Une course mythique

Depuis 57 ans, amateurs et professionnels de la voile et du Yachting International ne manquent pas une édition de la prestigieuse Giraglia Rolex Cup. Cette course franco-italienne, devenue une classique en Méditerranée, réunit, à Saint-Tropez, propriétaires et équipiers des plus beaux et des plus rapides voiliers du monde. Les 200 monocoques de prestige, classiques ou modernes, y disputent une épreuve en deux temps : aux 3 journées de régates côtières dans la baie tropézienne qui s’achèvent traditionnellement par la remise des prix à la Citadelle, succède une course au large de 245 milles ralliant Saint-Tropez à San Remo, via le fameux rocher de la Giraglia. Une course pour gentlemen au caractère unique dans laquelle monstres de technologie et voiliers de construction plus ancienne naviguent à armes égales grâce à un classement établi en temps compensé. Une particularité qui fait le charme de cette course de légende.

La Giraglia Rolex Cup a été créée en 1953. Les gentlemen de la mer souhaitaient, à travers cette course, œuvrer pour le rapprochement de l’Italie et de la France, après la seconde guerre mondiale. Plus de 50 ans après, l’esprit de fraternité demeure. Cette incontournable course méditerranéenne est organisée par le Yacht Club Italiano et la Société Nautique de Saint-Tropez, sous l’égide de la Fédération Italienne de Voile, de la Fédération Française de Voile et en collaboration avec la Ville de Saint-Tropez et le Yacht Club de France. Depuis 1997, l’engagement de Rolex a donné une nouvelle impulsion à la manifestation et lui a permis de renouer avec la splendeur de ses premières années. L’implication fidèle et active de la marque horlogère confirme sa volonté d’accompagner les exploits sportifs les plus performants et d’être toujours à la pointe de la technologie.

Au fil du temps, la Giraglia Rolex Cup s’est affirmée comme le rendez-vous annuel des marins professionnels et propriétaires. La dernière édition a rassemblé 200 participants de 12 nationalités différentes. Amoureux de la mer et de la voile, ils ont inscrit leur nom dans l’histoire de cette course de légende : Gianni Agnelli, le Baron Bic, Franck Cammas, Gaston Deferre, Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Herbert Von Karajan, Lindsay Owen Jones, Bruno Troublé, Marc Pajot, Kito de Pavant, Thierry Peponnet, Carlo Puri Negri, Edmond de Rothschild, Giovanni Soldini, Marc Thiercelin…

Tous ces marins apprécient particulièrement la navigation en Méditerranée, une mer dont les systèmes météo sont toujours parmi les plus délicats à décrypter et anticiper. La difficulté d’appréciation des régimes de vent, particulièrement à cette période de l’année, demande aux équipages d’allier manœuvres et sens tactique, d’être constamment à l’écoute de leur embarcation.
San Remo nouveau port d’arrivée en 2010
Depuis 12 ans, les monocoques de la Giraglia Rolex Cup ralliaient Saint-Tropez à Gênes. Cette année, San Remo, destination originelle de la régate, redevient le port d’arrivée de cette course au large de légende. Le temps de référence de 24h 21min 47sec, établi en 1998 par Riviera di Rimini sur ce parcours, devrait tomber cette année…

Un parcours de rêve
Saint-Tropez / Rocher de la Giraglia/ San Remo
Saint-TropezTout à la fois très extraverti et très confidentiel, ce village de pêcheurs réussit à conjuguer vocation nautique et tradition de fêtes, faisant rêver le monde entier. Il est devenu, en Méditerranée, la terre promise des marins conquis par sa baie exceptionnelle et son port bien abrité du mistral. Plusieurs dizaines de manifestations nautiques s’y déroulent chaque année, contribuant à asseoir la réputation sportive de la ville.

Pour la Giraglia Rolex Cup, la cité du Bailli de Suffren se prépare à accueillir une flotte de près de 200 voiliers composée de magnifiques bateaux de course parmi les plus rapides du monde, mais également d’équipages amateurs et passionnés courant sur de plus petites unités.
Sur les eaux azurées de la baie de Saint-Tropez, le ballet des voiles offre un beau spectacle. Les petits voiliers se mesurent d’égal à égal à des monstres de course d’une technologie de pointe (mâts en carbone, quilles pendulaires…), véritables « pur-sang » des mers. Cette particularité associée au charme mythique de Saint-Tropez, fait de cet événement un rendez-vous d’exception très prisé des marins.
Le rocher de la GiragliaPour la course au large, la flotte rallie la France à l’Italie avec comme point de passage le rocher de la Giraglia, un immense récif dressé à la pointe nord du Cap Corse, péninsule située à l’extrême nord de l’Ile de Beauté.
San RemoVéritable bijou de la région de Ligurie, San Remo bénéficie d’une aura qui attire chaque année italiens et touristes désireux de découvrir cette station balnéaire historique aux senteurs et aux couleurs enivrantes.
Initialement créée en 1920, la Compagnia della vela est rebaptisée Yacht Club de San Remo en 1956, 3 ans après la création de la Giraglia Rolex Cup. À cette époque, San Remo était le port d’arrivée de la course dont le départ se faisait de Cannes. 9 ans plus tard, San Remo devenait le port de départ de la course et ce n’est quand 1998 que Gênes en est devenue la ville d’arrivée. La Giraglia Rolex Cup retourne donc à ses premiers amours et c’est certainement avec beaucoup d’émotion que le Commodore du Yacht Club de San Remo, Beppe Zaoli, accueillera les participants de la 58e édition de cette grande classique méditerranéenne.

