 20 ans. Les quatre pièces d'horlogerie de la première collection ont donné lieu à cinq familles de montres imposantes, comprenant plus de 70 références. Mais ce qui lui donne le plus de satisfaction, c'est que plus de 1300 personnes ont maintenant des emplois chez A.Lange & Söhne dans sa ville natale. Et la croissance est toujours là.

Même si Walter Lange ne prend pas part activement aux affaires quotidiennes de l'entreprise, il continue de suivre le développement de « son » usine à titre de conseiller expert et, comme il dit lui-même, il est un « pont de l'histoire ». Lors de salons commerciaux et d’événements importants, il fait une apparition en tant que représentant de la marque, estimée de tous.

Bien qu'il soit trop modeste pour le dire, le fait que A. Lange & Söhne existe encore aujourd'hui est principalement dû à son courage. Son travail de pionnier et l'entreprise qu'il a fondée ont fait de Glashütte la capitale allemande de l'horlogerie. Pour ses réalisations, il a reçu les Clés de la Ville de Glashütte en 1995, et en 1998 l'Ordre du Mérite de l'Etat libre de Saxe. En 2013, la Fondation Suisse de la Haute Horlogerie (FHH) a honoré « l'homme sans qui la merveilleuse renaissance de A. Lange & Söhne n'aurait pas été possible » avec la distinction « Hommage à la Passion ». Particulièrement heureux d'avoir obtenu ce prix pour l'œuvre de sa vie à Lausanne, il ajoute, avec une étincelle dans les yeux : « En Suisse, de surcroît ».

Entretien avec Walter Lange

à l'occasion de son 90e anniversaire

Le 29 Juillet 2014, vous allez célébrer votre 90e anniversaire. Une bonne raison de revenir sur vos accomplissements. Quel a été le meilleur moment de votre vie ?
Je vais être honnête: c'est mon enfance, même si cela semble plutôt banal. J'étais insouciant alors je ne me préoccupais pas des soucis des adultes; je vivais de petites aventures tous les jours et j'ai grandi dans une famille très attentionnée. Quand je repense à ma vie, ce sont les meilleurs souvenirs.

Vous êtes né dans une famille d'horlogers. À quand remonte votre première rencontre avec les montres ?
Aujourd'hui, les enfants jouent avec des voitures électriques ou des ordinateurs. Quand j'étais jeune, j'avais un kit horloger. Je ne me souviens pas quel âge j'avais, mais j'ai assemblé une montre avec les pièces. Enfant, j'ai passé beaucoup de temps dans la manufacture; qui a eu un grand impact dès le début.

Et puis, vous avez suivi une formation d’horlogerie ?
Oui, quand j'avais 16 ans, j'ai suivi la tradition familiale. A cette époque, seuls les cours de master étaient disponibles à Glashütte, alors je suis allé à Karlstein en Autriche. Après un an et demi, j'ai dû interrompre l'apprentissage parce que j'ai été appelé par l'armée. Après la guerre, j'ai continué mon apprentissage avec Alfred Helwig à l'École d'Horlogerie de Glashütte.

Quel a été le pire moment de votre vie ?
C'était durant la Seconde Guerre Mondiale après avoir été blessé par une balle dans la jambe; j'ai passé plusieurs heures couché, complètement immobile, sur le champ de bataille. Je n'osais pas ramper hors de la zone de danger avant la nuit. La guerre et tous les souvenirs qui lui sont associés me hantent encore aujourd’hui.

Le dernier jour de la guerre, vous avez été témoin du bombardement de la manufacture.
Oui, c'était un événement terrible. Je rentrais par la mer Baltique et je me suis retrouvé dans un hôpital de campagne près de Glashütte où ma blessure à la jambe a été soignée. C'était une heureuse circonstance, un coup de chance si vous voulez. Mon père a obtenu un congé pour moi, du 7 au 15 mai 1945. J’étais tellement heureux d'être enfin avec ma famille. Mais le 8 mai, le matin, l'alerte à la bombe a rententi et notre bâtiment principal a été détruit dans un bombardement.

