Hybris Mechanica à Grande Sonnerie
Le premier élément de la Trilogie

La montre Jaeger-LeCoultre Hybris Mechanica à Grande Sonnerie
Les connaisseurs le savent bien : la réalisation d’une montre à sonnerie est considérée comme le pinacle de l’art horloger car la complexité de son mécanisme dépasse de loin celle de toute autre complication. La construction d’une montre à répétition ne requiert pas uniquement des décennies d’expérience dans les domaines les plus ardus de la Haute Horlogerie, mais également une connaissance approfondie de la théorie musicale et de la physique du son ainsi que l’aptitude à créer un instrument en miniature, capable de transformer la précise mesure mécanique du temps en un univers de pures harmonies.
Depuis sa création en 1833, Jaeger-LeCoultre, qui occupe un rang prépondérant parmi les manufactures horlogères les plus renommées au monde, a conçu et fabriqué plus de 200 calibres à répétition, dont l’éventail s’étend de mouvements ultraplats aux grandes complications les plus sophistiquées. Connue pour repousser constamment les limites de l’horlogerie, la Grande Maison recourt aux compétences exceptionnelles d’un millier de collaborateurs, qui exercent plus de quarante métiers et œuvrent toujours dans son site originel, agrandi à de nombreuses reprises, au cœur de la Vallée de Joux. En outre, Jaeger-LeCoultre a engagé d’intenses efforts et accompli une œuvre essentielle afin de préserver le patrimoine de la Haute Horlogerie et assurer sa transmission de générations en générations.
Aussi les connaisseurs du monde horloger ne seront-ils sans doute guère étonnés d’apprendre que la Manufacture du Sentier n’a pas hésité à entreprendre la conquête d’un nouveau Graal horloger en construisant un calibre entièrement inédit qui incorpore une Grande Sonnerie à carillon Westminster. En plus de répéter les heures, quarts et minutes à la demande – répétition minutes – , la Grande Sonnerie sonne automatiquement au passage les quarts et les heures écoulées. D’une extraordinaire complexité, cette montre de poignet est non seulement la seule à reproduire fidèlement la mélodie de Big Ben et à faire entendre la mélodie la plus longue jamais jouée par une montre à sonnerie. mais elle réunit dans un boîtier classique aux proportions harmonieuses un calendrier perpétuel et un tourbillon volant. L’ Hybris Mechanica à Grande Sonnerie incarne ainsi le dernier achèvement en date d’une Manufacture qui ne cesse d’atteindre de nouveaux sommets et éblouit le monde de l’horlogerie par de stupéfiantes innovations mécaniques qui conjuguent raffinement, performances et élégance.
Avec ses quelque 1300 composants, le Calibre Jaeger-LeCoultre 182, qui vient d’être tenu sur les fonts baptismaux avec une légitime fierté par les horlogers de la Manufacture, est le mouvement le plus complexe et le plus perfectionné jamais réalisé à ce jour pour une montre-bracelet. Les innovations présentées par ce mécanisme d’une hauteur de 10,42 mm et d’un diamètre de 37 mm, qui s’insère dans un boîtier en or gris d’un diamètre de 44 mm, font déjà l’objet de treize demandes de brevets, tant il est vrai que les ingénieurs de la Grande Maison ont en effet entièrement reconsidéré et optimisé les principes essentiels des mécanismes dotés d’une indication acoustique de l’heure, en recourant à un savoir-faire unique issu de 176 années d’expérience, à de remarquables compétences dans les technologies d’avant-garde et à un outil de production à la pointe de la précision.
Timbres, marteaux et cerveau
Disposé au centre de la couronne, un poussoir permet d’enclencher la fonction de répétition minutes à la demande. Son actionnement permet de contempler la mise en mouvement immédiate de cinq râteaux, visibles à 9 heures à travers une ouverture dans le cadran. Ceux-ci vont actionner à leur tour les marteaux, qui frapperont le nombre de coups pour indiquer l’heure à la minute près. Jaeger-LeCoultre a choisi de sonner les heures sur un timbre grave, les quarts avec la mélodie de Big-Ben utilisant les quatre timbres, et les minutes sur un timbre aigu. Cette montre est la première à intégrer un carillon Westminster et respecter l’ordre traditionnel de sonnerie de la répétition minutes : heures, quarts, minutes. Non content de cette réussite, les horlogers ont également développé un mécanisme additionnel permetant de supprimer le temps mort lorsqu’il n’y a pas de quarts à sonner. La montre sonne le nombre d’heures écoulées, et enchaîne directement sur les minutes.