Le format de la Course
Les épreuves- Prologue du 11 au 12 juin
Course de ralliement entre San Remo et Saint-Tropez. Un sprint de 57 milles qui permettra à certains concurrents de rallier le port tropézien tout en s’entraînant. Le départ sera donné le vendredi 11 juin à 23 heures.
- Régates côtières (coefficient 1) du 13 au 15 juin
Trois jours durant, la flotte sort du port de Saint-Tropez pour disputer dans la baie, un ou deux parcours au vent et sous le vent ou parcours côtiers d'une longueur maximale de 35 milles, le long du littoral varois.
- Course au large (coefficient 1) du 16 au 19 juin
Point d’orgue de l’événement, la course au large s’élance de Saint-Tropez le mercredi 16 juin pour un parcours méditerranéen de 245 milles : baie de Saint-Tropez – La Fourmigue – Rocher de la Giraglia – San Remo.
Les concurrents peuvent s'inscrire soit pour la totalité de l'épreuve, soit pour les seules régates côtières ou encore pour la course au large uniquement.
La flotteLa Giraglia Rolex Cup est l’occasion de découvrir, dans la tradition des grandes régates classiques, une flotte unique réunissant à la fois des majestueux maxis de plus de 20 mètres et des bateaux plus petits de 30 pieds.
Cette année, la course devrait à nouveau offrir un plateau prestigieux : des maxis aux équipements « high tech » allant jusqu’à 35 mètres, des voiliers de la classe IMOCA avec entre autres l’un des grands noms de la course au large, Kito de Pavant sur Groupe Bel, et à leurs côtés, des 40 pieds, une classe monotype qui attire de plus en plus de marins pour des régates côtières, des transatlantiques et des tours du monde. En Class 40, Cécile Poujol, Thierry Bouchard, David Augeix ainsi que cinq autres équipages, ont déjà confirmé leur participation.
Grâce à un système de mesure unique (IRC ou ORC), basé sur une correction de temps, la Giraglia Rolex Cup permet à tous les différents types de bateaux de régater les uns contre les autres avec les mêmes chances de victoire.

Les différentes classes de bateaux
Les différentes classes de bateaux sont réparties en trois groupes
Groupe IMA (regroupement de l’ensemble de la classe maxi)- Maxi IRC – voiliers à partir de 23,90 mètres
- SwanMaxi Class IRC – classe regroupant les voiliers de la marque Swan
- Wally IRC – classe regroupant les voiliers de la marque Wally
- MiniMaxi IRC – voiliers entre 18 mètres et 23,90 mètres
Groupe A- IRC (Classes 0 – 1 – 2) – calcul de mesure qui permet à tous types de quillards de régater avec les mêmes chances. L’IRC est basé sur les informations fournies par les propriétaires. Jauge la plus répandue dans le monde.
Groupe B- IRC (Classes 3 – 4) – calcul de mesure qui permet à tous types de quillards de régater avec les mêmes chances. L’IRC est basé sur les informations fournies par les propriétaires. Jauge la plus répandue dans le monde.
- ORC / ORC Club (Classes 3 - 4) – tout comme la jauge IRC, l’ORC fait appel à un système de calcul.
- Bateaux Classiques – monocoques construits avant 1980 en possession d’un certificat de jauge IRC ou IOR.
- Class 40 – classe regroupant les monocoques de course de 40 pieds soit 12,18 mètres.
- Monotypes – il faut un minimum de 10 bateaux identiques pour ouvrir cette classe.
Des bateaux et des chiffres
- 22 concurrents au départ de la première édition en 1953.
- 200 participants de 12 nationalités différentes se sont retrouvés à Saint-Tropez pour l’édition 2009.
- 14 ans de partenariat Rolex. En 1997, première édition parrainée par l’horloger, 46 voiliers avaient pris le départ de la course.
- 18h 03min 15s, le dernier record de la course en temps réel établi par Alfa Romeo, en 2008 sur Saint-Tropez – Gênes.
- 13,4 noeuds est la vitesse moyenne d’Alfa Romeo sur l’ensemble du parcours en 2008.
- 24h 21min 47s, le dernier record de la course en temps réel établi par Riviera di Rimini en 1998 sur Saint-Tropez / San Remo.
- 2 400 places assises sont dressées pour la soirée de remise des prix des régates côtières à la Citadelle de Saint-Tropez, le mardi 15 juin.
- 5 300 fusées d’artifice sont tirées lors du somptueux spectacle pyrotechnique, point d’orgue de la soirée à la Citadelle de Saint-Tropez.
- Le plus vieux voilier concurrent de la course : Tomahawk, un Swan 44 datant de 1972, propriété du français Jean-Claude Barthelemy.
- Le plus grand voilier ayant participé à la Giraglia Rolex Cup : Alfa Romeo II, 30 mètres, participation en 2008.
- Le plus petit bateau : un First 31.7 de 10,56 mètres.