Les entreprises horlogères à Glashütte ont été expropriées après la guerre. Comment avez-vous vécu cette période ?
A cette époque, mon père Rudolf et ses deux frères Otto et Gerhard géraient la manufacture. Bien sûr, nous avons essayé de continuer à travailler et à reconstruire les installations de production. J'ai eu de longues discussions avec mon père et mon oncle Otto concernant l'avenir de l'entreprise. Nous avons commencé à développer le calibre 28 pour une montre-bracelet, mais avant que la production soit lancée, l'entreprise a été expropriée - en Avril 1948. Mon père et ses frères n’étaient plus autorisés à entrer dans la manufacture. On m'a demandé d'adhérer au syndicat, mais j’ai refusé. Par la suite, j'ai évité le travail forcé dans une mine d'uranium en fuyant ma ville natale une nuit de Novembre 1948.

Après son expropriation en 1948, la société est devenue une propriété publique et a fusionné avec d'autres entreprises horlogères de Glashütte en 1951. Le nom A. Lange & Söhne n’était plus utilisé. Vous êtes allé à Pforzheim. Comment avez-vous vécu cette situation de loin ?
Avec une grande préoccupation. Je m’inquiétais surtout pour mon père, qui était dévasté par l'expropriation. Il est venu vivre avec nous à Pforzheim, mais il ne pouvait pas faire face à la perte de la manufacture et de son domicile. Il est décédé moins d'un an après. Nous pensions tous que l'entreprise familiale était perdue à jamais, et nous avions le cœur brisé.

Vous avez eu le courage de relancer l'activité horlogère à Glashütte, le 7 Décembre 1990. Était-ce difficile ?
C'était un risque, mais la seule façon pour moi d'aller bien. Lorsque le mur de Berlin est tombé, j’étais déjà à la retraite. Mais je ne pouvais tout simplement pas laisser passer cette occasion de faire revivre l'héritage de mes ancêtres. Le 7 Décembre 1990 est un des jours les plus importants de ma vie. J’ai réinscrit la marque en utilisant l'adresse d'un ancien camarade de classe à l'école primaire à Glashütte. Nous avons dû tout recommencer de zéro.

Que s’est il passé ensuite ?
Pendant les premières semaines et mois, nous avons dû surmonter de nombreux obstacles. Il y a une histoire dont je me souviens encore très bien. En 1990-1991, nous avons négocié le retour du domaine de la famille Lange, qui avait été confisqué, avec l'agence de confiance Treuhand. Le mercredi avant Pâques, j'ai rencontré le Président de Treuhand, Detlev Karsten Rohwedder. Après notre conversation, j’ai enfin eu le sentiment d’avoir parlé à la bonne personne. Cinq jours plus tard, le lundi de Pâques dans la soirée, Rohwedder a été abattu à son domicile. J'étais stupéfait. Les négociations qui ont suivi avec Treuhand concernant le retour de la propriété ont été infructueuses. Il a fallu attendre l'année 2000 pour racheter le bâtiment à la ville de Glashütte.

Qui a été votre confident le plus important ?
Mon partenaire Günter Blümlein. Sans lui, la reprise aurait certainement été impossible. Blümlein était un homme d'action et un visionnaire. Il pensait les choses sur le long terme. Il était un excellent stratège et avait du talent pour la conception des montres et le marketing.

A quel point étiez vous proches ?
Nous avons passé beaucoup de temps ensemble après la réunification de l'Allemagne. Nous nous retrouvions souvent ensemble autour d'un verre de vin rouge à Ladenmühle, un petit hôtel près de Glashütte. Il a toujours voulu que je lui raconte l'ancien temps, à propos de la manufacture de mes ancêtres. Ce sont des soirées merveilleuses dont je me souviens avec émotion. Après, nous avons regretté le fait de ne pas avoir enregistré nos conversations avec un dictaphone. Les jours precedents la présentation de notre première collection en Octobre 1994 ont été particulièrement excitants. A cette époque, Blümlein et moi partagions le même bureau. Nous nous sommes assis en face de nos machines à écrire et, ensemble, nous avons discuté du contenu de nos discours pour la première conférence de presse. C’est tragique que Blümlein soit décédé si jeune.

