Brève

Après son passage au pôle nord, le mercredi 7 avril à 18h00 heure suisse, Jean-Louis Etienne poursuit sa traversée en solitaire de l’océan Glacial arctique à bord d’une rozière, ballon mixte hélium et air chaud. Les vents actuels devraient lui permettre d’atteindre la Sibérie, près de la ville de Tiksi dans la matinée de samedi. La tempête soufflant sur le pôle a considérablement endommagé les panneaux solaires disposés autour de sa nacelle. La réserve en énergie s’épuise. Récit de voyage.

Jean-Louis Etienne, cap sur la Sibérie

Arrivée samedi matin, vers 8h00, à Tiksi en Sibérie

La Cote des Montres™ le 10 avril 2010



Le Locle, Suisse : Jean-Louis Etienne a atteint mercredi soir vers 18h00, heure suisse, le premier objectif de son aventure aérienne, à savoir survoler le pôle Nord en ballon. « Je me suis fait vraiment secoué par la tempête de neige à l’approche du pôle. Pendant quatorze heures, j’ai piloté à basse altitude en essayant de rester à 150 mètres du sol. C’était fatigant, et même épouvantable à la fin. Car dans ce vent violent, il y avait des ascendants et des “dégueulantes“, si bien que le ballon montait très haut et redescendait aussi brutalement. Et en redescendant, les panneaux solaires volaient. Il y a vraiment du gros temps sur le pôle Nord en ce moment. »


Problème d’énergie à bord

Ce premier exploit réalisé, Jean-Louis Etienne espérait retrouver des conditions plus calmes et pouvoir se reposer un peu en prenant de l’altitude. Mais une mauvaise surprise l’attendait dans la nuit polaire. A cause de la tempête de neige à l’approche du Nord, ses panneaux solaires n’ont pu recharger ses batteries. Un manque d’énergie problématique qui a obligé Jean-Louis Etienne à remonter en altitude pour retrouver du soleil. « On lui a demandé de remonter à 3000 mètres d’altitude pour tenter de recharger les batteries, explique Christophe Houver, coordinateur du vol. Pour l’instant, ces mesures n’ont pas eu d’effet. »


Les vents ont choisi la sibérie
Cap vers tiksi et non plus vers l’alaska comme le prévoyait les navigateurs

Toujours poussé par des vents forts, Jean-Louis Etienne se dirige donc vers la Sibérie, et plus précisément vers le port de Tiksi, au bord de l’océan Arctique. Il va parcourir à peu près 3000 km à travers l’océan Arctique. Son équipe de récupération doit changer ses plans de vols, obtenir des visas pour la Russie, et partir dans les meilleurs délais pour Moscou afin d’organiser la récupération du médecin-explorateur lors de son atterrissage prévu samedi, aux alentours de 8h00, heure suisse.


L’expédition scientifique
Mesurer le CO2 atmosphérique et le champ magnétique terrestre

L’explorateur Jean-Louis Etienne a pris le départ, lundi 5 avril 2010, à 6h09 de la base de Spitzberg, en Norvège afin d’effectuer la première traversée du pôle Nord en ballon et en solitaire. Aujourd’hui, les chercheurs manquent de mesures objectives autour du pôle Nord, un des points les plus sensibles de la planète. Les mesures de CO2 permettront donc d’identifier de manière rigoureuse quels sont les apports en gaz carbonique que subit l’atmosphère aux alentours du pôle Nord. L’accumulation de gaz carbonique a un effet majeur sur le réchauffement climatique. Bien évidemment, la structure même de la banquise ne permet pas d’établir de base permanente au dessus du pôle Nord. Le mode de transport écologique, ainsi que la période de vol prévue devraient permettre de recueillir des données fiables sur les quantités de CO2 d’origine exogène sur l’Arctique. En effet, au printemps, la végétation environnant les latitudes polaires n’a pas encore repris. On peut donc considérer que le gaz carbonique issu de la photosynthèse sur place est quasiment inexistant.


La rozière, un ballon aérostat très économe

La rozière enferme une enveloppe d’hélium qui se dilate à l’aide d’un petit brûleur. L’avantage de ce type de ballon aérostat est qu’il est très économe en énergie. En théorie, la rozière peut monter jusqu’à 11’000 mètres d’altitude. La seule limite viendra ici de l’absence de pressurisation : néanmoins, Jean-Louis Étienne a prévu une alimentation supplémentaire en oxygène pour des incursions de durée limitée dans la haute atmosphère.

