Paris-Pékin 1907-2007
Cent ans de passion italienne
La Cote des Montres™ le 22 juillet 2007
Le Raid Pékin-Paris de 1907
![]() | |
| “Ce qui doit être prouvé aujourd'hui, c'est qu'à partir du moment où un homme possède une voiture, il peut faire ce qu'il veut et aller où il veut. Y a-t-il quelqu'un qui entreprendra d'aller, cet été, de Pékin à Paris en automobile ?” |
Le nombre d’inscrits se réduit à vingt-cinq, mais le 10 juin au matin, devant la corde de départ à Pékin, seuls cinq participants se présentèrent : deux De Dion-Bouton et un tricycle Contal représentant la France, une Spyker hollandaise et la Itala du Prince Scipione Borghese, avec à son bord le mécanicien Ettore Guizzardi et le journaliste Luigi Barzini.

En tant que voyageur assidu, Borghese avait placé au cours des semaines précédentes des dépôts de carburant et pièces de rechange à intervalles réguliers tout au long du parcours, transportés sur dos de chameaux et déposés là où cela s’avérait nécessaire. La plupart des 16 000 kilomètres de l’itinéraire du Raid se serait articulée au beau milieu de landes désolées et semi désertes, à des milliers de kilomètres de la civilisation. Et ce sans la moindre route à l’horizon.

Chaque jour était une conquête, un nouveau défi pour Borghese et son équipe. Les sentiers muletiers des montagnes derrière Pékin laissèrent la place au désert de Gobi, puis aux étendues onduleuses de la Mongolie où la Itala put s’élancer à la vitesse incroyable de 90 kilomètres heure, dépassant même les chevaux des nomades mongols. Ensuite, après une grande vague de chaleur et toujours à bord de leur Itala sans toit, ils rencontrèrent une boue insidieuse comme les sables mouvants, des fleuves à guéer et une pluie incessante pendant plusieurs jours comme signes de bienvenue en Sibérie. Afin de s’orienter durant le voyage à travers les terres inconnues, ils suivirent sur des milliers de kilomètres les poteaux du télégraphe, nouveaux symboles du progrès. De même, pour franchir le lac Baykal, ils voyagèrent sur les rails du Transsibérien, comme s’ils étaient un convoi.

La Itala continuait malgré tout à avaler des kilomètres, inépuisable même après sa chute depuis un pont, et ses passagers résistaient héroïquement eux aussi. Une fois arrivés en Russie, le pire étant désormais passé, Borghese se sentait tellement sûr de son automobile qu’il s’autorisa une déviation d’un millier de kilomètres afin d’assister à un grand bal organisé en son honneur à Saint-Pétersbourg.
Borghese avait vu juste. Le 10 août, il entrait triomphant à Paris, avec plus de vingt jours d’avance sur son unique concurrent qui termina la course.







































































































