Le rez-de-chaussée
Jusqu'à cette campagne de restauration, le rez-de-chaussée du Petit Trianon était dédié aux fonctions d'accueil et de service du public : billetterie, contrôle, vestiaires, toilettes, etc. Leur déménagement en 2007 vers la Maison du Suisse permet de reconquérir des espaces et de les rendre intégralement accessibles aux visiteurs.
Cette restitution donne à voir l'état du rez-de-chaussée à la fin de l'Ancien Régime, au moment du départ de Marie-Antoinette en 1789. Ace moment là, l'ensemble des pièces de ce niveau était consacré au service de la Reine.
La salle des gardes

Salle des gardes du Petit Trianon. © Château de Versailles, Christian Milet.
Elle accueille les visiteurs dans le Petit Trianon. C'est ici que se tenaient les gardes du corps, ce qui explique la simplicité du décor : une fausse coupe de pierre pour les murs, un parquet en grosses planches, des meubles de rangement. Deux tableaux du peintre autrichien Johann Georg Weikert représentent le spectacle donné à Schônbrunn en 1765, par Marie-Antoinette et ses frères et sœurs, enl'honneur du second mariage de leuraîné, Joseph II. Ils ont été commandés à l'origine pour être placés au l" étage, dans la grande salle à manger. De l'autre côté dela pièce est exposé la voiture à chèvre duDauphin, fils de Marie-Antoinette.
L'escalier d'honneur et le vestibule

Vestibule et escalier d'honneur du Petit Trianon. © Château de Versailles, Christian Milet.
Le rez-de-chaussée du château, donnant de plain-pied sur la Cour d'Honneur etle jardin anglais, est organisé autour du vestibule central et de son escalier d'honneur. Dans un décor simple, minéral, l'escalier permet d'accéder d'un côté aux pièces de réception du premier étage, et de l'autre, par un autre escalier à l'entresol et à l'attique. La rampe en bronze et fer forgé doré ainsi que les balcons constituent les seules décorations de cet espace. Des ferronneries magnifiques, aujourd'hui ornées du chiffre de Marie-Antoinette (« M» et «A» entrelacés), portaient auparavant celui de Louis XV.
La salle de billard

Salle de billard du Petit Trianon. © Château de Versailles, Christian Milet.
C'est dans cette pièce que se trouvait le billard de Louis XV, avant que Marie-Antoinette ne décide en 1784 de le transférer aupremier étage et de le remplacer par un billard à usage des officiers. On a replacé dans cette salle, le billard restitué en 2006, grâce au mécénat de compétences de l'entreprise Chevillotte, d'après des modèles anciens. Il était exposé jusque là dans les «Petits Appartements du Roi» au château de versailles. Le parquet à point de Hongrie a été restitué, selon les plans d'origine. Sur la cheminée est présenté le buste de Marie-Antoinette, réalisé par Louis-Simon Boizot en 1781. Cette représentation de la Reine avait été commandée par Vergennes, secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères.
La salle dite de l'argenterie
C'était ici qu'était conservée la vaisselle duPetit Trianon. Des armoires ont été restituées, conformément aux plans de l'époque, pour présenter quelques éléments de grande valeur. Deux ensembles renommés de la Manufacture de Sèvres sont exposés: le service « à attributs et groseilles », commandé par Louis XV en 1763, et celui « à perles et barbeaux », commandé par Marie-Antoinette en 1781. Des pièces datant du XIX
e siècles sont également visibles: il s'agit de l'orfèvrerie de la chapelle du Petit Trianon, ainsi que d'éléments enporcelaine de Sèvres, notamment duservice iconographique de Charles X, commandés pour le Grand Trianon.
Pièce du mécanisme des « glaces mouvantes »
Dans cette pièce l'on peut observer, juste en dessous du boudoir de la Reine, un système ingénieux et inédit. Des panneaux de boiseries et de miroirs actionnés par un mécanisme de poulies venaient occulter les deux fenêtres du petit salon privé de Marie-Antoinette, située à l'étage. Ces «glaces mouvantes» lui permettaient d'être totalement isolée et à l'abri des regards dans son refuge de Trianon. C'est Mercklein qui les a conçu, en 1776, spécialement pour le Petit Trianon. Aujourd'hui, des panneaux explicatifs permettent aux visiteurs de comprendre ce système quasi-théâtral. Dans cette pièce, restent également visibles des traces de l'escalier que Louis XV avait fait construire pour gagner son appartement à l'attique du château. Enfin deux vitrines présentent un ensemble d'outils de jardinage, ayant probablement appartenu à Marie-Antoinette dans son Hameau.
Le réchauffoir
Cette pièce était destinée à parfaire la préparation des repas, acheminés depuis les cuisines situées dans les communs, au-delà de la chapelle. Un potager a été restitué, toujours selon les plans du XVIII
e siècle, sur le modèle de celui d'origine situé auHameau de la Reine. Il s'agit d'un fourneau maçonné servant à réchauffer les plats. Des tables de cuisine etquelques éléments de cuivre sont également présentés au public.
La fruiterie
C'est ici qu'était prévu l'installation des célèbres «tables volantes» commandées à Loriot par Louis XV, système qui s'avéra trop cher pour être finalement réalisé. Le principe était d'éviter au maximum la présence des domestiques dans les étages supérieurs et de surprendre les convives. Deux tables dressées au rez-dechaussée, devaient arriver, comme par magie, au premier étage, élevées par un système de poulies et de contrepoids. Des panneaux expliquent la façon dont ce mécanisme aurait du fonctionner. Deux meubles de rangement etla cheminée ont été restitués, d'après les plans d'époque.
Dans l'espace mitoyen
sont installées des bornes multimédia, permettant aux visiteurs d'avoir plus d'informations su rle Petit Trianon, sur le chantier de restauration qui s'achève, ou encore surle mécénat de l'entreprise Breguet. D'autre part le public pourra suivre une visite virtuelle du premier étage, grâce à une modélisation en trois dimensions, réalisée en partenariat avec l'équipe 3D Monuments du CNRS de Marseille, selon un procédé technique innovant. Ceci permettra aux personnes à mobilité réduite, d'en avoir une vision aussi fidèle que possible. Une modélisation des autres niveaux est également prévue, ainsi que l'intégration de meubles et objets d'art qui ne sont pas dans les collections.
La galerie du Jeu de Bague

Le Jeu de Bague, Châtelet, 1786. © Cabinet Lablaude
Galerie privée de la Reine, reliant le demi-palier de l'escalier directement avec le jardin, ce grand couloir en pierre permettait à Marie-Antoinette de se rendre au jeu de bague chinois, à l'abri des aléas climatiques. Ici sont aujourd'hui présentées des livrées de domestiques de la période du duc d'orléans.
Le Jeu de Bague chinois, attraction phare du Jardin Anglais de la Reine, a été construit en 1776. Le principe était simple : les joueurs devaient enfiler sur de longues broches un maximum d'anneaux fixés à un arbre central tournant. C'est le décor chinois sculpté (des chimères, des dragons, un parasol) qui donne son nom à cette fabrique. Ce manège a été complété en 1782 parune galerie en demi-cercle permettant aux spectateurs de s'asseoir pour observer les protagonistes. Cette installation a aujourd'hui disparu.