Interview de Jean-Frédéric Dufour

CEO de la Manufacture Zenith

Jean-Frédéric Dufour,
CEO de la Manufacture Zenith
RS - Cela fait moins d’une année que vous êtes à la tête de Zenith et vous coiffez déjà toutes les autres marques suisses pour cette expédition scientifique vers le pôle Nord ?
Jean-Frédéric Dufour - Cette opération me semble tout à fait légitime ! Il y a 84 ans, Zenith a été la première montre à atteindre le pôle Sud, puis le pôle Nord aux côtés de l’explorateur norvégien Roald Amundsen. Quand j’ai eu connaissance de l’expédition organisée par le médecin et explorateur des pôles Jean-Louis Etienne, je me suis dit : « Cette expédition est faite pour nous. Nous devons y retourner. La Terre est vaste pour les autres marques, mais les pôles, eux, sont la propriété de Zenith ». Après avoir pris mes fonctions de CEO, en juin dernier, je me suis tout de suite concentré sur le patrimoine et l’histoire de la manufacture. C’est en fouillant la bibliothèque que je suis tombé sur le livre d’or empli de lettres de clients reconnaissants. Parmi tous les témoignages, celui de Roald Amundsen louait la précision, la fiabilité et la beauté des montres Zenith. Pour rappel, Amundsen a été le premier homme à atteindre les deux extrémités de la Terre et celui qui avec certitude a rallié le pôle Nord, ceci à bord d’un ballon dirigeable le Norge. J’avais trouvé mon concept pour les collections à lancer à la foire de Bâle 2010 : Précision - Beauté – Exclusivité.

RS - Et comment avez-vous eu connaissance de cette expédition polaire ?
Jean-Frédéric Dufour - C’est au hasard d’une lecture que j’ai repéré un article relatant les préparatifs de Jean-Louis Etienne. Ce fut le déclic, le coup de foudre instantané. Les valeurs de cet homme d’exception, son aura dans le monde scientifique, la richesse de son parcours comme explorateur, comme médecin ou comme scientifique. Tous ces éléments reliaient Jean-Louis Etienne à notre marque.

RS - Faut-il encore le convaincre que vous êtes le bon partenaire ?
Jean-Frédéric Dufour - Eh oui, il me restait à entrer en contact et à convaincre Jean-louis Etienne d’associer son nom à la Manufacture Zenith. Je ne le savais pas encore, mais beaucoup d’horlogers suisses avaient essayé avant moi, inutile de vous dire sans succès. Comme dans toutes les belles histoires qui commencent si il y a des valeurs communes, de la passion et beaucoup d’honnêteté, les choses se font tout simplement. Et c’est ce qui est arrivé : notre partenariat a été mis sous toit en 24 heures.

RS - C’est le début d’une grande Aventure pour Zenith ?
Jean-Frédéric Dufour - Oui bien sûr. Une aventure humaine avec cet homme seul à bord de son ballon dans l’un des endroits les plus inhospitaliers de la planète. Il devait rallier l’Alaska, les vents le pousse maintenant vers la Sibérie, il n’a plus d’électricité suite aux dégâts causés à ses panneaux solaires par les vents violents et les sauts de la rozière. Une aventure scientifique ensuite avec la mesure du champ magnétique terrestre, notre bouclier contre les tempêtes solaires et les éjections de masses coronales. Et ensuite la mesure du dioxyde de carbone, responsable du réchauffement de la planète et de la fonte accélérée de la banquise. Vous pourrez découvrir tous ces sujets sur notre site et un volet plus scientifique. Merci Jean-Louis Etienne de nous aider à mieux comprendre le fonctionnement de notre planète, merci aussi de nous faire rêver.

RS - Parlons maintenant horlogerie, qu’avez-vous inauguré depuis votre arrivée à la tête de la Manufacture Zenith ?
Jean-Frédéric Dufour - Personne ne doit maintenant l’ignorer, nous avons présenté à Bâle le chronographe Zenith El Primero Striking 10th qui incarne le grand retour de la manufacture Zenith aux valeurs techniques qui ont forgé le succès de la marque. Inégalé à ce jour, le légendaire calibre El Primero est le seul à battre à 10 alternances par seconde, c’est le moteur mécanique le plus sophistiqué et celui qui, à ce jour, affiche la plus haute précision, les autres mouvements mécaniques battant, au mieux, à 8 alternances par seconde. Le modèle développé réalise l’exploit de rendre visible la haute cadence du calibre El Primero. L’aiguille de chronographe marque le 1/10e de seconde grâce à un système breveté, le dernier d’une série de 175 en 145 ans d’histoire continue.

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