Pouvez-vous résumer votre vision de la renaissance ?
Dès le départ, nous voulions développer des montres qui étaient élégantes et classiques en apparence, mais à la fois très modernes.

Lorsque vous avez commencé avec une équipe de 15 personnes, pensiez vous que A. Lange & Söhne pourrait à nouveau devenir une société d'envergure mondiale ?
C'est, bien sûr, ce que nous espérions. Après tout, mes ancêtres avaient connu un succès international avec leurs montres de poche. Les propriétaires de montres historiques Lange du monde entier nous contactent encore aujourd'hui. Au départ, nous voulions vendre nos nouvelles montres en Allemagne et en Europe. Mais nous avons eu des demandes de l'étranger, assez rapidement. Je me réjouis que nous ayons réussi le repositionnement de A. Lange & Söhne sur la scène internationale.

Quel a été le point culminant de votre carrière ?
C'est difficile à dire. La conférence de presse réussie le 24 Octobre 1994, lorsque nous avons présenté notre première collection, était un moment très important. Il y a eu un autre moment comme ça en 2013, lorsque nous avons présenté notre GRANDE COMPLICATION - une édition limitée à six pièces - à Genève. À ce moment, j'ai eu de nouveau le sentiment que Lange faisait avait fait le bon choix. Je me suis senti fier de la tradition, de l'entreprise et de l’équipe.

Et ce que vous ravit le plus ?
Les résultats qui ont été obtenus après des débuts modestes. Lange n’est pas la seule entreprise à Glashütte. Et Glashütte est redevenu le centre de l'industrie horlogère allemande. Plus de 1300 personnes ont trouvé un emploi ici et transformé la région en un "paysage florissant”. Bien sûr, je suis heureux du rôle que A. Lange & Söhne a joué dans ce processus. Comme c'était le cas à l'époque de mon grand-père, Lange est la force motrice de la région. Je crois que la plupart des gens le voient comme ça.

Un dicton : Pas de succès sans échec. Quelle a été votre plus échec le plus amère ?
L’expropriation en 1948 est une de mes plus amères expériences. Mais c’était encore pire d’assister à la chute progressive de la manufacture nationalisée.

Le premier apprenti travaille encore chez A.Lange & Söhne aujourd'hui. Vous tutoyez vous ?
En 1997, nous avons commencé à former deux horlogers. L'un d'eux est toujours dans l'entreprise. Aujourd'hui, il appartient à l'équipe de développement de produits et contribue à la conception de nouveaux calibres. C’est un jeune homme plutôt réservé. Je crois que pour lui, je suis tout simplement "Monsieur Lange", comme pour tout le monde.

Qu'aimez-vous chez les habitants de Glashütte ?
J'aime leur calme et leur sang-froid, ce qui dérange sans doute les gens de la ville. Mais perfection et vitesse ne font pas bon ménage.


Accomplissements

Quelles sont les caractéristiques typiques d'une montre A.Lange & Söhne ?
Un jour, Günter Blümlein a dit que la montre Lange était un mélange d’arts : un fier héritage, la passion de notre équipe pour l'horlogerie de précision, le style de l'entreprise, le respect de ses traditions, et enfin la technologie unique et l'artisanat auquel nous tenons. Je ne peux qu'être d'accord.