Afin d’améliorer la fonction et la qualité de la sonnerie, les horlogers de Jaeger-LeCoultre ont inventé des marteaux inédits, qu’ils ont baptisé « Trébuchets ». Constatant la faible efficacité des marteaux traditionnels, ils en ont développé de nouveaux avec une tête articulée. Cette inédite géométrie permet d’utiliser environ 80 pour cent de l’énergie provenant des râteaux, alors que les marteaux traditionnels n’en transmettent que 10 à 30 pour cent aux timbres. Ce rendement exceptionnel permet à la fois de réduire les dimensions du barillet, et d’assurer une réserve de marche hors pair – 12 heures en mode Grande Sonnerie.
Par leur conception même, le mécanisme des montres à sonnerie subit de grands dommages si l’heure est réglée pendant que la sonnerie est activée ou si les aiguilles sont tournées dans le sens anti-horaire. Les spécialistes de la Grande Maison ont enfin apporté une solution à ce problème récurrent en reconcevant complètement le système de Grande Sonnerie. Le réglage de l’heure et des minutes s’effectue non pas par la couronne, mais par des poussoirs. Un poussoir pour l’heure, et deux pour les minutes, réglables en avant et en arrière. Un mécanisme d’embrayage a été intégré dans le rouage, déconnectant automatiquement les poussoirs de mise à l’heure aussitôt que l’on quitte le mode silence, ou dès l’activation de la répétition minutes. Ainsi, aucune manipulation malheureuse n’est possible, et les minutes peuvent être rédigées en arrière, évitant ainsi un recalage du quantième perpétuel lors de petits ajustements horaires. Dans le même souci du détail et de la perfection, les horlogers ont conçu le mécanisme de telle manière qu’il est impossible de décaler l’heure affichée et le nombre de coups sonnés, problème jamais solutionné par les Grande Sonnerie traditionnelles. Ainsi, le « cerveau » de la sonnerie pilote pour la première fois également l’affichage de l’heure.
La mélodie naît du son et du rythme
Le cerveau du mécanisme de sonnerie est constitué d’une tour complexe à trois étages d’une hauteur de 5,15 millimètres. Une surprise attend à nouveau les connaisseurs de Grande Sonnerie. Le limaçon des heures, les cames des quarts et le limaçon des minutes sont regroupés sur un seul et même axe. A l’évidence, cette construction logique et rationnelle permet de réduire le volume du mécanisme de sonnerie. De plus, cette nouvelle disposition permet pour la première fois d’éliminer les célèbres « surprises », mécanismes destinées à empêcher les montres à sonnerie de frapper accidentellement 14 minutes ou trois quarts à l’heure pleine.
La régularité du rythme et le silence du mécanisme sont une marque de qualité réservée aux meilleures montres à répétition et à Grande Sonnerie. Pour y parvenir, l’Hybris Mechanica à Grande Sonnerie recourt à un régulateur centrifuge disposé sur un volant afin de contrôler l’énergie délivrée par le barillet de la sonnerie. Contrairement aux dispositifs conventionnels, il opère de manière entièrement silencieuse en écartant ses masselottes en platine vers l’extérieur afin de réguler le flux d’énergie, selon les lois de la force centrifuge.
En règle générale, le boîtier de la montre sert de caisse de résonance pour amplifier la vibration des timbres de la répétition. Dans ce domaine, les ingénieurs de la Manufacture se sont également écartés de la tradition et ont inventé un timbre cristal breveté . Les timbres sont directement soudés sur la glace de la montre, ce qui permet d’émettre le son hors du boitier avec une puissance et une diffusion encore jamais atteinte à ce jour. Afin d’enrichir le son cristallin, les horlogers ont mis au point un procédé pour supprimer la manchette de la glace – tout en conservant un boitier étanche ! – et donc faire participer la lunette et la carrure à l’émission du son. Leur choix s’est ensuite orienté vers l’or gris, qui présente le facteur de performance acoustique le meilleur selon une analyse multicritères (puissance, durée, clarté, richesse, accord).
La qualité sonore d’une montre dépend également dans une large mesure des timbres, les éléments essentiels qui produisent le son, de manière assez semblable aux cordes frappées par les marteaux d’un piano. Après plusieurs années de recherches destinées à créer un son aussi fort que possible, Jaeger-LeCoultre a mis au point une forme de timbre entièrement inédite, employée pour la première fois sur la Master Minute Repeater de 2007. Confectionnés dans un alliage spécial en une seule pièce qui s’étend du support – le talon – au timbre proprement dit, ils présentent une section carrée, en opposition à la section ronde traditionnelle, offrant une surface de contact plus importante avec le marteau. En outre, la tonalité de la mélodie peut être personnalisée en fonction des souhaits du futur possesseur de l’Hybris Mechanica à Grande Sonnerie.
