Histoire du Petit Trianon
En 1749 Louis XV décide de se constituer un petit domaine particulier à l'ouest du palais de Trianon (aujourd'hui Grand Trianon) où il aime séjourner régulièrement, en se dépaysant non loin du Château et sans mobiliser le lourd appareil de la Cour.
Encouragé par Madame de Pompadour, le Roi décide d'aménager d'abord des jardins, enrichis peu à peu de petits bâtiments. Les jardiniers Claude et Antoine Richard créent un jardin potager, un jardin fleuriste, une figuerie et des serres chaudes pour les fleurs et fruits exotiques. A partir de 1759 Bernard de Jussieu vient poursuivre ses travaux sur la classification des plantes, ainsi que ses expérimentations botaniques.
En 1750 Ange-Jacques Gabriel, premier architecte du Roi, construit le Pavillon français. Espace servant au jeu et aux collations, il est situé dans le prolongement du nouveau jardin français. L'année suivante c'est une petite salle à manger entourée d'une architecture de treillages et d'arbustes qui voit le jour. C'est le Salon frais d'été (ou Pavillon frais).
Le charme de ce jardin amène Louis XV à envisager la construction d'un petit château pour pouvoir résider au cœur de son domaine.
Le Petit Trianon est édifié entre 1762 et 1768 ; c'est un véritable chef-d'œuvre de l'architecture et du décor néoclassique français.
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| Plan du Jardin Botanique de Louis XV, Lerouge, 1776. © Cabinet Lablaude |
Le décor intérieur et l'ameublement sont du dernier goût et plus raffinés que riches. La dorure est rare dans ce château voué à la nature, les fleurs sont répandues à profusions sur les lambris, les meubles, les bronzes, les tableaux. Le vert domine sur les boiseries et amène à l'intérieur l'atmosphère champêtre du dehors.
De grands artistes interviennent au Petit Trianon : Honoré Guibert pour la sculpture, Gilles Joubert pour les ébénisteries, Forestier pour la serrurerie…

En 1772, après l'achèvement du château, Louis XV décide la construction d'une chapelle. D'une extrême simplicité elle ouvre sur le Jardin Français. Elle comporte une tribune royale, ceinturée d'une balustrade, faisant face à l'autel, accessible par le perron extérieur de la Chapelle, donnant surle Jardin Français. Aussi sobre que l'extérieur, l'intérieur est revêtu d'un lambris gris. Le maître-autel supporte unfronton cintré orné d'une gloire rayonnante sculptée par Prévôt. Un tableau, ornant le retable, de Joseph-Marie Vien et exécuté en 1774, représente Saint-Louis et Marguerite de Provence rendant visite à Saint-Thibault. Ce dernier remet au couple royal une branche de fleur de lys dont les onze fleurs symbolisent leur future descendance.

En même temps que la Chapelle, à laquelle elle s'adosse, est construite la Maison du Suisse, lieu de vie des gardes du lieu. C'est une petite construction de caractère. Longtemps inutilisée, elle abrite aujourd'hui toutes les fonctions d'accueil et de surveillance du public auPetit Trianon.
A l'origine, cadeau destiné à la marquise de Pompadour qui meurt avant l'achèvement des travaux en 1764, c'est finalement Madame Du Barry qui hérite du pavillon jusqu'à la mort de Louis XV.
Désirant avoir un domaine qui lui soit propre, Marie-Antoinette se fait offrir le Petit Trianon pa rLouis XVI, dès son accession au trône. Elle procède alors à certains aménagements intérieurs, mais son action se porte essentiellement sur les extérieurs.
A l'exception de quelques changements de tableaux, dans les premiers temps, Marie-Antoinette vit dans le mobilier de 1768. Sa première action majeure est la création en 1776 du boudoir, ou cabinet des « glaces mouvantes », la pièce attenante à sa chambre. Puis le cabinet d'angle de Louis XV à l'entresol est transformé en bibliothèque. Petit à petit un nouveau mobilier et de nouveaux décors sont commandés pour toute la demeure: lambris, lits, fauteuils, commodes… le Petit Trianon est façonné selon les désirs de la Reine, sous la direction de Richard Mique, nouveau premier architecte du Roi.

Marie-Antoinette choisit de grands artisans : le menuisier Jacob, les ébénistes Riesner puis Schwerdfeger, le sculpteur Rousseau, le bronzier Thomire…
Le concierge et garde-meuble de Trianon, Bonnefoy-Duplan est chargé de veiller sur les lieux et sur les mouvements de mobiliers et d'œuvres.
Le 5 octobre 1789 Marie-Antoinette quitte le Petit Trianon pour toujours.
A partir de 1793 le château commence à être dépouillé de ses literies, de son argenterie, de ses miroirs et de ses marbres. Les fers, plombs et cuivres sont réquisitionnés pour les arsenaux etla Monnaie. De 1795 à 1805 le Petit Trianon est mis enlocation. Les jardins abritent unrestaurant etunbal populaire.

En 1805 Napoléon 1er décide de remettre en état le Petit Trianon pour yloger sa soeur, la princesse Pauline Borghèse. Il fait indemniser et expulser les locataires, le remeublement et les travaux peuvent alors commencer. Des tableaux sont replacés dans les espaces laissés vides, des papiers peints sont posés, les lambris sont restaurés, les boiseries repeintes suivant les goûts de l'Empereur, essentiellement en gris et blanc. C'est seulement en 1809 que le Petit Trianon est entièrement remeublé. Après son divorce, le petit château est la seule « maison de campagne» qui reste à l'Empereur, qui a laissé la Malmaison àJoséphine. Il y réalise de nouveaux travaux en 1810 et y séjourne régulièrement avec l'impératrice Marie-Louise, nièce de Marie-Antoinette.
De retour sur le trône de France, les Bourbons n'utilisent que très rarement le Petit Trianon pour quelques fêtes officielles. Aucune transformation n'est entreprise à l'intérieur et le mobilier reste en place, seuls quelques oeuvres, principalement des tableaux et sculptures, sont ajoutées.
L'avènement de Louis-Philippe provoque le retour de la famille royale auPetit Trianon, puisque le Roi offre le domaine à son fils aîné. Le duc et la duchesse d'Orléans s'y installent en 1836. Le mobilier Empire est conservé, le château est doté de tout le confort moderne.
Après la chute de Louis-Philippe le Petit Trianon reste à tout jamais inhabité. L'ameublement reste en place jusqu'en 1867, date à laquelle l'impératrice Eugénie ordonne la mise en réserve de cet ensemble, afin de remettre le château dans un état Louis XVI. Cette exposition consacrée à Marie-Antoinette traduit l'admiration vouée par l'impératrice à l'ancienne Reine de France. Cet événement se déroule dans le cadre de l'Exposition Universelle de Paris, parallèlement à une exposition du même type dédiée à l'impératrice Joséphine à la Malmaison. C'est l'une des premières tentatives de remeublement historique et la première tentative de réhabilitation du Petit Trianon, et de son illustre habitante.
Des inventaires et des états des lieux réguliers du mobilier et des décors du Petit Trianon ont lieu en 1796, 1799, 1807, 1810 et 1839, ils sont l'un des appuis principaux de la campagne de restauration et de réaménagement, menée par la conservation.






