Vous demande-t-on votre nom régulièrement ? Êtes vous à l’aise avec cela ?
Heureusement, Lange est un nom commun. En dehors des milieux horlogers, je suis rarement confronté à des questions sur ce sujet. Pour moi, il représente principalement la responsabilité. Et ce qui est moins associé au nom lui-même qu’aux traditions familliale, l'entreprise, la ville de Glashütte et les personnes qui vivent et travaillent ici. Enfant, j'ai vu le chômage de masse dans les années 1920 et 1930, et j'ai réalisé combien mes parents craignaient d'avoir à laisser les employés partir. Cela a influencé ma façon de penser. C’était une raison importante pour le rétablissement de notre manufacture. Lorsque le mur de Berlin est tombé, ma première préoccupation n’était pas de faire revivre le nom A. Lange & Söhne mais d'apporter au peuple de Glashütte une nouvelle perspective. Je voulais ramener des emplois à Glashütte.

M. Lange, pouvez-vous encore compter vos prix d'excellence ?
Je n'en ai vraiment pas beaucoup. En Juillet 1998, j'ai reçu la Médaille du Mérite de l'Etat libre de Saxe. Je suis aussi un fier citoyen d'honneur de Glashütte depuis 1995. J’étais particulièrement heureux de recevoir l’ “Hommage à la Passion" pour mon travail, remis l'année dernière par la FHH - La Fondation de la Haute Horlogerie - à Lausanne. En Suisse, de surcroît !

Pour quel accomplissement de votre vie voudriez-vous vous donner un prix ?
Ah, d'autres devraient le faire. Je suis reconnaissant pour toute la chance que j'ai eue au cours de ma vie. Parfois, je pense : "Le destin m'a épargné pour Glashütte". Sans la renaissance de A.Lange & Söhne, Glashütte serait très différent aujourd'hui. Je suis heureux d'avoir contribué à la relance de l'industrie horlogère dans notre communauté des monts Métallifères. C'est merveilleux de voir tant de gens créer des montres à Glashütte. Cela me rend heureux.

Quelle est votre vision pour l'avenir de l'entreprise ?
Je ne suis plus impliqué dans les activités quotidiennes. Mais j’assiste toujours aux événements importants. Tant que nos horlogers chercheront à élaborer les meilleures montres du monde, la marque ira dans la bonne direction. Nous ne pouvons pas baisser nos exigences en interne: la qualité est ce qui caractérise Lange. Ça doit le rester.


Passion

Vous avez beaucoup voyagé. Quel endroit vous a le plus impressionné ?
J'ai visité de nombreux pays et je me suis senti à l'aise dans de nombreux endroits. Les pyramides de Gizeh en Egypte étaient particulièrement impressionnantes. Se tenir devant ces structures gigantesques, sachant que Cléopâtre était là il y a 2000 ans et qu’elles étaient exactement les mêmes qu’aujourd’hui ... les dimensions sont inimaginables. Les anciennes villes des Mayas au Mexique m'ont profondément impressionnées également. Ou bien jetez un oeil à la Voûte verte à Dresde avec ses œuvres d'art en ivoire, ambre et argent. Quand vous pensez à ce que les gens ont accompli à l'époque, sans les avantages de la technologie moderne, en utilisant des outils simples, cela me fascine énormément.

Et Glashütte ? Vous aimez la ville aujourd'hui ?
Glashütte est une belle ville maintenant. Peu importe où vous regardez : les imperfections de la ville ont disparu, ce qui me rend heureux. En Avril dernier, j'étais sur la montagne près de l'observatoire. Il y a un banc qui vous donne une vue magnifique sur la ville. Une photographie qui remonte à mon enfance montre mon père, avec mes frères et moi, assis sur ce banc. Nous y étions souvent pour profiter d'un pique-nique et se prélasser au soleil. Après tout, il y a plus de soleil là- haut que dans la vallée.

Quelles personnalités vous ont laissé l'impression la plus durable ?
Mon père a toujours été un modèle et un mentor pour moi. Mon oncle Otto était aussi une personne très importante dans ma vie en ce qui concerne l'art de l'horlogerie. Quand j'étais enfant, il m’emmenait souvent dans les ateliers et me montrait beaucoup de choses.