La climatologie de la course
La Méditerranée est probablement l’une des mers où les prévisions météorologiques sont les plus complexes à effectuer.
Le mois de juin est souvent une période de « tout ou rien » où mistral et zones de calme peuvent alterner et surprendre les concurrents.
Plusieurs systèmes météorologiques sont susceptibles d’entrer en jeu :
- Une dépression située sur le Golfe de Gênes pourrait engendrer un fort mistral de la vallée du Rhône à la Corse.
- Un régime d’est - le plus rare - contraindrait les participants à naviguer au près dans 40 noeuds de vent accompagnés de rafales et d’une mer formée.
- Un large anticyclone de faible gradient, positionné sur la France, n’offrirait que très peu de marge car les effets de brise ne se ressentent que dans une zone de 0 à 20 milles. En revanche, un anticyclone avec de fortes chaleurs sur la France serait propice à des vents pouvant souffler jusqu’à 30 noeuds et se propageant à 20 ou 30 milles des côtes.
- La situation de Marais barométrique - la pire des configurations - empêche le vent de souffler aussi bien le long des côtes que plus au large. Quelques orages peuvent cependant apporter du vent.
ConclusionIl semble difficile de prévoir une situation sur l’ensemble du parcours de la Giraglia Rolex Cup. L’arrivée sur San Remo sera une autre difficulté car bon nombre de participants aborderont la ville ligurienne pour la première fois. Le sens tactique sera déterminant pour faire face aux nombreux et différents scénarii.

Historique et palmarès
L’histoire des origines de la Giraglia Rolex Cup est désormais devenue une légende. Un soir de décembre 1952 Beppe Croce, président du Yacht Club Italiano, et René Levainville, président du Yacht Club de France étaient assis à une table de bistrot parisien quand ils donnèrent naissance à la régate, leur idée était de rétablir les rapports bilatéraux après les sombres années de la guerre. Un défi né presque comme un jeu entre la France et l’Italie.
Dates et records| 1953 | : | 1 juillet – 1ère Edition - 22 partants, 15 classés. Parcours : Cannes - Rocher de la Giraglia - San Remo |
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| 1962 | : | 12 juillet - Record de gros temps : 23 abandons parmi les 58 voiliers. Parcours : San Remo - Rocher de la Giraglia - Toulon |
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| 1976 | : | 14 juillet - Record de l’édition la plus lente. Le premier met 68 heures à boucler le parcours et le dernier, plus de 84 heures ! Parcours : Toulon - Rocher de la Giraglia - San Remo |
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| 1997 | : | 3 juillet - Rolex devient partenaire de la compétition. 46 voiliers au départ de la course. Parcours : Le Lavandou - Rocher de la Giraglia - San Remo. Palmarès en TC : Mascalzone Latino de Vincenzo Onorato (Ita) |
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| 1998 | : | 28 juin - Le record du parcours, vieux de 14 ans, est amélioré par Riviera di Rimini en 24h 21min 47s. Parcours : Saint-Tropez - Ile du Levant - Rocher de la Giraglia - San Remo. Palmarès en TC : Paul & Shark de Beppe Zaoli (Ita) et Xa-Elena de Santiago Vacca (Ita) |
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| 2002 | : | 20 juin - 50e anniversaire - Participation record de 162 voiliers pour le jubilé de la course ! Parcours : Saint-Tropez - Ile du Levant - Rocher de la Giraglia - Gênes. Palmarès en TC : La Forza del Destino d'Aldo Fozzati (Ita) |
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| 2003 | : | 26 juin - Alfa Romeo décroche le record de vitesse de l’épreuve en 22h 13min 48s. Parcours : Saint-Tropez - Ile du Levant - Rocher de la Giraglia - Gênes. Palmarès en TC : Alexia d’Alberto Roma (Arg) |
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| 2006 | : | 11 juin - Nouveau record de participation : 202 monocoques prennent le départ de la course. Parcours : Saint-Tropez - Ile du Levant - Rocher de la Giraglia - Portofino. Palmarès en TC : Ala Bianca de Camillo Capozzi (Ita) |
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| 2008 | : | 12 juin - 170 participants à la course. Alfa Romeo de Neville Crichton établit le nouveau temps de référence de la course en temps réel, en 18h 03min 15s. Parcours : Saint-Tropez - La Fourmigue - Rocher de la Giraglia - Gênes. Palmarès en TC : Tartaruga de Marco Paolucci (Ita) en ORC et Fissa de Ettore Yachting (Fra) en IRC |