Enfin, comme chacun sait que le diable se cache dans les détails, les horlogers de Jaeger-LeCoultre ont mis au point des vis spéciales destinées à accroître encore la tenue de l’ensemble et à réduire le risque de desserrement à long terme – particulièrement important compte tenu des vibrations acoustiques. Leurs vis en titane à tête hexagonale offrent un couple de serrage cinq fois plus élevé que leurs homologues conventionnels et sont donc garantes d’une remarquable fiabilité.
Le tourbillon et le calendrier perpétuel
Même si la Grande Sonnerie représente déjà une extraordinaire prouesse en soi, les horlogers de Jaeger-LeCoultre ont résolu d’ajouter deux autres complications à l’Hybris Mechanica à Grande Sonnerie afin de la hisser dans les sphères raréfiées des montres à grandes complications.
Un tourbillon disposé sur le fond du mouvement est la première de ces complications additionnelles. Sur la montre Hybris Mechanica à Grande Sonnerie, il prend la forme d’un tourbillon volant. Afin de ne pas occulter le spectacle horloger du tourbillon, les horlogers ont supprimé le pont supérieur de la cage, ne conservant que le pont inférieur, maintenant le tourbillon en place grâce à un roulement à billes – en céramique et donc sans lubrification. Composé de 67 pièces, le mécanisme du tourbillon mesure 12,42 millimètres de diamètre pour une hauteur de 3,85 millimètres. La cage, réduite à sa plus simple expression pour ne pas masquer l’organe réglant, est en titane et pivote sur un roulement à billes en céramique – donc sans lubrification. Pour assurer un réglage stable dans le temps, le balancier est doté de quatre vis de régulation, de dix masselottes et d’un spiral Breguet à courbe terminale. Sa fréquence d’oscillation est de 4 Hertz, soit 28 800 alternances par heure, son diamètre de 10 mm et son inertie de 11,5mg.cm2 assurent un niveau de réglage chronométrique très élevé.
Pour parachever leur chef-d’œuvre, les spécialistes de Jaeger-LeCoultre n’ont pas hésité à relever un troisième défi horloger, l’intégration au mouvement d’un calendrier perpétuel entièrement rétrograde, qui indique la date, le jour de la semaine et le mois dans des sous-cadrans et affiche le cycle des années bissextiles dans une petite ouverture. Le mécanisme est programmé pour ne requérir aucune correction manuelle jusque dans la lointaine année 2100. Des correcteurs situés à 12 heures sur le boîtier permettent le réglage des indications du calendrier après une période d’inutilisation.
Un tel nombre de caractéristiques exceptionnelles permet légitimement d’affirmer que ce garde-temps extraordinaire ne connaît aucun équivalent dans l’univers des montres-bracelets car il intègre les complications les plus sophistiquées sous des formes novatrices et inédites qui illustrent avec brio l’art horloger tel que l’entend la Grande Maison de la Vallée de Joux.
Un design classique pour un mécanisme révolutionnaire
L’Hybris Mechanica à Grande Sonnerie arbore le design classique et raffiné de la ligne Duomètre. D’une sobriété extrême en rapport aux complications de la montre, elle se contente d’afficher l’heure digitale sautant, les minutes, le mode de la sonnerie (Grande, Petite, Silence), les indications du calendrier en arrière plan et les 2 réserves de marche caractéristiques du Dual Wing. Le cadran décomposé en 2 parties possède une ouverture qui permet d’observer les râteaux de la Grande Sonnerie. Enfin, dans un séduisant retournement de situation, le fond transparent de la montre permet de suivre les évolutions du tourbillon et le ballet des marteaux à travers le verre saphir.
Les diverses fonctions de la montre sont commandées par la couronne et les poussoirs, mais dans ce domaine aussi, les horlogers de Jaeger-LeCoultre ont fait preuve d’ingéniosité : il suffit de tourner la couronne dans un sens pour remonter le barillet du train de rouages et engranger aisément une réserve de marche de 50 heures. Et il est tout aussi simple de tourner la couronne dans l’autre direction pour armer un second barillet qui emmagasine l’énergie requise pour assurer le bon fonctionnement du mécanisme de Grande Sonnerie pendant douze heures. Par leur géométrie, les deux barillets s’intègrent dans le concept Dual Wing, selon lequel un rouage est consacré à la mesure du temps et un autre à une fonction additionnelle, en l’occurrence l’indication musicale de l’heure.