Votre plus grande force ?
Peut-être mon entêtement. Si j'avais abandonné l'espoir de faire revivre les vieilles traditions, je serais devenu un retraité ordinaire en 1990. Mais pour moi, à 66, un nouveau chapitre de ma vie a commencé. C'est encore la même chose aujourd'hui : si quelque chose est important pour moi, je le soutiens avec toute mon énergie. Je dis aux gens ce que j’aime - et aussi ce que je n'aime pas, ce qui n’est pas toujours facile avec les personnes concernées. Mais c'est acceptable à mon âge et avec mon expérience, je pense.

Vous souvenez-vous de votre première montre ?
Oui, c'était une montre-bracelet Cyma. J’ai reçu une montre Lange pour ma confirmation. C'était un OLIW. L'abréviation de "Original Lange Internationales Werk". Lancée dans les années 1920, c'était la ligne la plus abordable de A. Lange & Söhne.

Combien de montres possédez-vous personnellement et quelle est votre favorite ?
C'est un nombre raisonnable. Êtant horloger, j'ai un faible pour les complications techniques. C'est pourquoi j’aime porter le Tourbillon « Pour le Mérite » de la première collection, aussi parce que cette montre est un rappel de la renaissance de la marque A. Lange & Söhne.

Quelles sont les autres marques horlogères que vous admirez ?
J'aime les pendules faites par Erwin Sattler à Munich. J'ai eu une fois un ensemble de pièces pour une telle horloge et je les ai assemblées moi-même. Ce fut une véritable joie. L'horloge est encore accrochée dans ma maison.

Quoi d'autre, en dehors de montres, suscite votre enthousiasme ?
J'ai un penchant pour les voitures anciennes. Je me souviens très bien de mon moteur arrière de Fiat 600. Ma femme et moi sommes allés au col du Brenner avec. Je klaxonnais tout le long du chemin car je devais garder l'accélérateur enfoncé. Les gens le long de la route ont fait un bond en arrière pour nous laisser la place. Il y a aussi ma moto Horex 350 avec son merveilleux son. Ma femme s'asseyait dans le side-car. Nous avons eu de merveilleuses excursions avec. Il y a deux ans, j'ai conduit ma Mercedes convertible au Concours d’Elegance au bord du lac de Côme. Son moteur trois litres fredonnait, c’était le bonheur. Mon cœur battait encore plus vite quand je suis arrivé à Côme et que j'ai vu tant d’incroyables voitures classiques au même endroit !

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes aujourd'hui ?
Chaque génération doit découvrir sa propre voie. Une chose, peut-être : à mon avis, il y a trop de d’insatisfaits à ce jour. Tout le monde est stressé, rien n'est juste. Les conditions étaient totalement différentes quand j'étais jeune. Lorsque nous partions à Dresde, ma mère emballait quelques pommes de terre bouillies pour nos provisions, c'était tout. Ou bien après la guerre, un repas se composait d'une soupe d'eau avec pommes de terre râpées, un soi-disant "Zudelsuppe". Un an plus tard, c’était avec des carottes du jardin. Nous étions satisfaits de ce que nous avions. Je souhaiterais que les jeunes d'aujourd'hui fassent pareil plus souvent.


Anniversaire

Vous allez avoir 90 ans. Pouvez-vous nous donner votre recette pour une longue vie ?
Le week-end, j’allais souvent dans la campagne. Loin de la ville, je me dégourdissais les jambes, profitais du magnifique paysage et respirais l'air frais. Ça faisait du bien de recharger les batteries de cette façon. Aujourd'hui, j'essaie de faire une promenade au moins une fois par jour. Il y a un autre aspect encore plus important : la pensée positive. Les informations sont dominées par des titres négatifs. C'est déprimant. Nous devons nous concentrer sur les choses agréables de la vie. Les gens comme moi qui ont connu la crise économique de 1929 et la Seconde Guerre Mondiale savent à quell point la vie peut être merveilleuse aujourd'hui. La pensée positive. Cela signifie faire ce que vous voulez vraiment et regarder vers l'avenir avec courage et enthousiasme. Pour moi, ce sont les clés pour une longue vie.

Comment allez-vous ces jours-ci ?
Je suis aussi bien qu’une personne de mon âge peut l’être. Bien sûr, j’ai parfois des douleurs, ici et là, mais dans l'ensemble, je suis toujours en bonne forme. Pour cela, je suis très reconnaissant.

Que se passe-t-il dans une journée typique de votre vie actuelle ?
Cela dépend. Quand je suis à la maison, les jours ne sont pas très excitants. Je lis, je passe des appels téléphoniques, je passe du temps dans mon jardin. Quand je suis en voyage, mon emploi du temps est déterminé par les événements auxquels je participe, si des interviews ou des diners sont prévus. À Glashütte, j'aime visiter les ateliers de nos horlogers. Peu importe où je suis, j'essaie toujours de faire une sieste après le déjeuner. C'est relaxant et ça me donne de l’énergie pour la deuxième moitié de la journée.

Qu’allez vous faire pour votre anniversaire ?
Je n'ai pas fait de plans définitifs. Nous ne sommes pas encore là. En tout cas, je serais avec ma famille et amis les plus proches pour mon anniversaire. En Août, nous ferons une petite fête avec les membres du personnel Lange.

Quel est le plus beau cadeau d'anniversaire que vous ayez jamais reçu ?
J'en ai reçu un assez grand nombre qui signifie beaucoup pour moi. Des clients, collectionneurs de longue date, m’ont offert des cadeaux merveilleux. Cela montre l'affection avec laquelle ils ont été faits et ce qui a inspiré leur choix. J'apprécie vraiment ces cadeaux. Ils sont posés sur le buffet dans mon bureau à Glashütte et m'enchantent chaque fois que je suis là.

Quelle est votre souhait personnel pour votre 90e anniversaire ? Quels rêves aimeriez-vous voir se réaliser ?
Une bonne santé est mon seul souhait. Sinon, je suis heureux à tous les égards.

 PUBLICITÉ
Toutes les nouveautés
Tous les événements
Toutes les brèves
 PUBLICITÉ

Vous aimez cette montre ?

beaucoup
passionnément
pas du tout

  PUBLICITÉ
L'ÉMOTION AUTOMOBILE AVEC
Ferrari 812 Superfast
Ferrari J50
  Pages les plus consultées
1 montres Rolex, 2 montres Hublot, 3 montres Audemars Piguet, 4 montres Patek Philippe, 5 montres Richard Mille, 6 montres Omega, 7 montres Jaeger-LeCoultre, 8 montres Cartier, 9 montres Breitling, 10 montres Tag Heuer, 11 montres Panerai, 12 montres Vacheron Constantin, 13 montres IWC, 14 montres Montblanc, 15 montres Breguet, 16 montres Zenith, 17 montres Baume & Mercier, 18 montres A. Lange & Söhne, 19 montres Bell & Ross, 20 montres Piaget, 21 montres Chopard, 22 montres Blancpain, 23 montres Chanel, 24 montres Girard-Perregaux, 25 montres Tudor, 26 montres Roger Dubuis, 27 montres Louis Vuitton, 28 montres Corum, 29 montres Ebel, 30 montres BRM, 31 montres Dior, 32 montres MB&F, 33 montres Bulgari, 34 montres Parmigiani, 35 montres L.Leroy, 36 montres Ulysse Nardin, 37 montres JeanRichard, 38 montres Ferdinand Berthoud, 39 montres Jaquet Droz, 40 montres Hermès, 41 montres Urwerk, 42 montres 29 Vendôme, 43 montres Porsche Design, 44 montres Ralf Tech, 45 montres Franck Muller, 46 montres H. Moser & Cie, 47 montres Bucherer, 48 montres Van Cleef & Arpels, 49 montres Vianney Halter, 50 montres Romain Jerome, 51 montres Christophe Claret, 52 montres Chaumet, 53 montres Ange Barde, 54 montres Anonimo, 55 montres Harry Winston, 56 montres Ressence, 57 montres Yema, 58 montres De Bethune, 59 montres Concord, 60 montres Rebellion,